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lespacearcenciel.com. lespacearcenciel.com changer de vie grâce à Internet:-) Le Futur est Ici: Argent Internet. La Cure du Foie et de la Vésicule Biliaire. 12 janvier, 2012 (22:39) | Plus. | By: lespacearcenciel. La Cure du Foie et de la Vésicule Biliaire 🙂 P armi le Nombre de bonnes résolutions de la nouvelle année, il y a en une qui me tenait tout particulièrement à coeur. En effet il y a un peu plus de six mois que j’en ai entendu parler. Mais par manque de temps on a souvent tendance à reporter à plus tard. A yant pratiqué le jeûne durant de longues années. Mes périodes dépassant les 43 jours, sans compter la période de réalimentation. (Sur la même durée) Depuis que je suis sur Internet, le stress, le fait de devoir se remettre en question chaque jour du fait de l’évolution permanente des nouvelles technologies. Si nous ne voulons pas rester à la traîne et toujours proposer une offre défiant toute concurrence. Bien obligé de rester au taquet en permanence! Sauf que sur le long terme, c’est sa santé qui en prend un coup. Heureusement, rassurez-vous je vais très bien. J’ai la chance d’être en parfaite santé. Par contre, moi qui était très maigre il y a de cela 05 ans, j’ai pris 25 kilos sans même m’en rendre compte. Et pour cause! Il était donc temps, que je me reprenne en main. Depuis début janvier, c’est méditation quotidienne. (Chose que j’avais tendance à trop souvent espacer!) Plus cure de jus de pomme depuis le 02 janvier afin de ramollir les calculs. (Un litre par jour, de préférence Biologique.) Avant hier soir j’ai débuté l’opération comme indiqué ci-dessous. Et le lendemain matin j’ai pu en constater les effets. Je n’ai qu’un mot à dire: IMPRESSIONNANT! Le Nettoyage du foie et de la vésicule biliaire: L e nettoyage du foie et de la vésicule biliaire est l’une des approches les plus importantes et les plus puissantes pour améliorer votre santé. Le nettoyage du foie exige six jours de préparation, suivis de 16-20 heures pour le nettoyage en soi. Pour éliminer les calculs biliaires, vous avez besoins des articles suivants: LA PRÉPARATION: BOIRE 1 litre de jus de pomme chaque jour pendant une période de 6 jours. ( ou plus si cela vous convient ) L’acide malique dans le jus de pomme ramolit les calculs biliaires et rend leur passage par les conduits biliaires plus facile. Le jus de pomme a un fort effet de nettoyage. Des personnes sensibles peuvent éprouver des gonflements et, éventuellement avoir des diarrhée pendant les premiers jours. Une bonne partie de la diarrhée est, en fait, composée de bile stagnante, relâchée par le foie et la vésicule biliaire (caractérisée par une couleur jaune brunâtre). La fermentation causée par le jus de pomme aide à élargir les conduits biliaires. Si cela devient un peu inconfortable, vous pouvez diluer le jus de pomme avec de l’eau. Buvez le jus de pomme lentement au cours de la journée, entre les repas (évitez de boire le jus pendant, juste avant et pendant les deux premières heures après un repas, et le soir ). L e jus de pomme est à prendre en plus de votre consommation habituelle d’eau. Note: bien qu’il serait préférable d’utiliser du jus de pomme organique ( Bio ), dans le but du nettoyage, une bonne marque de jus de pomme, du jus concentré ou du cidre font aussi bien l’affaire. Il serait peut être utile de vous rincer la bouche avec du bicarbonate de soude et/ou de vous brosser les dents à plusieurs reprises pendant la journée pour empêcher que l’acide ne causent des dommages à vos dents. [Au cas où vous auriez une intolérance ou une allergie au jus de pomme, voyez les autres options expliquées dans des difficultés avec le nettoyage, à la fin de ce chapitre.] RECOMMANDATIONS DIÉTÉTIQUES: P endant la semaine de préparation, évitez de consommer de la nourriture ou des boissons froides, car cela refroidit le foie et, de cette façon, réduit l’efficacité du nettoyage. Toutes les nourritures et les boissons doivent être chaudes ou tempérées. Pour aider le foie à se préparer, essayez d’éviter les aliments d’origine animale, les produits laitiers et aliments frits. A part cela, mangez des repas normaux, mais évitez les excès. L e meilleur moment pour effectuer le nettoyage. Il serait préférable de planifier la partie principale, et finale, du nettoyage du foie pendant un week-end, quand vous n’êtes pas sous pression et que vous avez assez de temps pour vous reposer. Bien que le nettoyage soit efficace à tout moment du mois, il serait préférable de le faire coïncider avec un jour entre la pleine lune et la nouvelle lune. Le jour de la nouvelle lune est le plus favorable pour se nettoyer et se guérir. (21) S i vous prenez des médicaments. Pendant le jour du nettoyage du foie, évitez de prendre des médicaments, des vitamines ou des suppléments qui ne sont pas absolument nécessaires. Il est important de ne pas donner au foie du travail supplémentaire qui pourrait interférer avec ses efforts de nettoyage. F aites en sorte de nettoyez votre colon avant et après le nettoyage du foie. Des selles régulières ne sont pas nécessairement un indice que les intestins sont dégagés. Nettoyer le côlon, soit quelques jours avant le nettoyage ou, idéalement, le sixième jour de préparation, aide à éviter ou minimiser un possible malaise ou une nausée qui pourrait se présenter pendant le nettoyage du foie. Cela empêche également un reflux du mélange l’huile ou de déchets des intestins. De l’élimination des calculs biliaires se fera plus rapidement. L’irrigation du colon (l’hydrothérapie) est la méthode la plus rapide et la plus facile pour préparer le colon à un nettoyage du foie. Un lavement est une méthode possible. ( Voir les détails dans Garder un côlon propre, au chapitre 05) CE QU’IL FAUT FAIRE LE SIXIÈME JOUR de préparation: L e sixième jour de jus de pomme: Si vous avez faim, mangez un petit déjeuner léger dans la matinée, tel que des flocons d’avoine préparés avec de l’eau. ÉVITEZ le sucre, édulcorants, épices et surtout le lait, le beurre, l’huile, le yogourt, le formage, le jambon, les œufs, les noix, les pâtisseries, les céréales froides etc. Des fruits ou des jus de fruits sont autorisés. A MIDI, mangez des légumes natures ou du riz blanc (de préférence du Basmati) parfumé avec un peu de sel non raffiné de mer ou de sel cristallin. E n clair ne pas manger des aliments contenants des protéines ou des graisses de beurre ou d’huile. Ou vous pourriez vous sentir malade pendant le nettoyage. Ne mangez et ne buvez plus rien (sauf de l’eau) après 14h, autrement vous ne pourrez pas déloger de calculs! Suivez très précisément l’horaire donné ci dessous pour tirer un avantage maximum du nettoyage du foie. LE NETTOYAGE DU FOIE: Le Soir: 18 heures: Ajoutez quatre cuillères à soupe de sulfate de magnésium à 720 ml d’eau dans un pot. Ceci donne quatre portions d’environ 180ml. Buvez maintenant votre PREMIÈRE PORTION (180ml). Vous pouvez prendre quelques petites gorgées d’eau après, pour neutraliser le gout amer dans la bouche ou ajouter un petit peu de jus de citron au mélange pour en améliorer le gout. Certaine personnes le boivent avec une paille en plastique pour éviter le contact avec les papilles gustatives sur la langue. Se boucher le nez est aussi un moyen qui fonctionne bien pour beaucoup de gens. Il peut aussi être utile de se brosser les dents ou de se rincer la bouche avec du bicarbonate de soude après avoir bu le mélange. Une des fonction principale du sulfate de magnésium est de diluer (d’élargir) les conduits biliaires, ce qui facilite le passage des calculs. De plus, il élimine les déchets qui pourraient entraver le relâchement des calculs. (Si vous êtes allergique au sulfate de magnésium, ou n’êtes pas capable de le boire, vous pouvez utiliser du citrate de magnésium avec le même dosage, mais il s’agit la d’un deuxième choix.) 20 heures: BUVEZ VOTRE DEUXIÈME PORTION (180ml) de sulfate de magnésium. 21 heures 30: Si vous n’êtes pas allez aux toilettes jusqu’a présent, et si vous n’avez pas fait de nettoyage du colon dans les dernières 24h, faites un lavement avec de l’eau, ceci déclenchera un relâchement des selles. (22) 21h45: Lavez les pamplemousses ou les citrons et oranges. Pressez les et enlevez la pulpe. Vous aurez besoin de 180 ml de jus. Versez le jus et 120ml d’huile d’olives dans un pot d’1/2 litre. Fermez et secouez le fermement environ 20 fois ou jusqu’à ce que la solution soit homogène. Idéalement, vous devez boire ce mélange à 22h00, mais si vous sentez que vous avez encore besoin d’aller aux toilettes de temps en temps, vous pouvez retarder cette étape pour un maximum de 10 minutes. 22h00: Mettez vous debout à côté de votre lit, ne vous asseyez pas, et buvez la préparation, si possible, d’une seule traite. Certaines personnes préfèrent la boire avec une paille en plastique ou en vous bouchant le nez semble cependant mieux fonctionner. Si nécessaire prenez un peu de miel entre des petites gorgées, ça aide à faire descendre le mélange. La plupart des gens, cependant n’ont pas de problèmes à le boire d’une traite. NE PRENEZ PAS PLUS DE 05 MINUTES POUR BOIRE LE MÉLANGE (les gens plus agés ou affaiblies peuvent prendre plus longtemps). COUCHEZ VOUS TOUT DE SUITE! Ceci est essentiel pour relâcher les calculs biliaires! Eteignez les lumières et couchez vous à plat sur le dos avec 1 ou 2 oreillers pour surélever votre tête. Votre tête doit être plus haute que l’abdomen. Si ceci est inconfortable, couchez vous sur votre côté droit avec les genoux repliés sur le ventre. R estez couché parfaitement immobile pendant au moins 20 minutes et essayez de ne pas parler. Portez votre attention sur votre foie. Certaines personnes trouvent avantageux de placer un cataplasme d’huile de ricin sur la région du foie. Il se peut que vous sentiez les calculs voyager le long des conduits biliaires, comme des billes. Vous ne ressentirez pas de spasmes, ni de douleurs parce que le sulfate de magnésium maintient les conduits biliaires largement ouvertes et détendues, ce que la bile qui est excrétée avec les calculs sert de lubrifiant (ceci est très différent d’une colique biliaire, ou il n’y a pas de magnésium ou de bile). Ensuite, dormez, si vous le pouvez. Si vous avez besoin d’aller aux toilettes pendant la nuit, faites-le. Vérifiez s’il y a déjà des petits calculs biliaires ( vert pomme ou couleur de bronze ) qui flottent dans les toilettes. Il se peut que vous vous sentiez légèrement mal pendant la nuit et/ou dans les petites heures du matin. Ceci est surtout dû à un relâchement fort et soudain de calculs biliaires et de toxines du foie et de la vésicule biliaire, qui cause un reflux du mélange d’huile dans l’estomac. La nausée passera au cours de la matinée. Le Matin Suivant: 6h – 6h30 du matin: Lorsque vous vous réveillez, mais pas avant 6 heures du matin, buvez votre troisième portion de sulfate de magnésium (si vous avez soif, buvez un verre d’eau chaude avant de prendre le sulfate de magnésium). Reposez vous lisez ou méditez. Si vous êtes encore fatigués vous pouvez vous recoucher, bien qu’il soit préférable de rester debout. La plupart des gens se sentent bien qu’il soit préférable de rester debout. La plupart des gens se sentent bien et préfèrent faire des exercices légers, par exemple du yoga. 8H – 8H30 du matin: vous buvez votre quatrième et dernière portion de sulfate de magnésium. 10h – 10h30 du matin: Vous pouvez boire du jus de fruit frais. Une demi-heure plus tard, vous pouvez manger un ou deux morceaux de fruits frais. Une heure plus tard, vous pouvez manger un repas normal mais léger. Jusqu’au soir ou au lendemain matin, vous devriez être à nouveau dans votre état normal, et vous sentirez les premiers signes d’amélioration. Continuez à manger des repas légers pendant les jours suivants. Rappelez vous que votre foie et votre vésicule biliaire ont subi une grande « opération chirurgicale «, toutefois sans effets secondaires nuisibles. Note: Si vous avez soif, buvez de l’eau, sauf juste après avoir bu le sulfate de magnésium et pendant les premières deux heures après avoir bu le mélange d’huile. ( Sources: L’étonnant nettoyage du Foie et de la Visicule Biliaire. Andreas Moritz Chapitre 04 ) > Cet Ouvrage est Disponible chez Tous les Libraires sur Simple Commande.

