conseil diététique pour maigrir tres vite


Foie Gras aux épices. Bientôt les fêtes!! L'avantage de préparer son foie gras maison c'est de pouvoir l'assaisonner en fonction de ses goûts.. Cette année j'ai décidé de lui donner une petite note de cannelle et de miel.. C'est subtil et délicat, mais vraiment très bon! Il n'y a vraiment rien de compliqué dans cette recette, tout le monde peut le réussir très facilement. J'ai opté pour une cuisson au thermomix, mais un bon cuiseur vapeur fera également l'affaire;-) Ingrédients: - un foie de canard cru, déveiné de 400 grammes. - 2 cuillères à café de sel fin. - 2 cuillères à café de poivre. - 1 cuillère à café de cannelle. - 1 cuillère à soupe de miel. Préparer la marinade. Dans un bol mélanger le sel, le poivre, la cannelle et le miel. Placer le foie de canard dans un plat, napper le de marinade et laisser macérer au réfrigérateur dans une boite hermétique. Au bout