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ma dolce vita. Rien qu'une bonne sauce tomate. "Auriez-vous une bonne recette de sauce tomate? et une sauce tomate à utiliser pour la base d'une pizza?" Voilà ce que l'on m'a demandé par email à plusieurs reprises. J'en profite pour remercier les personnes qui m'écrivent: j'aime le courrier, même électronique, alors n'hésitez pas à m'écrire! Je continue donc dans cette rubrique (clic) et rattrape mon courrier culinaire en retard, en vous proposant cette recette d'une base indispensable. Ca n'a l'air de rien comme ça, mais une bonne sauce tomate maison, ça change tout! Une assiette de spaghetti, une sauce tomate au basilic frais, une très bonne huile d'olive, et c'est parfait! Cette sauce commence bien entendu par la préparation d'un coulis. Je vous propose d'en faire une sauce de base, simple, parfaite pour la pizza par exemple. Pour un plat de pâtes, elle peut être enrichie d'oignons, de viandes, d'olives etc. pour un "sugo" plus élaboré. Puisque c'est normalement la saison des tomates (hum, hum, dois-je à nouveau me plaindre (clic) de leur qualité en France?), profitons-en pour les cuisiner de mille façons, les mettre en conserve et nous régaler de leur jolie couleur tonique. Si vous avez une bonne recette de sauce tomate à partager, j'attends vos idées et liens dans les commentaires! PS: merci à Choupette d'avoir mis le lien vers sa recette de glace au lait d'amandes dans mon billet précédent. Vous trouverez sa recette ici (clic), c'est un délice! 2 kg de tomates mûres 2 oignons 1 gousse d'ail 1/2 cuillère à soupe d'huile pimentée (optionnelle) huile d'olive sel herbes de votre choix: basilic, marjolaine, origan etc. Premier acte, le coulis: Lavez les tomates. Coupez-les grossièrement. Epluchez les oignons et émincez-les. Mettez le tout dans une grande casserole. Salez. Cuisez à feu doux environ 30 minutes (cela dépend de la qualité et de la maturité de vos tomates, les miennes étaient un peu coriaces. ). Eteignez le feu et laissez refroidir. Mixez ce mélange et passez-le au chinois fin pour éliminer les petites peaux et les graines des tomates. Je le fais dans ce sens mais rien ne vous empêche d'éplucher et épépiner vos tomates avant de les cuire. A ce stade, vous avez un simple coulis, léger, une base pour faire votre sauce. Deuxième acte, la sauce: Faites chauffer un filet d'huile d'olive dans un faitout. Epluchez l'ail et écrasez-le légèrement. Faites-le revenir dans l'huile en prenant soin de ne pas le faire brûler. Retirez la gousse d'ail et mettez le coulis de tomate dans le faitout. Il faut à ce stade faire réduire le coulis à petit feu (une bonne sauce prend du temps!) avec des ingrédients qui le parfument. Par exemple ici: de l'huile pimentée (voir note en dessous), des herbes sèches ou fraîches de votre choix, que vous doserez selon votre goût et la destination de votre sauce. Pour la base d'une pizza, je mets par exemple une cuillère à soupe d'origan sec. Pour une sauce pour les pâte, je préfère le basilic frais. J'ajoute petit à petit, au cours de la cuisson, de l'huile d'olive et je mélange bien afin que la sauce n'attache pas au fond (ce qui arrive vite avec les préparations qui mijotent bien silencieusement, non?). Rectifiez l'assaisonnement en fin de cuisson. Photos et texte de Peggy Picot, Tous droits réservés ©

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L'homéopathie pour le foie - Les remèdes effectifs. Le foie est un organe capital pour l'organisme. En utilisant l'homéopathie pour le foie on peut soulager certains maux et compléter l'action de l'allopathie. L'homéopathie est une médecine douce découverte au 18 ème siècle. Elle agit en administrant à la personne un complexe actif qui, si elle était saine, lui déclencherait les symptômes de sa maladie avec des doses infiniment diluées. Elles est active sur plusieurs pathologies graves du foie en complément de médicaments traditionnels dits allopathiques et soulage à elle seule plusieurs maux quotidiens. L'utilisation de l'homéopathie pour le foie est très bénéfique et de plus n'oblige pas le foie à se débarrasser des substances chimiques qui se trouvent dans la composition des médicaments. Le foie à principalement trois actions dans l'organisme Il métabolise les sucres, les graisses, les protéïnes, il synthétise le cholestérol, les protéïnes, les sels biliares qui vont absorber les graisses. De plus, il a une action détoxiquante et assure avec les reins des fonctions d'élimination. Les traitements des déséquilibres passagers du foie Le CHELIDONIUM MAJUS 9ch est le traitement de référence dans l'homéopathie pour le foie. Il est efficace dans le cadre de toutes les maladies du foie caractérisées par une inflammation ou une paresse du foie telles que: les douleurs du foie qui irradient dans l'omoplate droit, les ictères (teint jaune), les digestions difficiles, les migraines lorsque le foie à un excès de bile ou les lithiases biliaires. Le chelidonium majus doit être pris en dehors des repas et durant le traitement ne pas consommer ni tabac, ni café, ni menthe. Pour les pathologies plus graves La prise simultanée de l'homéopathie pour le foie et d'un traitement médicamenteux amélioreront certains symptômes de ces pathologies: cancer du foie avec gros foie (CHOLESTERINUM), congestion du foie, rétention de la bile avec ictère (ELEMY), gros foie (CARDUS MARIANUS), drainage du foie en cas de surpoids et pour limiter les complications (ROSMARINUS et JUNIPERUS COMMUNS). Doses et fréquences Ces traitements de l'homéopathie pour le foie doivent être pris de la façon suivante: Prendre trois granules trois fois par jour d'un ou plusieurs de ces médicaments jusqu'à guérison ou soulagement des symptômes.

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Douleur foie. Le pancréas est un organe important, qui peut dans certaines occasions, présenter une inflammation réalisant alors une pancréatite aiguë. Il s'agit d'un processus inflammatoire caractérisé dans les formes bénignes par l'apparition d'un oedème de la glande pancréatique qui peut évoluer vers une nécrose pancréatique ou péripancréatique témoignant alors d’une pancréatite sévère. Nous allons répondre aux questions suivantes. - Où se situe le pancréas dans l'organisme?: Le pancréas est une glande de forme allongée mesurant environ 15 cm de long par 4 cm de large et 2 cm d'épaisseur. Il est situé derrière l'estomac et va du duodénum à la rate, traversant ainsi horizontalement la cavité abdominale. Anatomie du pancréas. - Quels sont les traitements d'une pancréatite aiguë?: La douleur doit être prise en compte très rapidement car c'est elle qui amène le patient à consulter. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont contre-indiqués en raison des complications rénales potentielles chez ces patients le plus souvent déshydratés... Traitements d'une pancréatite.

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Sujets de bac: le roman. Sujet ecrit roman es et ssujet d’ecrit pour l’epreuve anticipee de francais. series es-s. objet d’etude: le roman et ses personnages: visions de l’homme et du monde. textes: 2010. Objet d’étude: Le roman et ses personnages: visions de l’homme et du monde. Texte A: Honoré de Balzac, Illusions perdues, 1843. Texte B: Emile Zola, L’Œuvre, 1886. Texte C: Marguerite Duras, Un barrage contre le Pacifique, 1950. Texte D: Isabelle Jarry, Le Jardin Yamata, 1999. Texte A: Honoré de Balzac, Illusions perdues, « Un grand homme de province à Paris », 1843. [Lucien de Rubempré. un jeune poète, a quitté Angoulême, sa ville natale, pour tenter sa chance à Paris. Il y rencontre un journaliste, Etienne Lousteau, qui lui fait découvrir la vie nocturne parisienne. Dans cet extrait, ils sont au « Panorama Dramatique », une salle de spectacle de médiocre qualité.] Etienne et Lucien perdirent un certain temps à errer dans les corridors et à parlementer avec les ouvreuses 1. – Allons dans la salle, nous parlerons au directeur qui nous prendra dans sa loge. D’ailleurs je vous présenterai à l’héroïne de la soirée, à Florine. Sur un signe de Lousteau, le portier de l’Orchestre prit une petite clef et ouvrit une porte perdue dans un gros mur. Lucien suivit son ami, et passa soudain du corridor illuminé au trou noir qui, dans presque tous les théâtres, sert de communication entre la salle et les coulisses. Puis, en montant quelques marches humides, le poète de province aborda la coulisse, où l’attendait le spectacle le plus étrange. L’étroitesse des portants 2, la hauteur du théâtre, les échelles à quinquets 3, les décorations si horribles vues de près, les acteurs plâtrés 4, leurs costumes si bizarres et faits d’étoffes si grossières, les garçons à vestes huileuses, les cordes qui pendent, le régisseur qui se promène son chapeau sur la tête, les comparses 5 assises, les toiles de fond suspendues, les pompiers, cet ensemble de choses bouffonnes, tristes, sales, affreuses, éclatantes ressemblait si peu à ce que Lucien avait vu de sa place au théâtre que son étonnement fut sans bornes. On achevait un bon gros mélodrame 6 intitulé Bertram, pièce imitée d’une tragédie de Maturin qu’estimaient infiniment Nodier, lord Byron et Walter Scott 7, mais qui n’obtint aucun succès à Paris. – Ne quittez pas mon bras si vous ne voulez pas tomber dans une trappe, recevoir une forêt sur la tête, renverser un palais ou accrocher une chaumière, dit Etienne à Lucien. Florine est-elle dans sa loge, mon bijou? dit-il à une actrice qui se préparait à son entrée en scène en écoutant les acteurs. – Oui, mon amour. Je te remercie de ce que tu as dit de moi. Tu es d’autant plus gentil que Florine entrait ici. – Allons, ne manque pas ton effet, ma petite, lui dit Lousteau. Précipite-toi haut la patte! dis-moi bien: Arrête, malheureux! car il y a deux mille francs de recette. Lucien stupéfait vit l’actrice se composant en s’écriant: Arrête, malheureux! de manière à le glacer d’effroi. Ce n’était plus la même femme. – Voilà donc le théâtre, dit-il à Lousteau. – C’est comme la boutique de la Galerie de Bois 8 et comme un journal pour la littérature, une vraie cuisine 9, lui répondit son nouvel ami. 1. ouvreuses: femmes dont le rôle est de placer les spectateurs dans une salle de spectacle. 2. portants: montants qui soutiennent un élément du décor, un appareil d’éclairage au théâtre. 3. échelles à quinquets: échelles munies de lampes formant des rampes d’éclairage. 4. acteurs plâtrés: acteurs dont le visage est excessivement maquillé. 5. comparses: acteurs qui remplissent un rôle muet, personnages dont le rôle est insignifiant. 6. mélodrame: œuvre dramatique accompagnée de musique. 7. Maturin (1782-1824): romancier irlandais; Nodier (1780-1844): écrivain français; Lord Byron (1788-1824): artiste, écrivain, poète anglais; Walter Scott (1771-1832): poète et écrivain écossais. 8. la Galerie de Bois: est dépeinte ensuite par Balzac comme « un bazar ignoble »; « la boutique » est une librairie à côté d’autres commerces plus ou moins recommandables. 9. une vraie cuisine: un mélange de genres invraisemblable. Texte B: Emile Zola, L’Œuvre, 1886. [Claude Lantier est un peintre sans succès qui cherche à imposer une nouvelle forme d’art pictural. Il évolue dans le milieu des artistes parisiens, qui tous connaissent des fortunes diverses. Il rencontre Christine avec qui il s’installe à la campagne pour un bonheur de courte durée Elle lui donne un fils, Jacques, et le couple retrouve Paris.] Après le refus de son troisième tableau, l’été fut si miraculeux, cette année-là, que Claude sembla y puiser une nouvelle force. Pas un nuage, des journées limpides sur l’activité géante de Paris. Il s’était remis à courir la ville, avec la volonté de chercher un coup, comme il disait: quelque chose d’énorme, de décisif, il ne savait pas au juste. Et, jusqu’à septembre, il ne trouva rien, se passionnant pendant une semaine pour un sujet, puis déclarant que ce n’était pas encore ça. Il vivait dans un continuel frémissement, aux aguets, toujours à la minute de mettre la main sur cette réalisation de son rêve, qui fuyait toujours. Au fond, son intransigeance de réaliste cachait des superstitions de femme nerveuse, il croyait à des influences compliquées et secrètes: tout allait dépendre de l’horizon choisi, néfaste ou heureux. Une après-midi, par un des derniers beaux jours de la saison, Claude avait emmené Christine, laissant le petit Jacques à la garde de la concierge, une vieille brave femme, comme ils faisaient d’ordinaire, quand ils sortaient ensemble. C’était une envie soudaine de promenade, un besoin de revoir avec elle des coins chéris autrefois, derrière lequel se cachait le vague espoir qu’elle lui porterait chance. Et ils descendirent ainsi jusqu’au pont Louis-Philippe, restèrent un quart d’heure sur le quai aux Ormes, silencieux, debout contre le parapet 1, à regarder en face, de l’autre côté de la Seine, le vieil hôtel du Martoy, où ils s’étaient aimés. Puis, toujours sans une parole, ils refirent leur ancienne course, faite tant de fois; ils filèrent le long des quais, sous les platanes, voyant à chaque pas se lever le passé; et tout se déroulait, les ponts avec la découpure de leurs arches sur le satin de l’eau, la Cité 2 dans l’ombre que dominaient les tours jaunissantes de Notre-Dame, la courbe immense de la rive droite, noyée de soleil, terminée par la silhouette perdue du pavillon de Flore, et les larges avenues, les monuments des deux rives, et la vie de la rivière, les lavoirs, les bains, les péniches. Comme jadis, l’astre à son déclin les suivait, roulant sur les toits des maisons lointaines, s’écornant 3 derrière la coupole de l’Institut: un coucher éblouissant, tel qu’ils n’en avaient pas eu de plus beau, une lente descente au milieu de petits nuages, qui se changèrent en un treillis de pourpre 4, dont toutes les mailles lâchaient des flots d’or. Mais, de ce passé qui s’évoquait, rien ne venait qu’une mélancolie invincible, la sensation de l’éternelle fuite, l’impossibilité de remonter et de revivre. Ces antiques pierres demeuraient froides, ce continuel courant sous les ponts, cette eau qui avait coulé, leur semblait avoir emporté un peu d’eux-mêmes, le charme du premier désir, la joie de l’espoir. Maintenant qu’ils s’appartenaient, ils ne goûtaient plus ce simple bonheur de sentir la pression tiède de leurs bras, pendant qu’ils marchaient doucement, comme enveloppés dans la vie énorme de Paris. 1. parapet: balustrade, rambarde à hauteur de poitrine qui borde les ponts. 2. la Cité: île de la Cité, sur laquelle est implantée la cathédrale Notre-Dame. 3. s’écornant: ici, diminuant. 4. le treillis de pourpre: les nuages se présentent de façon enchevêtrée, comme un maillage qui se défait en jouant avec la lumière du couchant. Texte C: Marguerite Duras, Un barrage contre le Pacifique, 1950. [Dans Un barrage contre le Pacifique, roman inspiré de son enfance, Marguerite Duras raconte l’histoire d’une famille. Une mère, son fils (Joseph) et sa fille (Suzanne), colons en Indochine française, sont confrontés à la misère; en cause, les terres impropres à la culture qui leur ont été attribuées par l’administration française L’extrait qui suit ouvre la seconde partie de l’œuvre. Il s’agit de montrer la grande ville coloniale, ses rues, son quartier blanc, ses trafics, ses lieux de loisirs.] Les quartiers blancs de toutes les villes coloniales du monde étaient toujours, dans ces années-là, d’une impeccable propreté. Il n’y avait pas que les villes. Les blancs aussi étaient très propres. Dès qu’ils arrivaient, ils apprenaient à se baigner tous les jours, comme on fait des petits enfants, et à s’habiller de l’uniforme colonial, du costume blanc, couleur d’immunité 1 et d’innocence. Dès lors, le premier pas était fait. La distance augmentait d’autant, la différence première était multipliée, blanc sur blanc, entre eux et les autres, qui se nettoyaient avec la pluie du ciel et les eaux limoneuses 1 des fleuves et des rivières. Le blanc est en effet extrêmement salissant. Aussi les blancs se découvraient-ils du jour au lendemain plus blancs que jamais, baignés, neufs, siestant à l’ombre de leurs villas, grands fauves à la robe fragile. Dans le haut quartier n’habitaient que les blancs qui avaient fait fortune. Pour marquer la mesure surhumaine de la démarche blanche, les rues et les trottoirs du haut du quartier étaient immenses. Un espace orgiaque 3, inutile était offert aux pas négligents des puissants au repos. Et dans les avenues glissaient leurs autos caoutchoutées 4, suspendues, dans un demi-silence impressionnant. Tout cela était asphalté 5, large, bordé de trottoirs plantés d’arbres rares et séparés en deux par des gazons et des parterres de fleurs le long desquels stationnaient les files rutilantes des taxis torpédos 6. Arrosées plusieurs fois par jour, vertes, fleuries, ces rues étaient aussi bien entretenues que les allées d’un immense jardin zoologique où les espèces rares des blancs veillaient sur elles-mêmes. Le centre du haut quartier était leur vrai sanctuaire. C’était au centre seulement qu’à l’ombre des tamariniers 7 s’étalaient les immenses terrasses de leurs cafés. Là, le soir, ils se retrouvaient entre eux. Seuls les garçons de café étaient encore indigènes, mais déguisés en blancs, ils avaient été mis dans des smokings, de même qu’auprès d’eux les palmiers des terrasses étaient en pots. Jusque tard dans la nuit, installés dans des fauteuils en rotin derrière les palmiers et les garçons en pots et en smokings 8, on pouvait voir les blancs, suçant pernod 9, whisky-soda, ou martel-perrier 10, se faire, en harmonie avec le reste, un foie bien colonial. 1. immunité: privilège dont bénéficient les diplomates étrangers, leur famille, le personnel étranger des ambassades et certains membres d’organismes internationaux, les soustrayant à la législation du pays où ils résident. 2. limoneuses: boueuses. 3. orgiaque: l’adjectif est à prendre ici dans le sens de « excessif ». 4. caoutchoutées: garnies de caoutchouc. On fait ici référence aux pneus des voitures qui leur permettent de se déplacer silencieusement et confortablement. 5. asphalté: recouvert de bitume. 6. torpédos: automobiles anciennes décapotables. 7. tamariniers: grands arbres pouvant atteindre vingt mètres de hauteur, poussant dans les régions tropicales. 8. « les palmiers et les garçons en pots et en smokings »: la phrase précédente éclaire le sens. Les indigènes ont été « déguisés » et « mis dans des smokings » comme les palmiers avaient « été mis en pots ». 9. pernod: boisson alcoolisée à base d’anis. 10. martel-perrier: cocktail à base de cognac et d’eau minérale gazeuse. Texte D: Isabelle Jarry, Le Jardin Yamata, 1999. [Agathe, la narratrice, va au Japon pour tenter d’éclaircir le mystère de ses origines familiales. Dans les années 1930-1940, son grand-père a vécu à Kyoto et aurait participé à la création d’un jardin japonais, le jardin Yamata.] J’arrivai à la ville en milieu de matinée. La journée était si radieuse que l’air même paraissait s’être allégé, je respirai à fond et cela me faisait à chaque inspiration l’effet d’une légère ivresse. La dame de la billetterie refusa d’un geste mes pièces de cent yens et me fit signe d’entrer. Elle continuait de parler comme si je la comprenais, je ne saisis dans ses paroles que le nom de Miyazawa, j’entrai dans le jardin et le cherchai des yeux. La vive clarté du jour donnait à l’ensemble du jardin une beauté particulière, un relief que seules soulignent les lumières de demi-saison, quand quelque changement se prépare et que brusquement entrent en résonance les qualités concentrées de ces périodes de l’année où le climat bascule. Je parcourais une fois encore l’allée que j’avais suivie des dizaines de fois déjà, et la vision que j’avais de ce que je connaissais pourtant si bien se trouvait comme renouvelée, rehaussée par l’éclat flatteur du soleil printanier. Je clignais des yeux devant l’étang aux facettes brillantes, sous la surface glissaient les carpes aux couleurs mélangées, orange, jaune d’or, noir mat, blanc nacré, bleu ardoise, jaune pâle vermillon. Leurs corps fuselés se croisaient dans l’eau, parfois un dos rouge affleurait, frôlant un flanc d’un blanc rosé, les couleurs de pigmentation se brouillaient dans le miroitement de l’onde et l’on finissait par oublier les poissons, pour ne plus distinguer qu’un ballet de couleurs furtives, langues de pinceaux agités par quelque main invisible. Je fis le tour complet du jardin et ce n’est qu’en revenant vers la maison que je vis le jardinier, assis sur les tatamis 1 de la grande pièce, face au paysage qu’il contemplait, les yeux perdus vers les hauteurs des collines. Je m’approchai en silence, ôtai mes chaussures sur la pierre plate du seuil et m’assis sur le bord de la galerie. Alors seulement je remarquai que le vieil homme ne portait pas ses vêtements de travail. Je ne distinguais pas bien le bas du corps – il était agenouillé sur ses talons -, mais en haut il portait une veste de kimono d’un ocre foncé, dont le grain de tissu laissait apparaître une trame plus sombre. Sous l’encolure de sa veste, la bordure de son kimono de dessous dépassait, d’un bleu soutenu à fines rayures noires. Il me fit signe de le rejoindre sur le tatami et je vins m’asseoir à côté de lui. – En ce moment, dit-il, c’est à cette place qu’on a la plus belle vue du jardin. C’était sans doute celle qui offrait le rapport le plus harmonieux entre le jardin lui-même et l’arrière-plan. La forêt était alors constellée d’érables dont les jeunes feuilles venaient émailler le vert profond des camphriers 2 de leurs pousses vert tendre. Ce fond contrasté faisait ressortir l’agencement parfait du jardin. De cette place, on aurait pu croire que l’eau qui alimentait la cascade venait du sous-bois voisin, partie plus en amont encore d’une source de montagne. L’œil se perdait et à sa suite entraînait l’esprit qui se prenait à divaguer par-delà l’infinité. On ne pensait plus, on abandonnait tout raisonnement pour se laisser aller à la sensation pure. 1. tatamis: tapis de sol. 2. camphriers: arbustes d’Extrême Orient (lauriers du Japon). I- Après avoir lu tous les textes du corpus, vous répondrez â la question suivante (4 points): Les textes du corpus, à travers la description des lieux, mettent-ils en lumière la même vision du monde? Votre réponse n’excédera pas une vingtaine de lignes. II. Vous traiterez ensuite, au choix, l’un des sujets suivants (16 points): Vous commenterez le texte d’Honoré de Balzac, extrait des Illusions perdues (texte A). Balzac, dans son roman Le père Goriot, alors qu’il décrit le personnage de Madame Vauquer et la pension qu’elle dirige, écrit: « Toute sa personne explique la pension, comme la pension implique sa personne. » En vous appuyant sur les textes du corpus et sur vos lectures personnelles, vous direz comment la description contribue à la construction des personnages et de l’univers romanesque. « Toute sa personne explique la pension, comme la pension implique sa personne. » Vous rédigerez une page de roman dans laquelle les lieux laissent deviner la psychologie d’un personnage. 2010. Objet d’étude: Le roman et ses personnages: visions de l’homme et du monde. Texte A: François Mauriac, Le Baiser au lépreux (1922). Texte B: Marguerite Duras, Le Ravissement de Lol V. Stein (1964). Texte C: Olivier Adam, Falaises (2005). Texte A: François Mauriac, Le Baiser au lépreux (1922). [Il s’agit du début du roman. Le décor est celui d’un petit village des Landes écrasé par la chaleur estivale. Jean Péloueyre souffre de sa laideur, qui l’isole des autres et dont il est douloureusement complexé, jusqu’à l’obsession torturante.] Jean Péloueyre, étendu sur son lit, ouvrit les yeux. Les cigales autour de la maison crépitaient. Comme un liquide métal, la lumière coulait à travers les persiennes. Jean Péloueyre, la bouche amère, se leva. Il était si petit que la glace du trumeau 1 refléta sa pauvre mine, ses joues creuses, un nez long, au bout pointu, rouge et comme usé, pareil à ces sucres d’orge qu’amincissent, en les suçant, de patients petits garçons. Les cheveux ras s’avançaient en angle aigu sur son front déjà ridé: une grimace découvrit ses gencives, des dents mauvaises. Bien que jamais il ne se fût tant haï, il s’adressa à lui-même de pitoyables paroles: « Sors, promène-toi, pauvre Jean Péloueyre! » et il caressait de la main une mâchoire mal rasée. Mais comment sortir sans éveiller son père? Entre une heure et quatre heures, M. Jérôme Péloueyre exigeait un silence solennel: ce temps sacré de son repos l’aidait à ne pas mourir de nocturnes insomnies. Sa sieste engourdissait la maison: pas une porte ne devait se fermer ni s’ouvrir, pas une parole ni un éternuement troubler le prodigieux silence à quoi, après dix ans de supplications et de plaintes, il avait dressé Jean, les domestiques, les passants eux-mêmes accoutumés, sous ses fenêtres, à baisser la voix. Les carrioles évitaient, par un détour, de rouler devant sa porte. En dépit de cette complicité autour de son sommeil, à peine éveillé, M, Jérôme en accusait un choc d’assiettes, un aboi, une toux. Etait-il persuadé qu’un absolu silence lui eût assuré un repos sans fin relié à la mort comme à l’Océan un fleuve? Toujours mal réveillé et grelottant même durant la canicule, il s’asseyait avec un livre près du feu de la cuisine. Son crâne chauve reflétait la flamme. Cadette vaquait à ses sauces sans prêter au maître plus d’attention qu’aux jambons des solives 2. Lui, au contraire, observait la vieille paysanne, admirant que, née sous Louis-Philippe, des révolutions, des guerres, de tant d’histoire, elle n’eût rien connu, hors le cochon qu’elle nourrissait et dont la mort, à chaque Noël, humectait de chiches 3 larmes ses yeux chassieux 4. En dépit de la sieste paternelle, la fournaise extérieure attira Jean Péloueyre; d’abord elle l’assurait d’une solitude: au long de la mince ligne d’ombre des maisons, il glisserait sans qu’aucun rire fusât des seuils où les filles cousent. Sa fuite misérable suscitait la moquerie des femmes; mais elles dorment encore environ la deuxième heure après midi, suantes et geignantes à cause des mouches. Il ouvrit, sans qu’elle grinçât, la porte huilée, traversa le vestibule où les placards déversent leur odeur de confitures et de moisissure, la cuisine ses relents de graisse. Ses espadrilles, on eût dit qu’elles ajoutaient au silence. Il décrocha sous une tête de sanglier son calibre connu de toutes les pies 5 du canton: Jean Péloueyre était un ennemi juré des pies. 1. trumeau: miroir encadré et surmonté d’un panneau décoratif. 2. solives: poutres. 3. chiche: peu abondant. 4. chassieux: humide d’une matière gluante. 5. pie: oiseau voleur, à plumage noir et blanc. Texte B: Marguerite Duras, Le Ravissement de Lol V. Stein (1964). [Nous sommes ici à l’ouverture du roman.] Lol V. Stein est née ici, à S.Tahla, et elle y a vécu une grande partie de sa jeunesse. Son père était professeur à l’Université. Elle a un frère plus âgé qu’elle de neuf ans – je ne l’ai jamais vu – on dit qu’il vit à Paris. Ses parents sont morts. Je n’ai rien entendu dire sur l’enfance de Lol V.Stein qui m’ait frappé, même par Tatiana Karl, sa meilleure amie durant leurs années de collège. Elles dansaient toutes les deux, le jeudi, dans le préau vide. Elles ne voulaient pas sortir en rang avec les autres, elles préféraient rester au collège. Elles, on les laissait faire, dit Tatiana, elles étaient charmantes, elles savaient mieux que les autres demander cette faveur, on la leur accordait. On danse, Tatiana? Une radio dans un immeuble voisin jouait des danses démodées, une émission-souvenir, dont elles se contentaient. Les surveillantes envolées, seules dans le grand préau où ce jour-là, entre les danses, on entendait le bruit des rues, allez Tatiana, allez viens, on danse Tatiana, viens. C’est ce que je sais. Cela aussi: Lol a rencontré Michael Richardson à dix-neuf ans pendant des vacances scolaires, un matin, au tennis. Il avait vingt-cinq ans. Il était le fils unique de grands propriétaires terriens des environs de T. Beach. I! ne faisait rien. Les parents consentirent au mariage. Lol devait être fiancée depuis six mots,!e mariage devait avoir lieu à l’automne, Lol venait de quitter définitivement le collège, elle était en vacances à T. Beach lorsque le grand bal de la saison eut lieu au Casino municipal. Tatiana ne croit pas au rôle prépondérant de ce fameux bal de T. Beach dans!a maladie de Lol V. Stein. Tatiana Karl, elle, fait remonter plus avant, plus avant même leur amitié, les origines de cette maladie. Elles étaient là, en Lol V. Stein, couvées, mais retenues d’éclore par la grande affection qui l’avait toujours entourée dans sa famille et puis au collège ensuite. Au collège, dit-elle, et elle n’était pas la seule à le penser, il manquait déjà quelque chose à Lol pour être – elle dit: là. Elle donnait l’impression d’endurer dans un ennui tranquille une personne qu’elle se devait de paraître mais dont elle perdait la mémoire à la moindre occasion. Gloire de douceur mais aussi d’indifférence, découvrait-on très vite, jamais elle n’avait paru souffrir ou être peinée, jamais on ne lui avait vu une larme de jeune fille. Tatiana dit encore que Lol V. Stein était jolie, qu’au collège on se la disputait bien qu’elle fût dans les mains comme l’eau parce que le peu que vous reteniez d’elle valait la peine de l’effort. Lol était drôle, moqueuse, impénitente 1 et très fine bien qu’une part d’elle- même eût été toujours en allée loin de vous et de l’instant. Où? Dans le rêve adolescent? Non, répond Tatiana, non, on aurait dit dans rien encore, justement, rien. Etait-ce le cœur qui n’était pas là? Tatiana aurait tendance à croire que c’était peut-être en effet le cœur de Lol V, Stein qui n’était pas – elle dit: là – il allait venir sans doute, mais elle, elle ne l’avait pas connu. Oui, il semblait que c’était cette région du sentiment qui, chez Lol, n’était pas pareille. Lorsque le bruit avait couru des fiançailles de Lol V. Stein, Tatiana, elle, n’avait cru qu’à moitié à cette nouvelle: qui Lol aurait-elle bien pu découvrir, qui aurait retenu son attention entière? Quand elle connut Michael Richardson et qu’elle fut témoin de la folle passion que Lol lui portait, elle en fut ébranlée mais il lui resta néanmoins encore un doute: Lol ne faisait-elle pas une fin de son cœur inachevé? Je lui ai demandé si la crise de Lol, plus tard, ne lui avait pas apporté la preuve qu’elle se trompait. Elle m’a répété que non, qu’elle croyait que cette crise et Lol ne faisaient qu’un depuis toujours. Je ne crois plus rien de ce que dit Tatiana, je ne suis convaincu de rien. 1. impénitente: incorrigible. Texte C: Olivier Adam, Falaises (2005). [Dans ce roman autobiographique, Olivier Adam présente un personnage qui revient sur son passé traumatisant: la disparition d’êtres chers et en particulier la mort prématurée de sa mère qui s’est jetée du haut d’une falaise. Il s’agit du début du roman.] Ici la nuit est profonde et noire comme le monde. De l’autre côté des baies vitrées, séparée du dehors et des falaises, protégée du bruit de la mer et de la compagnie des oiseaux, Claire dort et qui sait où nous allons. Chloé est dans ses bras, paisible et légère contre sa poitrine. J’allume des bougies dans la nuit. Ma main plonge dans le plastique transparent, j’en sors de petits ronds d’aluminium remplis de cire blanche. Je craque une allumette. Il y a vingt ans que ma mère est morte. Vingt ans jour pour jour. Les falaises se découpent dans le tissu du ciel. Je contemple des fantômes, des corps chutant dans la lumière. Je me retourne et sur la vitre se reflètent mon visage usé, mes traits tirés prématurément vieillis. Claire ouvre un instant les yeux, Chloé fourre son pouce dans sa bouche, et se colle à son dos. J’allume une cigarette et le bout incandescent fait un rond, un point lumineux au milieu du noir et du blanc. Sur le balcon où je veille en surplomb de la plage, deux transats se font face. Je m’allonge sur l’un d’eux. Une couverture me protège du froid qui descend et s’amplifie. Mon regard se perd à l’ouest. J’ai trente et un ans et ma vie commence. Je n’ai pas d’enfance et, désormais, n’importe laquelle me conviendra. Ma mère est morte et tous les miens s’en sont allés. La vie m’a fait une table rase où Claire et moi nous nous asseyons, où Chloé s’est invitée, un sourire très doux au coin des lèvres. J’ai trente et un ans et ma vie commence ainsi, perdue dans la nuit maritime. Derrière moi, à peine plus concrètes que des ombres, moins denses qu’un peu de fumée, Claire et Chloé me regardent, la plus petite au creux de la plus grande, toutes deux figées dans le silence de!a chambre d’hôtel. Claire me sourit puis se rendort, et leurs respirations se confondent. Ici la nuit est profonde et noire de monde. Ma mère marche sur la lande, comme une fée somnambule. Antoine et Nicolas, Lorette et les autres dansent autour des flammes, les yeux clos et le visage tendu vers le ciel. Léa se tient tout au bord, sur la pointe des pieds comme sur un fil, à deux doigts du vide, funambule, équilibriste. I- Après avoir lu tous les textes du corpus, vous répondrez â la question suivante (4 points): Dans ces débuts de romans, comment le lecteur découvre-t-il le personnage principal? Vous justifierez votre réponse en étudiant certains procédés mis en œuvre par les auteurs. II. Vous traiterez ensuite, au choix, l’un des sujets suivants (16 points): Vous commenterez le texte d’Olivier Adam (texte C). Le roman peut-i! intéresser son lecteur à des personnages ordinaires et malheureux? Vous fonderez: votre réflexion sur les textes du corpus, sur les œuvres que vous avez étudiées et sur votre culture personnelle. A son réveil, Monsieur Jérôme, le père de Jean Péloueyre, se rend dans la chambre de son fils et découvre le journal que Jean tient depuis son enfance. Un passage retient son attention: Jean, être exclu par sa laideur, raconte et analyse un épisode douloureux de sa vie. Vous rédigerez cet extrait de journal et ferez part des réactions du père à cette lecture (minimum 70 lignes). N.B.: vous ne signerez pas votre lettre. 2011. Objet d’étude: Le roman et ses personnages: visions de l’homme et du monde. TEXTE A: Stendhal (1783-1842), La Charlreuse de Parme, livre l, chapitre 1 (1839). TEXTE B: Honoré de Balzac (1799-1850), Une Ténébreuse Affaire, troisième partie, chapitre XXI « Le bivouac de l’Ernpereur » (1843). TEXTE C: Victor Hugo (1802-1885), Les Misérables, deuxième partie, chapitre XIII « La catastrophe » (1862). TEXTE D: Patrick Rambaud (1946-), La Bataille (1997). Annexe: tableau de Jacques-Louis David (1748-1825), « Le Premier consul franchissant les Alpes au col du Grand Saint-Bernard » (1800). Texte A – Stendhal (1783-1842), La Chartreuse de Parme, livre l, chapitre 1 (1839). [L’extrait suivant se situe au début du roman. Celui-ci évoque l’entrée de Napoléon Bonaparte à Milan en mai 1796, mettant fin à la domination de l’Autriche sur l’Italie. Des officiers français sont logés chez de riches Milanais, et notamment chez le marquis deI Dongo, partisan des Autrichiens. Les Français ne seront chassés qu’en 1799.] Nous avouerons que, suivant l’exemple de beaucoup de graves auteurs, nous avons commencé l’histoire de notre héros une année avant sa naissance. Ce personnage essentiel n’est autre, en effet, que Fabrice Valserra, marchesino 1 Del Dongo, comme on dit à Milan. Il venait justement de se donner la peine de naître lorsque les Français furent chassés, et se trouvait, par le hasard de la naissance, le second fils de ce marquis Del Dongo si grand seigneur, et dont vous connaissez déjà le gros visage blême, le sourire faux et la haine sans bornes pour les idées nouvelles. Toute la fortune de la maison était substituée au fils aîné Ascagnio Del Dongo, le digne portrait de son père. Il avait huit ans, et Fabrice deux, lorsque, tout à coup, ce général Bonaparte, que tous les gens bien nés croyaient pendu depuis longtemps, descendit du mont Saint-Bernard. Il entra dans Milan: ce moment est encore unique dans l’histoire; figurez-vous tout un peuple amoureux fou. Peu de jours après, Napoléon gagna la bataille de Marengo. Le reste est inutile à dire. [ … ] Peu de jours après la victoire, le général français, chargé de maintenir la tranquillité dans la Lombardie, s’aperçut que tous les fermiers des nobles, que toutes les vieilles femmes de la campagne, bien loin de songer encore à cette étonnante victoire de Marengo qui avait changé les destinées de l’Italie et reconquis treize places fortes en un jour, n’avaient l’âme occupée que d’une prophétie de saint Giovita, le premier patron de Brescia. Suivant cette parole sacrée, les prospérités des Français et de Napoléon devaient cesser treize semaines juste après Marengo. Ce qui excuse un peu le marquis Del Dongo et tous les nobles boudeurs des campagnes, c’est que réellement et sans comédie, ils croyaient à la prophétie. Tous ces gens-là n’avaient pas lu quatre volumes en leur vie; ils faisaient ouvertement leurs préparatifs pour rentrer à Milan au bout des treize semaines; mais le temps, en s’écoulant, marquait de nouveaux succès pour la cause de la France. De retour à Paris, Napoléon, par de sages décrets, sauvait la révolution à l’intérieur comme il l’avait sauvée à Marengo contre les étrangers. Alors les nobles lombards, réfugiés dans leurs châteaux, découvrirent que d’abord ils avaient mal compris la prédiction du saint patron de Brescia: il ne s’agissait pas de treize semaines mais bien de treize mois. Les treize mois s’écoulèrent, et la prospérité de la France semblait s’augmenter tous les jours. 1. Marchesino: titre donné, en Italie, à tous les fils de marquis. Texte B – Honoré de Balzac (1799-1850), Une Ténébreuse Affaire, troisième partie, chapitre XXI « Le bivouac de l’Empereur » (1843). [Le roman s’inspire de faits historiques. Riche en péripéties, il débute avec l’évocation d’un complot de monarchistes contre Bonaparte, alors Premier consul (1799-1804), qui aboutit à un procès suivi de condamnations. Laurence de Saint­Cygne, une royaliste impliquée dans la conspiration, vient avec un de ses proches, le marquis de Chargeboeuf, demander la grâce de ses cousins sur le champ de bataille où se trouve Napoléon, devenu entre temps empereur (1804). On est à la veille de la bataille de Iéna (1806).] L’Empereur descendit. Au premier mouvement qu’il fit, Roustan son fameux rnameluck 1 s’empressa de venir tenir le cheval. Laurence était stupide d’étonnement: elle ne croyait pas à tant de simplicité. – Je passerai la nuit sur ce plateau, dit l’Empereur. En ce moment le grand-maréchal Duroc, que le gendarme avait enfin trouvé, vint au marquis de Chargeboeuf et lui demanda la raison de son arrivée; le marquis lui répondit qu’une lettre écrite paf son ministre des affaires extérieures lui dirait combien il était urgent qu’ils obtinssent, mademoiselle de Saint-Cygne et lui, une audience de l’Empereur. – Sa majesté va dîner sans doute à son bivouac, dit Duroc en prenant la lettre, et quand j’aurai vu ce dont il s’agit, je vous ferai savoir si cela se peut. – Brigadier, dit-il au gendarme, accompagnez cette voiture et menez-la près de la cabane en arrière. Monsieur de Chargeboeuf suivit le gendarme, et arrêta sa voiture derrière une misérable chaudière bâtie en bois et en terre, entourée de quelques arbres fruitiers, et gardée par des piquets d’infanterie et de cavalerie. On peut dire que la majesté de la guerre éclatait là dans toute sa splendeur. De ce sommet, les lignes des deux armées se voyaient éclairées par la lune. Après une heure d’attente, remplie par le mouvement perpétuel d’aides de camp partant et revenant, Duroc, qui vint chercher mademoiselle de Saint-Cygne et le marquis de Chargeboeuf, les fit entrer dans la chaumière, dont le plancher était en terre battue comme celui de nos aires de grange. Devant une table desservie et devant un feu de bois vert qui fumait, Napoléon était assis sur une chaise grossière. Ses bottes, pleines de boue, attestaient ses courses à travers champs. Il avait ôté sa fameuse redingote, et alors son célèbre uniforme vert, traversé par son grand cordon rouge, rehaussé par le dessous blanc de sa culotte de casimir 2 et de son gilet, faisait admirablement bien valoir sa pâle et terrible figure césarienne. Il avait la main sur une carte dépliée, placée sur ses genoux. Berthier se tenait debout dans son brillant costume de vice-connétable de l’Empire. Constant, le valet de chambre, présentait à l’Empereur son café sur un plateau. – Que voulez-vous? dit-il avec une feinte brusquerie en traversant par le rayon de son regard la tête de Laurence. Vous ne craignez donc plus de me parler avant la bataille? De quoi s’agit-il? – Sire, dit-elle en le regardant d’un œil non moins fixe, je suis mademoiselle de Saint-Cygne. – Eh bien? répondit-il d’une voix colère en se croyant bravé par ce regard. – Ne comprenez-vous donc pas? Je suis la comtesse de Saint-Cygne, et je vous demande grâce, dit-elle en tombant à genoux et en lui tendant le placet 3 rédigé par Talleyrand, apostlllé 4 par l’Impératrice, par Cambacérès et par Malin. L’Empereur releva gracieusement la suppliante en lui jetant un regard fin et lui dit: – Serez-vous sage enfin? Comprenez-vous ce que doit être l’Empire français? – Ah! je ne comprends en ce moment que l’Empereur, dit-elle vaincue par la bonhomie avec laquelle l’homme du destin avait dit ces paroles qui faisaient pressentir la grâce. – Sont-ils innocents? demanda l’Empereur. – Tous, dit-elle avec enthousiasme. 1. Mameluck: soldat d’origine orientale formant la garde personnelle de l’Empereur. 2. Le casimir est un tissu léger. 3. Placet: lettre sollicitant une grâce. 4. Apostillé: annoté. Texte C – Victor Hugo (1802-1885), Les Misérables, deuxième partie, chapitre XIII « La catastrophe » (1862). [Le narrateur évoque longuement, au début de la seconde parlie du roman, un événement historique: la bataille de Waterloo du 18 juin 1815. L’armée française emmenée par Napoléon fut vaincue par l’armée alliée commandée par Wellington – composée principalement de Britanniques et de Hollandais – et par l’armée prussienne dirigée par le général Blücher.] La victoire s’acheva par l’assassinat des vaincus. Punissons, puisque nous sommes l’histoire: le vieux Blücher se déshonora. Cette férocité mit le comble au désastre. La déroute désespérée traversa Genappe, traversa les Quatre-Bras, traversa Gosselies, traversa Fresnes, traversa Charleroi, traversa Thuin, et ne s’arrêta qu’à la frontière. Hélas! et qui donc fuyait de la sorte la grande armée? Ce vertige, cette terreur, cette chute en ruine de la plus haute bravoure qui ait jamais étonné l’histoire, est-ce que cela est sans cause? Non, l’ombre d’une droite 1 énorme se projette sur Waterloo. C’est la journée du destin. La force au dessus de [‘homme a donné ce jour-là. De là le pli épouvanté des têtes; de là toutes ces grandes âmes rendant leur épée. Ceux qui avaient vaincu l’Europe sont tombés terrassés, n’ayant plus rien à dire ni à faire, sentant dans l’ombre une présence terrible. Hoc erat in fatis 2, Ce jour-là, la perspective du genre humain a changé. Waterloo, c’est le gond du dix-neuvième siècle. La disparition du grand homme était nécessaire à l’avènement du grand siècle. Quelqu’un à qui on ne réplique pas s’en est chargé. La panique des héros s’explique. Dans la bataille de Waterloo, il y a plus que du nuage, il y a du météore. Dieu a passé. A la nuit tombante, dans un champ près de Genappe, Bernard et Bertrand saisirent par un pan de sa redingote et arrêtèrent un homme hagard, pensif, sinistre, qui, entraîné jusque là par le courant de la déroute, venait de mettre pied à terre, avait passé sous son bras la bride de son cheval, et, l’œil égaré, s’en retournait seul vers Waterloo. C’était Napoléon essayant encore d’aller en avant, immense somnambule de ce rêve éveillé. 1. Droite: main divine. 2.Hoc erat in fatis: locution latine signifiant « cela était formulé par les Dieux », « c’était fatal ». Texte D – Patrick Rambaud (1946-), La Bataille (1997). [Ce texte constitue t’ouverture du roman, lequel évoque la campagne d’Allemagne et d’Autriche, marquée par la défaite d’Essling, en mai 1809.] Le mardi 6 mai 1809, dans la matinée, une berline entourée de cavaliers sortit de Schönbrunn pour longer à petit train la rive droite du Danube. C’était une voiture ordinaire, de couleur olive, sans écussons. A son passage des paysans autrichiens ôtaient leur chapeaux noirs à large bord, par prudence mais sans respect, car ils connaissaient les officiers, qui trottaient sur leurs chevaux arabes à crinière longue, une peau de panthère sous les fesses, avec des uniformes à la hongroise, blancs, écarlates, chargés d’or, une plume de héron au shako 1: ces jeunes messieurs accompagnaient partout Berthier, le major général de l’armée d’occupation. Par la vitre abaissée, une main s’agita au bout d’une manche. Aussitôt, le grand écuyer Caulaincourt, qui maintenait son cheval contre la portière, serra sa monture des genoux, enleva son bicorne et ses gants avec des gestes d’acrobate, puis il détacha d’un bouton de sa veste une carte pliée des environs de Vienne qu’il tendit en saluant. La voiture s’arrêta peu après devant le fleuve jaune et rapide. Un mameluk en turban sauta du siège des laquais, déplia le marchepied, ouvrit la porte et exagéra des courbettes. L’Empereur descendit de la voiture en mettant son chapeau de castor au poil roussi par les repassages. Il avait Jeté comme une cape, sur son habit de grenadier, sa redingote en drap gris de Louviers. Sa culotte était tachée d’encre parce qu’il avait la manie d’y essuyer ses plumes: avant la parade quotidienne il avait dû signer une brassée de décrets, puisqu’il voulait tout décider, depuis la distribution de souliers neufs à la Garde jusqu’à l’approvisionnement des fontaines parisiennes, mille détails qui souvent ne relevaient pas de cette guerre qu’il menait en Autriche. Napoléon commençait à s’empâter. Son gilet de casimir serrait un ventre déjà rond, il n’avait plus de cou, presque pas d’épaules. Son regard détaché ne s’enflammait que sous la colère. Ce jour-là il était maussade, la bouche pincée. Quand il avait eu la certitude que l’Autriche s’armait contre lui, il était rentré en cinq jours de Valladolid à Saint-Cloud, crevant au galop on ne sait combien de chevaux. Lui qui dormait alors dix heures par nuit et deux heures dans son bain, grâce à ses revers en Espagne et à cette nouvelle équipée, il retrouvait d’un coup son endurance et sa force. 1. Shako: couvre-chef militaire. Annexe: tableau de Jacques-Louis David (1748-1825), Le Premier consul franchissant les Alpes au col du Grand Saint-Bernard (1800). I- Après avoir lu tous les textes du corpus, vous répondrez d’abord â la question suivante (4 points): Confrontez les images de Napoléon qui se dégagent de ces quatre textes. II. Vous traiterez ensuite, au choix, l’un des sujets suivants (16 points): Vous ferez le commentaire du texte de Victor Hugo (texte C). De nombreux romans sont nourris d’événements et de personnages historiques. En tant que lecteur, trouvez-vous que ces matériaux donnent de l’intérêt au roman? Vous répondrez dans un développement organisé, en vous appuyant sur les textes du corpus, les œuvres étudiées en classe et vos lectures personnelles. Un jeune milanais, « amoureux fou » de Napoléon Bonaparte, a assisté à son entrée dans Milan. Le soir même, il évoque l’événement dans son journal intime. Vous rédigerez un passage de ce journal où il exprime son enthousiasme et son émotion. Vous pouvez vous aider du tableau de David reproduit en annexe. 2011. Objet d’étude: Le roman et ses personnages: visions de l’homme et du monde. Texte A: Victor Hugo, Les Misérables, 4ème partie, livre 12 (1862). Texte B: Gustave Flaubert, L’Education sentimentale, 3ème partie, I (1869). Texte C: Emile Zola, La Fortune des Rougon, I, (1871). Texte A: Victor Hugo, Les Misérables, 4ème partie, livre 12 (1862). [Gavroche, un gamin de Paris, aide les insurgés qui construisent une barricade, au cours de l’émeute parisienne de juin 1832. ] Gavroche, complètement envolé et radieux, s’était chargé de la mise en train. Il allait, venait, montait, descendait, remontait, bruissait, étincelait. Il semblait être là pour l’encouragement de tous. Avait-il un aiguillon? oui certes, sa misère; avait-il des ailes? oui certes, sa joie. Gavroche était un tourbillonnement. On le voyait sans cesse, on l’entendait toujours. Il remplissait l’air, étant partout à la fois. C’était une espèce d’ubiquité 1 presque irritante; pas d’arrêt possible avec lui. L’énorme barricade le sentait sur sa croupe. Il gênait les flâneurs, il excitait les paresseux, il ranimait les fatigués, il impatientait les pensifs, mettait les uns en gaieté, les autres en haleine, les autres en colère, tous en mouvement, piquait un étudiant, mordait un ouvrier; se posait, s’arrêtait, repartait, volait au-dessus du tumulte et de l’effort, sautait de ceux-ci à ceux-là, murmurait, bourdonnait, et harcelait tout l’attelage; mouche de l’immense Coche révolutionnaire. Le mouvement perpétuel était dans ses petits bras et la clameur perpétuelle dans ses petits poumons: – Hardi! encore des pavés! encore des tonneaux! encore des machins! où y en a-t-il? Une hottée 2 de plâtras pour me boucher ce trou-là. C’est tout petit votre barricade. Il faut que ça monte. Mettez-y tout, flanquez-y tout, fichez-y tout. Cassez la maison. Une barricade, c’est le thé de la mère Gibou 3. Tenez, voilà une porte vitrée. Ceci fit exclamer les travailleurs. – Une porte vitrée! Qu’est-ce que tu veux qu’on fasse d’une porte vitrée, tubercule 4? – Hercules vous-mêmes! riposta Gavroche. Une porte vitrée dans une barricade, c’est excellent. Ça n’empêche pas de l’attaquer, mais ça gêne pour la prendre. Vous n’avez donc jamais chipé des pommes par-dessus un mur où il y avait des culs de bouteilles? Une porte vitrée, ça coupe les cors aux pieds de la garde nationale 5 quand elle veut monter sur une barricade. Pardi! le verre est traître. Ah ça, vous n’avez pas une imagination effrénée, mes camarades! 1. Capacité d’être dans plusieurs lieux à la fois. 2. Contenu d’une hotte pleine. 3. Boisson faite de beaucoup de mélanges. 4. Racine qui est une réserve nutritive pour une plante; ici, allusion à la petite taille de Gavroche. 5. Soldats envoyés pour mater la révolte. Texte B: Gustave Flaubert, L’Education sentimentale, 3ème partie, I (1869). [Frédéric, le héros de l’Education sentimentale, assiste avec son ami Hussonnet au saccage du Palais des Tuileries, au cours de la Révolution de 1848.] Tout à coup la Marseillaise retentit. Hussonnet et Frédéric se penchèrent sur la rampe. C’était le peuple. Il se précipita dans l’escalier, en secouant à flots vertigineux des têtes nues, des casques, des bonnets rouges, des baïonnettes et des épaules, si impétueusement, que des gens disparaissaient dans cette masse grouillante qui montait toujours, comme un fleuve refoulé par une marée d’équinoxe, avec un long mugissement, sous une impulsion irrésistible. En haut, elle se répandit, et le chant tomba. On n’entendait plus que les piétinements de tous les souliers, avec le clapotement des voix. La foule inoffensive se contentait de regarder. Mais, de temps à autre, un coude trop à l’étroit enfonçait une vitre; ou bien un vase, une statuette déroulait d’une console, par terre. Les boiseries pressées craquaient. Tous les visages étaient rouges; la sueur en coulait à larges gouttes; Hussonnet fit cette remarque: – « Les héros ne sentent pas bon! » – « Ah! vous êtes agaçant », reprit Frédéric. Et poussés malgré eux, ils entrèrent dans un appartement où s’étendait, au plafond, un dais de velours rouge. Sur le trône, en dessous, était assis un prolétaire à barbe noire, la chemise entr’ouverte, l’air hilare et stupide comme un magot 1. D’autres gravissaient l’estrade pour s’asseoir à sa place. – « Quel mythe! » dit Hussonnet. « Voilà le peuple souverain! » Le fauteuil fut enlevé à bout de bras, et traversa toute la salle en se balançant. – « Saprelotte! comme il chaloupe! Le vaisseau de l’Etat est ballotté sur une mer orageuse! Cancane-t-il 2! Cancane-t-il! » On l’avait approché d’une fenêtre, et, au milieu des sifflets, on le lança. – « Pauvre vieux! » dit Hussonnet en le voyant tomber dans le jardin, où il fut repris vivement pour être promené ensuite jusqu’à la Bastille, et brûlé. Alors, une joie frénétique éclata, comme si, à la place du trône, un avenir de bonheur illimité avait paru; et le peuple, moins par vengeance que pour affirmer sa possession, brisa, lacéra les glaces et les rideaux, les lustres, les flambeaux, les tables, les chaises, les tabourets, tous les meubles, jusqu’à des albums de dessins, jusqu’à des corbeilles de tapisserie. Puisqu’on était victorieux, ne fallait-il pas s’amuser! La canaille s’affubla ironiquement de dentelles et de cachemires. Des crépines 3 d’or s’enroulèrent aux manches des blouses, des chapeaux à plumes d’autruche ornaient la tête des forgerons, des rubans de la Légion d’honneur firent des ceintures aux prostituées. Chacun satisfaisait son caprice; les uns dansaient, d’autres buvaient. Dans la chambre de la reine, une femme lustrait ses bandeaux avec de la pommade; derrière un paravent, deux amateurs jouaient aux cartes; Hussonnet montra à Frédéric un individu qui fumait son brûle-gueule 4 accoudé sur un balcon; et le délire redoublait au tintamarre continu des porcelaines brisées et des morceaux de cristal qui sonnaient, en rebondissant, comme des lames d’harmonica. 1. Singe; figurine chinoise grotesque en porcelaine. Au sens figuré: homme très laid. 2. Danse le cancan, une danse excentrique. 3. Franges de tissu à fonction décorative. 4. Pipe à tuyau très court. Texte C: Emile Zola, La Fortune des Rougon, I, (1871). [Le coup d’Etat du 2 décembre 1851, organisé par Louis-Napoléon Bonaparte, a suscité en Provence des insurrections républicaines, notamment dans le département du Var. C’est cette révolte que décrit Zola au début de La Fortune des Rougon.] La bande descendait avec un élan superbe, irrésistible. Rien de plus terriblement grandiose que l’irruption de ces quelques milliers d’hommes dans la paix morte et glacée de l’horizon. La route, devenue torrent, roulait des flots vivants qui semblaient ne pas devoir s’épuiser; toujours, au coude du chemin, se montraient de nouvelles masses noires, dont les chants enflaient de plus en plus la grande voix de cette tempête humaine. Quand les derniers bataillons apparurent, il y eut un éclat assourdissant. La Marseillaise emplit le ciel, comme soufflée par des bouches géantes dans de monstrueuses trompettes qui la jetaient, vibrante, avec des sécheresses de cuivre, à tous les coins de la vallée. Et la campagne endormie s’éveilla en sursaut; elle frissonna tout entière, ainsi qu’un tambour que frappent les baguettes; elle retentit jusqu’aux entrailles, répétant par tous ses échos les notes ardentes du chant national. Alors ce ne fut plus seulement la bande qui chanta; des bouts de l’horizon, des rochers lointains, des pièces de terre labourées, des prairies, des bouquets d’arbres, des moindres broussailles, semblèrent sortir des voix humaines; le large amphithéâtre qui monte de la rivière à Plassans, la cascade gigantesque sur laquelle coulaient les bleuâtres clartés de la lune, étaient comme couverts par un peuple invisible et innombrable acclamant les insurgés; et, au fond des creux de la Viorne 1, le long des eaux rayées de mystérieux reflets d’étain fondu, il n’y avait pas un trou de ténèbres où des hommes cachés ne parussent reprendre chaque refrain avec une colère plus haute. La campagne, dans l’ébranlement de l’air et du sol, criait vengeance et liberté. Tant que la petite armée descendit la côte, le rugissement populaire roula ainsi par ondes sonores traversées de brusques éclats, secouant jusqu’aux pierres du chemin. 1. Rivière qui coule près de la ville de Plassans. I- Après avoir lu tous les textes du corpus, vous répondrez â la question suivante (4 points): Quelles visions du peuple les trois extraits du corpus donnent-ils? II. Vous traiterez ensuite, au choix, l’un des sujets suivants (16 points): Vous commenterez le texte C: La Fortune des Rougon d’Emile Zola. Un philosophe a déclaré qu’il avait beaucoup plus appris sur l’économie et la politique dans les romans de Balzac qu’en lisant les économistes et les historiens. Dans quelle mesure la lecture des romans permet-elle de connaître une période historique et une société? Vous rédigerez un développement structuré, qui s’appuiera sur les textes du corpus, les romans que vous avez étudiés en classe et vos lectures personnelles. Rentrée chez elle, la femme aux bandeaux (texte B, dernier paragraphe) raconte à sa famille la prise des Tuileries à laquelle elle a participé. Vous exprimerez ses émotions et ses sentiments. Vous veillerez à mêler description et narration. 2012 SERIE L. Objet d’étude: Le personnage de roman du XVlII ème siècle à nos jours. Texte A: Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1857. Texte B: Guy de Maupassant, Bel Ami, 1885. Texte C: Alain Robbe-Grillet, La Jalousie, 1957. Texte D: Georges Perec, Les Choses, Une histoire des années soixante, 1965. Texte A: Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1857. [Emma, jeune fille romanesque a épousé un médiocre officier de santé et elle s’ennuie. Un événement vient rompre la monotonie de son existence: les deux époux sont invités à un bal, chez le marquis d’Andervilliers.] Emma se sentit, en entrant, enveloppée par un air chaud, mélange du parfum des fleurs et du beau linge, du fumet des viandes et de l’odeur des truffes. Les bougies des candélabres allongeaient des flammes sur les cloches d’argent; les cristaux à facettes, couverts d’une buée mate, se renvoyaient des rayons pâles; des bouquets étaient en ligne sur toute la longueur de la table, et dans les assiettes à larges bordures, les serviettes, arrangées en manière de bonnet d’évêque, tenaient entre le bâillement de leurs deux plis chacune un petit pain de forme ovale. [ … ] Madame Savary remarqua que plusieurs dames n’avaient pas mis leurs gants dans leurs verres. Cependant, au bout de la table, seul parmi toutes ces femmes, courbé sur son assiette remplie et la serviette nouée dans le dos comme un enfant, un vieillard mangeait, laissant tomber de sa bouche des gouttes de sauce. Il avait les yeux éraillés et portait une petite queue enroulée d’un ruban noir. C’était le beau-père du marquis, le vieux duc de Laverdiére, l’ancien favori du comte d’Artois, dans le temps des parties de chasse au Vaudreuil, chez le marquis de Conflans, et qui avait été disait-on, l’amant de la reine Marie-Antoinette entre MM. De Coigny et de Lauzun. Il avait mené une vie bruyante de débauches, plei ne de duels, de paris, de femmes enlevées, avait dévoré sa fortune et effrayé toute sa famille. Un domestique derrière sa chaise, lui nommait tout haut, dans l’oreille, les plats qu’il désignait du doigt en bégayant; et sans cesse les yeux d’Emma revenaient d’eux-mêmes sur ce vieil homme à lèvres pendantes, comme sur quelque chose d’extraordinaire et d’auguste. Il avait vécu à la cour et couché dans le lit des reines! On versa du vin de Champagne à la glace. Emma frissonna de toute sa peau en sentant ce froid dans sa bouche. Elle n’avait jamais vu de grenades ni mangé d’ananas. Le sucre en poudre lui parut plus blanc et plus fin qu’ailleurs. Les dames, ensuite, montèrent dans leurs chambres s’apprêter pour le bal. Texte B: Guy de Maupassant, Bel Ami, livre 1. [Georges Duroy, jeune officier désargenté de retour d’Algéne, à la recherche d’un emploi, a rencontré à Paris son ami Forestier, journaliste à La Vie Française. Ce dernier, lors d’un repas à son domicile, lui permet de rencontrer M. Walter, directeur du journal: il compte lui présenter Georges et le faire embaucher en tant que journaliste.] Le dîner était fort bon; chacun s’extasiait. M. Walter mangeait comme un ogre, ne parlait presque pas, et considérait d’un regard oblique, glissé sous ses lunettes, les mets qu’on lui présentait. Norbert de Varenne lui tenait tête et laissait tomber pariais des gouttes de sauce sur son plastron de chemise. Forestier, souriant et sérieux, surveillait, échangeait avec sa femme des regards d’intelligence, à la façon de compères accomplissant ensemble une besogne difficile et qui marche à souhait. Les visages devenaient rouges, les voix s’enflaient. De moment en moment, le domestique murmurait à l’oreille des convives: « Corton-Château-Laroze? » Duroy avait trouvé le corton de son goût et il laissait chaque fois emplir son verre. Une gaieté délicieuse entrait en lui, une gaieté chaude, qui lui montait du ventre à la tête, lui courait dans les membres, le pénétrait tout entier. Il se sentait envahi par un bien-être complet, un bien-être de vie et de pensée, de corps et d’âme. Et une envie de parler lui venait, de se faire remarquer, d’être écouté, apprécié comme ces hommes dont on savourait les moindres expressions. Mais la causerie qui allait sans cesse, accrochant les idées les unes aux autres, sautant d’un sujet à l’autre sur un mot, un rien, après avoir fait le tour des événements du jour et avoir effleuré, en passant, mille questions, revint à la grande interpellation de Monsieur Morel sur la colonisation de l’Algérie. M. Walter, entre deux services, fit quelques plaisanteries car il avait l’esprit sceptique et gras. Forestier raconta son article du lendemain. Jacques Rival réclama un gouvernement militaire avec des concessions de terres accordées à tous les officiers après trente années de service colonial. [… ] Un léger silence suivit, on souriait. Georges Duroy ouvrit la bouche et prononça, surpris par le son de sa propre voix, comme s’il ne s’était jamais entendu parler: « Ce qui manque le plus là-bas, c’est la bonne terre. Les propriétés vraiment fertiles coûtent aussi cher qu’en France et sont achetées, comme placements de fonds, par des Parisiens très riches. Les vrais colons, les pauvres, ceux qui s’exilent faute de pain, sont rejetés dans le désert, où il ne pousse rien, par manque d’eau. » Tout le monde le regardait. Il se sentit rougir, M. Walter demanda: « Vous connaissez l’Algérie, Monsieur? » Texte C: Alain Robbe-Grillet, La Jalousie 1, 1957. [Dans une plantation, quelque part en Afrique, deux couples se retrouvent chaque soir sur une terrasse: A… et son mari que l’on ne voit jamais, y reçoivent Franck et son épouse Christiane.] Pour le dîner, Franck est encore là, souriant, loquace, affable. Christiane, cette fois ne l’a pas accompagné; elle est restée chez eux avec l’enfant, qui avait un peu de fièvre. Il n’est pas rare, à présent, que son mari vienne sans elle: à cause de l’enfant, à cause aussi des propres troubles de Christiane, dont la santé s’accommode mal de ce climat humide et chaud, à cause des ennuis domestiques qu’elle doit à ses serviteurs trop nombreux et mal dirigés. Ce soir, pourtant, A… paraissait l’attendre. Du moins avait-elle fait mettre quatre couverts. Elle donne l’ordre d’enlever tout de suite celui qui ne doit pas servir. Sur la terrasse, Franck se laisse tomber dans un des fauteuils bas et prononce son exclamation – désormais coutumière -au sujet de leur confort. Ce sont des fauteuils très simples, en bois et sangles de cuir, exécutés sur les indications de A… par un artisan indigène. Elle se penche vers Franck pour lui tendre son verre. Bien qu’il fasse tout à fait nuit maintenant, elle a demandé de ne pas emporter les lampes, qui -dit-elle -attirent les moustiques. Les verres sont emplis, presque jusqu’au bord, d’un mélange de cognac et d’eau gazeuse où flotte un petit cube de glace. Pour ne pas risquer d’en renverser le contenu par un faux mouvement, dans l’obscurité complète, elle s’est approchée le plus possible du fauteuil où est assis Franck, tenant avec précaution dans la main droite le verre qu’elle lui destine. Elle s’appuie de l’autre main au bras du fauteuil et se penche vers lui, si près que leurs têtes sont l’une contre l’autre. Il murmure quelques mots: un remerciement sans doute. Elle se redresse d’un mouvement souple, s’empare du troisième verre – qu’elle ne craint pas de renverser, car il est beaucoup moins plein – et va s’asseoir à côté de Franck, tandis que celui-ci continue l’histoire du camion en panne commencée dès son arrivée. C’est elle-même qui a disposé les fauteuils ce soir, quand elle les a fait apporter sur la terrasse. Celui qu’elle a désigné à Franck et le sien se trouvent côte à côte, contre le mur,de la maison -le dos au mur évidemment -sous la fenêtre du bureau. Elle a ainsi le fauteuil de Franck à sa gauche, et sur sa droite -mais plus en avant -la petite table où sont les bouteilles. 1. Le titre La Jalousie, évoque dans le roman les fenêtres à lames de la maison coloniale, mais aussi la jalousie du mari, le narrateur. Texte D: Georges Perec, Les Choses, Une histoire des années soixante, 1965. [Georges Perec décrit la vie quotidienne d’un jeune couple du 20e siècle, issu des classes moyennes, l’idée que ces jeunes gens se font du bonheur, les raisons pour lesquelles ce bonheur leur reste inaccessible… Dans le texte suivant, l’écrivain évoque leurs soirées entre amis.] Leur plus grand plaisir était d’oublier ensemble, c’est-à-dire de se distraire. Ils adoraient boire, d’abord, et ils buvaient beaucoup, souvent, ensemble. Ils fréquentaient le Harry’s New York Bar, rue Daunou, les cafés du Palais-Royal, le Balzar, Lipp, et quelques autres. Ils aimaient la bière de Munich, la Guiness, le gin, les punch bouillants ou glacés, les alcools de fruits. Ils consacraient parfois des soirées entières à boire, resserrés autour de deux tables rapprochées pour la circonstance, et ils parlaient interminablement, de la vie qu’ils auraient aimé mener, des livres qu’ils écriraient un jour, des travaux qu’ils aimeraient entreprendre, des films qu’ils avaient vus ou qu’ils allaient voir, de l’humanité, de la situation politique, de leurs vacances prochaines, de leurs vacances passées, d’une sortie à la campagne, d’un petit voyage à Bruges, à Anvers ou à Bâle. Et parfois se plongeant de plus en plus dans ces rêves collectifs, sans chercher à s’en éveiller, mais les relançant sans cesse avec une complicité tacite, ils finissaient par perdre tout contact avec la réalité. Alors, de temps en temps, une main simplement émergeait du groupe: le garçon arrivait, emportait les grès vides et en rapportait d’autres et bientôt la conversation, s’épaississant de plus en plus, ne roulait plus que sur ce qu’ils venaient de boire, sur leur ivresse, sur leur soif, sur leur bonheur. Ils étaient épris de liberté! Il leur semblait que le monde entier était à leur mesure; ils vivaient au rythme exact de leur soif, et leur exubérance était inextinguible; leur enthousiasme ne connaissait plus de bornes. Ils auraient pu marcher, courir, danser, chanter toute la nuit. Le lendemain, ils ne se voyaient pas. Les couples restaient enfermés chez eux, à la diète, écœurés, abusant de cafés noirs et de cachets effervescents. Ils ne sortaient qu’à la nuit tombée, allaient manger dans un snack-bar cher un steak nature. Ils prenaient des décisions draconiennes: ils ne fumeraient plus, ne boiraient plus, ne gaspilleraient plus leur argent. I- Après avoir lu tous les textes du corpus, vous répondrez â la question suivante (4 points): Ces quatre extraits mettent en scène des personnages au cours de repas ou de soirées. Montrez comment ces textes proposent différents modes de représentation des personnages principaux. II. Vous traiterez ensuite, au choix, l’un des sujets suivants (16 points): Vous commenterez le texte d’Alain Robbe-Grillet, extrait de La Jalousie (texte C). Dissertation. Attendez-vous d’un personnage de roman qu’il soit proche de vous? Vous répondrez à cette question en vous appuyant sur les romans que vous avez lus et étudiés ainsi que sur les textes du corpus. Invention. L’extrait de Madame Bovary (texte A) se clôt sur cette phrase: « Les dames, ensuite, montèrent dans leurs chambres s’apprêter pour le bal ». Imaginez le récit de l’épisode du bal vu à travers le regard émerveillé d’Emma. Question. B– Guy de Maupassant, Pierre et Jean, 1888. C– Albert Camus, L’Étranger, 1942. Comme Mlle de Chartres avait le cœur très noble et très bien fait, elle fut véritablement touchée de reconnaissance du procédé du prince de Clèves. Cette reconnaissance donna à ses réponses et à ses paroles un certain air de douceur qui suffisait pour donner de l’espérance à un homme aussi éperdument amoureux que l’était ce prince; de sorte qu’il se flatta d’une partie de ce qu’il souhaitait. Elle rendit compte à sa mère de cette conversation, et Mme de Chartres lui dit qu’il y avait tant de grandeur et de bonnes qualités dans M. de Clèves et qu’il faisait paraître tant de sagesse pour son âge que, si elle sentait son inclination portée à l’épouser, elle y consentirait avec joie. Mlle de Chartres répondit qu’elle lui remarquait les mêmes bonnes qualités; qu’elle l’épouserait même avec moins de répugnance qu’un autre, mais qu’elle n’avait aucune inclination particulière pour sa personne. Dès le lendemain, ce prince fit parler à Mme de Chartres; elle reçut la proposition qu’on lui faisait et elle ne craignit point de donner à sa fille un mari qu’elle ne pût aimer en lui donnant le prince de Clèves. Les articles4 furent conclus; on parla au roi, et ce mariage fut su de tout le monde. 1. Inclination: penchant, désir 2. De Guise est tombé amoureux de Mlle de Chartres peu après son ami de Clèves, dont il est ainsi devenu un rival 3. Il s’agit de la femme du roi (Catherine de Médicis), de la favorite du roi (Diane de Poitiers), de la sœur du roi et de l’épouse du fils du roi 4. Articles: écrits officiels faisant office de contrat. Puis, comme leurs deux visages se reflétaient, l’un contre l’autre, dans l’eau si claire dont les plantes noires du fond faisaient une glace limpide, Jean souriait à cette tête voisine qui le regardait d’en bas, et parfois, du bout des doigts, lui jetait un baiser qui semblait tomber dessus. – Ah! que vous êtes ennuyeux, disait la jeune femme; mon cher, il ne faut jamais faire deux choses à la fois. – Je n’en fais qu’une. Je vous aime. Elle se redressa, et d’un ton sérieux: – Voyons, qu’est-ce qui vous prend depuis dix minutes, avez-vous perdu la tête? – Non je n’ai pas perdu la tête. Je vous aime, et j’ose, enfin, vous le dire. Ils étaient debout maintenant dans la mare salée qui les mouillait jusqu’aux mollets, et les mains ruisselantes appuyées sur leurs filets, ils se regardaient au fond des yeux. Elle reprit, d’un ton plaisant et contrarié: – Que vous êtes malavisé de me parler de ça en ce moment! Ne pouviez-vous attendre un autre jour et ne pas me gâter ma pêche? – Pardon, mais je ne pouvais plus me taire. Je vous aime depuis longtemps. Aujourd’hui, vous m’avez grisé à me faire perdre la raison. Alors, tout à coup, elle sembla en prendre son parti, se résigner à parler d’affaires et à renoncer aux plaisirs. – Asseyons-nous sur ce rocher, dit-elle, nous pourrons causer tranquillement. Ils grimpèrent sur un roc un peu haut, et lorsqu’ils y furent installés côte à côte, les pieds pendants, en plein soleil, elle reprit: – Mon cher ami, vous n’êtes plus un enfant et je ne suis pas une jeune fille. Nous savons fort bien l’un et l’autre de quoi il s’agit, et nous pouvons peser toutes les conséquences de nos actes. Si vous vous décidez aujourd’hui à me déclarer votre amour, je suppose naturellement que vous désirez m’épouser. ll ne s’attendait guère à cet exposé net de la situation, et il répondit niaisement: – En avez-vous parlé à votre père et à votre mère? – Non, je voulais savoir si vous m’accepteriez. Elle lui tendit sa main encore mouillée, et comme il y mettait la sienne avec élan: – Moi, je veux bien, dit-elle. Je vous crois bon et loyal. Mais n’oubliez point que je ne voudrais pas déplaire à vos parents. – Oh! pensez-vous que ma mère n’a rien prévu et qu’elle vous aimerait comme elle vous aime si elle ne désirait pas un mariage entre nous? – C’est vrai, je suis un peu troublée. Ils se turent. Et il s’étonnait, lui, au contraire, qu’elle fût si peu troublée, si raisonnable. Il s’attendait à des gentillesses galantes, à des refus qui disent oui, à toute une coquette comédie d’amour mêlée à la pêche, dans le clapotement de l’eau! Et c’était fini, il se sentait lié, marié, en vingt paroles. Ils n’avaient plus rien à se dire puisqu’ils étaient d’accord et ils demeuraient maintenant un peu embarrassés tous deux de ce qui s’était passé, si vite, entre eux, un peu confus même, n’osant plus parler, n’osant plus pêcher, ne sachant que faire. Puis nous avons marché et traversé la ville par ses grandes rues. Les femmes étaient belles et j’ai demandé à Marie si elle le remarquait. Elle m’a dit que oui et qu’elle me comprenait. Pendant un moment, nous n’avons plus parlé. Je voulais cependant qu’elle reste avec moi et je lui ai dit que nous pouvions dîner ensemble chez Céleste430. Elle en avait bien envie, mais elle avait à faire. Nous étions près de chez moi et je lui ai dit au revoir. Elle m’a regardé: « Tu ne veux pas savoir ce que j’ai à faire? » Je voulais bien le savoir, mais je n’y avais pas pensé et c’est ce qu’elle avait l’air de me reprocher. Alors, devant mon air empêtré, elle a encore ri et elle a eu vers moi un mouvement de tout le corps pour me tendre sa bouche. 1. Marie est venue chercher Meursault sur son lieu de travail 2. Elle lui a posé la même question le samedi précédent, après une journée à la plage 3. Son patron lui a proposé le matin même un poste à Paris 430. Il s’agit d’un restaurant où se rend souvent Meursault. Introduction. Le cœur et le corps. Jean est un jeune homme sans expérience amoureuse, qui semble sincèrement épris de la jeune veuve. Il se dit « grisé » par elle et prend plaisir à la « frôl[er] », à lui envoyer des baisers du bout des doigts: sa manière de déclarer son amour est passablement maladroite. Il n’a pas compris qu’il a devant lui une femme de tête qui n’a plus le cœur au marivaudage, mais sait reconnaître en lui les qualités pour faire, à cette époque, un bon mari: il est « bon et loyal ». Meursault est encore jeune. Manifestement, il n’est pas dépourvu de séduction et Marie éprouve une attirance physique pour lui (« un mouvement de tout le corps pour [lui] tendre sa bouche »). Lui-même n’est pas indifférent à la beauté des femmes et il veut que Marie reste auprès de lui. Par sa froideur, son indifférence, il pourrait passer pour un goujat. Mais Marie, qui le connaît bien et l’aime, ne se choque pas de ses réponses déconcertantes (elle en « ri[t] »). Trois jeunes femmes très différentes. Mme Rosémilly rappelle qu’elle n’est plus une « jeune fille », sous-entendant qu’elle n’attend plus du mariage la révélation du plaisir des sens (la pêche aux crustacés lui apporte ses « plaisirs »). Pour cette femme de tête, le mariage s’apparente à un contrat avec ses arrangements plus qu’à l’union de deux cœurs. Marie est sensuelle, gaie, libre, sans préjugés. C’est l’impossibilité de communiquer avec Meursault qui détermine son attitude. Elle le prend tel qu’il est, même si elle ne le comprend pas. Comme Mme Rosémilly, c’est elle qui prend l’initiative de la demande en mariage parce qu’elle aime Meursault. Lucide, elle reconnaît qu’il pourrait un jour « la dégoûter ». Le respect des conventions? Mme Rosémilly dispose de sa main mais elle sait qu’une union réussie ne doit pas « déplaire » aux parents. Marie, elle, est affranchie de ces conventions et dispose librement de son cœur et de son corps. Elle garde son libre arbitre. Conclusion. Commentaire. Introduction. I. Le récit inhabituel d’une demande en mariage. 1. Une scène un peu ridicule. Un marivaudage un peu mièvre:Maupassant décrit avec ironie cette mise en abyme amoureuse. Jean se comporte comme un adolescent timide quand, devant leur reflet dans l’eau, « du bout des doigts, [il] lui [jette] un baiser », alors qu’il a en face de lui une femme, jeune mais déjà veuve et qui, par son expérience, ne doit plus être sensible à ces gamineries. La scène est rendue presque ridicule par les attentions naïves de Jean et sa comédie « du grand désespoir », triviale quand Maupassant décrit le couple « debout […] dans la mare salée qui les mouill[e] jusqu’aux mollets » alors qu’« ils se regard[ent] au fond des yeux ». Maupassant, en faisant remonter son regard sur le couple de leurs « mollets » jusqu’à leur visage, évoqué seulement par un cliché banal (« au fond des yeux »), souligne le vide affectif de cet échange muet. Paradoxalement, cette jeune pêcheuse est la proie espérée de Jean qui la « sui[t] pas à pas ». Mais cette proie est plus expérimentée que lui. 2. Une déclaration et une demande inhabituelles. Contrairement aux clichés de l’époque, selon lesquels dans ce genre de situation l’homme agit avec raison et la femme avec frivolité, ici, les rôles sontégalement inversés. C’est elle qui est « si peu troublée, si raisonnable » alors que Jean a d’abord minaudé, puis regrette qu’on ne joue pas à la « coquette comédie d’amour » qu’il escomptait. II. Deux personnages opposés aux motivations bien différentes. 1. Mme Rosémilly, une maîtresse femme. Mais elle sait s’adapter avec rapidité (« alors, tout à coup, elle sembla en prendre son parti »), et, la tête froide, elle interrompt les effusions de Jean par le rappel lucide de leur âge et de leur situation (« vous n’êtes plus un enfant », « je ne suis plus une jeune fille »). C’est elle qui pose les questions, dirige les réponses, parle pour elle et pour Jean, en alternant les « vous » et le « je » ou en les réunissant par « l’un et l’autre » ou « nous ». On ne sent pas vraiment d’enthousiasme dans sa décision: l’amour ne semble pas être sa motivation mais plutôt une estime raisonnable pour les qualités de Jean qu’elle croit « bon et loyal ». Ce n’est qu’après son exposé ferme et décidé qu’elle reconnaît qu’elle est « un peu troublée »… 2. Jean, un amoureux maladroit et naïf. Maupassant commente d’abord cette attitude en narrateur externe, ironiquement: « il répondit niaisement ». À la fin du passage, il franchit le pas et restitue en narrateur omniscient, au style indirect libre, les réflexions médiocres de son personnage sur l’accueil de sa déclaration et la tournure des événements, et sa déception de ne pouvoir déguster un peu plus longtemps ce mélange mièvre de « clapotement de l’eau » et de « coquette comédie d’amour ». Maupassant, amateur de femmes, n’a manifestement guère de sympathie pour cet apprenti séducteur sans envergure. Mais peut-être est-il un peu trop sévère envers son personnage? Après tout, ce dernier a de l’enthousiasme et il répond « avec élan » à la main offerte de Mme Rosémilly. Il est manifestement amoureux d’elle et ne sait pas dissimuler ses sentiments. Sa déclaration est sans doute maladroite, mais elle est directe et sincère quand il affirme à trois reprises « je vous aime ». Il y a chez lui un côté juvénile et naïf– c’est un jeune homme encore très lié à sa mère, comme le montre sa remarque « Oh! pensez-vous […] entre nous? » – et il est déçu de la rapidité et de la facilité avec laquelle Mme Rosémilly lui accorde sa main, comme le souligne l’intrusion que se permet Maupassant, au style indirect libre, dans l’intimité de ses réflexions. III. Une vision pessimiste et satirique. 1. Le mariage comme un contrat. Le temps des effusions où l’on se regarde « au fond des yeux » est réduit au minimum et le face-à-face amoureux devient un « côte à côte » où chacun doit garder la tête froide et les idées claires, comme le rappelle la jeune veuve qui se livre à « un exposé net » de la situation, avec un vocabulaire très rationnel: « Nous savons […] peser les conséquences de nos actes », « si vous vous décidez aujourd’hui ». Le contrat est validé par une poignée de main, comme pour un marché (« Elle lui tendit sa main […] il y mettait la sienne »). Il nécessite le consentement des « parents » (sur lequel portent la plupart des répliques de la fin du texte), même si, pour Jean, l’accord de sa mère suffit. Il n’y a pas d’enthousiasme dans ce projet matrimonial. Mme Rosémilly répond d’abord à Jean sur un « ton plaisant et contrarié » puis se « résign[e] à parler affaires ». Les modalisateurs« un peu » etle champ lexical de la gêne montrent cette tiédeur (« moi, je veux bien », « un peu troublée », « un peu embarrassés », « un peu confus »). La demande en mariage débouche sur le silence (« ils se turent », « n’osant plus parler », « ils n’avaient plus rien à se dire »), sur le vide (« c’était fini »), encore souligné par la multiplication des négations (« n’osant plus parler, n’osant plus pêcher, ne sachant que faire »). 2. Un piège dans lequel les plaisirs et l’amour n’ont pas de place. Après un instant d’effusion, les personnages sont de nouveau très distants, presque étrangers l’un pour l’autre (« côte à côte, les pieds pendants »), dans une attitude peu affectueuse. « Mon cher ami » est le seul terme affectif dont se sert Mme Rosémilly. Son jugement sur Jean (« bon et loyal ») implique qu’il fera un bon mari mais révèle une conception très conventionnelle et peu tendre du mariage et de l’amour. Jean a l’impression d’être pris dans les filets de cette pêcheuse à la tête froide. Ce mariagen’est pas le début d’une aventure, c’est une impasse. Il marque aussi la perte de la liberté pour Jean qui « se sen[t] lié ». Quelle autre échappatoire à ce genre de mariage que l’adultère? Conclusion. Dissertation. Introduction. I. Créer des ressemblances et des connivences pour proposer une vision du monde. 1. Des individus en phase qui révèlent une même vision du monde. C’est parfois par leurs paroles que les personnages romanesques se ressemblent et véhiculent une même conception du monde. Dans Le Père Goriot, Vautrin et Mme de Beauséant sont certes bien différents, aux deux extrêmes de la hiérarchie sociale (l’aristocrate et le forçat), mais leur discours sur la société parisienne se ressemble fort: ils partagent et exposent à Rastignac la même vision de ce monde où, pour « parvenir », il faut abdiquer toute morale, tout scrupule et accepter d’utiliser, de piétiner autrui. 2. Initiateur et disciple. Dans un cas de figure plus complexe, le héros reçoit l’enseignement – parfois divergent – de plusieurs initiateurs, qui multiplient alors les perspectives sur le monde. Ainsi, Julien Sorel dans Le Rouge et le Noir reçoit les conseils de l’abbé Chélan, de l’abbé Pirard, du marquis de La Mole, mais aussi des femmes: Mme de Rênal et Mathilde; tous lui offrent une vision du monde qu’il adopte un temps dans son parcours (voir aussi Rastignac, Vautrin, Goriot, Mme de Beauséant; Bel-Ami de Maupassant). Dans l’optique du schéma actantiel, ces personnages se situent généralement du côté des « adjuvants ». 3. Un personnage en phase avec un groupe qu’il représente. Le personnage, d’abord vecteur et porte-parole d’une vision du monde collective, devient le symbole d’une cause qu’il faut défendre par l’action mais aussi par la parole. Dans Germinal, Étienne Lantier, meneur et théoricien actif de la grève dans les mines du Nord, fait un discours pour dénoncer les abus et les injustices de la bourgeoisie capitaliste propriétaire des mines: tous les mineurs l’écoutent, subjugués, et son ascendant sur eux leur fait partager cette image d’un monde injuste et, par conséquent, la nécessité de se révolter pour rendre ce monde meilleur. II. Créer des antagonismes pour multiplier les perspectives. 1. Personnage contre personnage: le jeu des contrastes. Les relations entre deux individus établissent parfois des contrastes très violents qui se matérialisent souvent par des conflits et marquent encore plus évidemment l’opposition entre deux conceptions du monde, dont le narrateur, explicitement ou implicitement, privilégie l’une au détriment de l’autre (Jean Valjean et Javert ou Jean Valjean et les Thénardier dans les Misérables de Hugo) [ou exemple personnel ]. Dans ce cas de figure, le personnage de victime est éclairant: en mettant en valeur la puissance, l’ascendant néfaste ou la cruauté de son « ennemi », il indique clairement laquelle, entre deux conceptions du monde, a la faveur du narrateur et, au-delà, de l’auteur (Cosette, victime des Thénardier dans Les Misérables de Hugo) [ou exemple personnel ]. 2. L’individu contre un groupe ou contre la société. Le conflit peut ne pas être violemment déclaré, rester latent, mais il n’en est pas moins révélateur: ainsi, Meursault, l’Étranger de Camus, oppose à la société son indifférence et son absence de réaction et, par là même, rend manifestes l’injustice de la justice, le poids absurde des conventions. Mais le conflit peut aussi être plus dur et cruel. Les menées de Vautrin pour « parvenir » révèlent l’immoralité, la cruauté, la corruption et l’égoïsme de la société mondaine parisienne: tous sont prêts à vendre leur âme, à s’avilir pour de l’argent. Dans ce contexte, le combat – d’un tout autre ordre – du père Goriot pour garder l’amour de ses filles dévoile la même vision de ce monde décadent. Les relations complexes et conflictuelles que chaque personnage entretient avec cette société où tous luttent férocement, nouent des liens factices ou excluent sans pitié, permettent au lecteur de déchiffrer ce monde d’apparence et mettent en lumière la « comédie humaine ». 3. Des groupes en conflit. Les Liaisons dangereuses, de Laclos, opposent deux ensembles de personnages: les libertins, qui ne voient le monde qu’à travers la satisfaction de leur propre plaisir et de leur liberté, quitte à mener une vraie guerre morale; et ceux qui respectent la vertu et les principes religieux. Valmont, au fil du roman, passe d’un ensemble à l’autre, changeant de vision du monde. La fin du roman consacre certes la punition des « méchants » (lettre 173) et le rejet de leur conception de la vie, mais le dénouement n’offre « aucune consolation pour les malheureuses victimes ». Au total, Laclos, à travers cette guerre sans merci entre deux visions du monde, donne une image pessimiste de la vie. III. Des scènes clés qui construisent une vision du monde. 1. Scènes capitales de la vie. Mariage (exemples du corpus). Mort (mort de M. de Clèves; mort et enterrement du Père Goriot; mort de l’enfant vue par différents personnages dans La Peste ). 2. Scènes de rencontre, d’initiation et de rupture. Scènes d’initiation (à l’amour, à une activité…): Rastignac avec Mme de Beauséant puis avec Vautrin. Scènes de rupture [ exemple personnel ]. 3. Scènes d’action, scènes de délibération. Scènes de choix précédées d’une discussion: le révolutionnaire Tchen qui vient consulter son mentor Gisors dans La Condition humaine de Malraux [ + exemple personnel ]. Scènes de crise (sentimentale, existentielle…) [ exemple personnel ]. Conclusion. Écriture d’invention. Cette semaine, c’est moi qui suis allée le chercher: j’étais en avance. J’appréhendais de le revoir, j’étais tendue… J’ai relu hier ce que j’ai écrit samedi dernier sur notre promenade, et je me suis demandé ce qui m’avait pris de lui demander de m’épouser. Mais cela ne m’a pas empêchée de le faire à nouveau aujourd’hui… Il me déroute profondément: je ne sais pas pourquoi, avec lui, je fais toujours ce que par la suite j’estime être des sottises. Mais ce qui est plus déroutant encore, c’est qu’en sa présence j’oscille toujours entre le rire et l’inquiétude. Même après plusieurs heures de réflexion, je ne comprends pas pourquoi je me comporte de façon aussi étrange, presque lunatique, avec lui. Enfin bref: revenons à aujourd’hui. J’étais si confuse et troublée que la première chose que j’ai faite a été de lui redemander s’il voulait se marier avec moi. Je me suis immédiatement maudite intérieurement, mais je n’y pouvais rien, c’était fait. Et le pire, c’est qu’il m’a répondu « qu’il le voulait bien, si je le voulais »… « Si je le voulais »? Et lui, alors? Je n’ai pas pu me retenir de lui demander s’il m’aimait, lui: il m’a répliqué, sans ciller, que « cela ne signifiait rien, mais que sans doute, il ne m’aimait pas »… Au moins, je ne pouvais pas l’accuser d’hypocrisie! Mais pourquoi acceptait-il de m’épouser, alors? J’ai à peine écouté sa réponse: c’était moi qui décidais, quelque chose dans ce goût-là… Cela me blesse un peu, maintenant que j’y réfléchis. Je tiens à lui, je le lui dis, et qu’est-ce que j’obtiens en échange?… Mais le plus étrange, c’est que, sur le coup, je n’arrivais même pas à lui en vouloir. J’étais juste complètement décontenancée, à tel point que j’ai répété ce que ma mère m’a dit et redit pendant des années: « Le mariage est une chose grave ». Quel cliché! Et dire que je m’étais juré de ne jamais le dire moi-même… Enfin, passons… Là encore, il m’a surprise: il m’a tout simplement répondu non. Je ne sais pas combien de temps nous sommes restés muets. Il avait l’air distant: j’aurais tout aussi bien pu être une inconnue. Je me suis donc prise à penser: si j’avais été une autre femme, cela aurait-il changé quelque chose? Je lui ai posé brutalement la question: forcément, il m’a dit non. Comment puis-je l’aimer, après tant de vérités si difficiles à entendre? Il est si compliqué à cerner… Bien sûr, cela le rend assez fascinant. Mais est-ce de l’amour? Je n’en suis pas plus sûre maintenant que je ne l’étais alors. Cette fascination peut se transformer par la suite en aversion. On ne supporte pas forcément longtemps ce genre d’attitude, cette indifférence… Cela ne me dégoûterait-il pas, au bout d’un moment? Peut-être ai-je parlé tout haut à ce moment-là. Je ne sais plus vraiment ce que j’ai dit ou non. Toujours est-il qu’il n’a rien dit: nous nous sommes regardés quelques instants en chiens de faïence. Je ne savais toujours pas quoi penser, mais, quoi qu’il arrivât par la suite, je me disais que je voulais vraiment l’épouser. Il me subjuguait. Je le lui ai dit, il n’a fait qu’acquiescer. Mais il est vite passé à autre chose, comme si cela ne le concernait pas. Étrangement, cela ne me dérangeait pas: je commençais à m’habituer à sa façon de passer du coq-à-l’âne. Il me parlait d’un changement de poste: on lui proposait d’aller à Paris. L’idée de quitter Alger ne me rebutait pas, et cela faisait longtemps que je voulais aller voir la capitale… J’ai ri quand il m’a dit que Paris était sale, à cause des pigeons, et que les gens y avaient la peau blanche … C’est sûr qu’à Alger, les gens ont meilleure mine! Nous avons continué à arpenter les rues au hasard. J’aime beaucoup ce quartier d’Alger, très plaisant. Tout d’un coup, il m’a demandé si j’avais remarqué que les femmes que nous croisions étaient belles. La question m’a prise de court, j’ai dit oui sans réfléchir. J’ai ajouté que je comprenais, sans trop le penser, en fait. Comprendre quoi? Pourquoi me disait-il cela? Surtout, pourquoi me le disait-il après avoir accepté de m’épouser? Pourquoi me parlait-il d’autres femmes, alors que nous étions si bien ensemble? Là encore, nous nous sommes tus pendant je ne sais combien de temps. Je crois que j’ai ressenti un peu de jalousie, confusément. Mais je crois qu’il n’avait en fait aucune malice… Je pensais qu’il ne pouvait pas me surprendre davantage quand il m’a demandé de dîner avec lui chez Céleste. Toujours le coq-à-l’âne! Cela m’a fait sourire. J’étais sur le point d’accepter lorsque je me suis rappelé le dossier que je devais finir. Pour une fois que je n’avais pas terminé un travail dans la journée, il fallait que cela tombe le jour où j’aurais aimé passer la soirée dehors! Je lui ai donc dit à contrecœur que j’avais quelque chose à faire. Je m’attendais à ce qu’il me demande quoi, mais bien sûr, il ne l’a pas fait. Je me suis demandé si je m’habituerais jamais à la façon qu’il avait de toujours me surprendre. Furieuse contre moi, j’ai voulu détourner son attention et le faire culpabiliser: ne voulait-il pas savoir ce que j’avais à faire? Mais j’ai ri juste après: mon attitude était vraiment puérile! Quant à lui, il avait l’air d’un enfant pris en faute… Pour me faire pardonner, je l’ai embrassé. Puis je suis partie… Je ne sais toujours pas quoi penser de lui. Pas plus que la semaine dernière. Cela ne me dérange pas pour le moment. Peut-être que plus tard, cela m’ennuiera… Peut-être. Nous verrons bien.

Le Citron, puissant détoxifiant! Le citron n’est pas acide pour le corps, contrairement à ce que l’on croit, mais au contraire basique… La cure de citrons est également une cure qui purifie le foie (qui est mis à mal en période de régime, jeune etc…). Le citron agit sur la détoxification du foie mais attention. La cure de citron est un excellent moyen de corriger une acidose chronique pour un organisme sain, toutefois elle ne sera pas favorable et aura même l’effet inverse (déminéralisation) chez une personne ayant un métabolisme lent ou faible. Le citron entre dans le cadre des cures de détoxification. On emploie souvent à tort le terme de régime citron… Le régime Citron n’est pas tout à fait un régime mais plutôt une cure, voila pourquoi nous parlerons dans cet article de cure citron de détoxification. Il est préconisé de boire un verre d’eau tiède avec le jus d’un citron et du miel, tous les matins au lever. Mais certains vont plus loin et réalisent même une cure de citron… Le principe est simple: la cure doit durer 16 jours: Principe de la cure de citrons Le premier jour, buvez le jus d’un citron (mélangé à de l’eau ou du miel) Le 2e jour, le jus de 2 citrons Le3e jour, le jus de 3 citrons… Continuez ainsi à augmenter votre consommation de citron jusqu’au 8e jour de la cure de citron. Dès ce jour là, refaites le même procédé mais à l’inverse: Le 9e jour buvez le jus de 7 citrons Le 10e jour, le jus de 6 citrons… Jusqu’au 16ème jour ou vous pouvez boire le jus d’un seul citron. La version plus aboutie de la cure de citrons consiste à préparer soi-même une boisson constituée: d’eau pure, du jus de citron frais, de poivre de Cayenne ou du gingembre moulu, du sirop 100% naturel de palme et d’érable (ou de miel liquide bio). Dès que vous avez faim, préparez un verre de cette boisson citron… Buvez autant que vous le souhaitez, idéalement 6 à 9 verres par jour. Le plus difficile avec le régime Citron est de tenir sur la durée, de ne pas avoir peur de ne plus manger de nourriture solide, et de ne pas céder à la tentation. Autre inconvénient de taille, la reprise de la consommation d ‘aliments solide doit se faire progressivement. Lorsque vous avez terminé votre cure, ne recommencez pas à manger beaucoup. On recommande une reprise par palier (2 à 3 jours) afin d’éviter l’intoxication et la prise de poids excessive. De nombreux livres traitent de la cure citron. Le saviez vous? La cure Citron a été inventée par le naturopathe Stanley Burroughs il y a plus de 30 ans, et développée surtout en Suisse au début. Mise en garde: Pour certaines personnes, la cure de citron détoxifiante peut provoquer de grands déséquilibres. Demandez conseil à votre médecin, nutritionniste ou diététicien avant d’effectuer cette cure citrons.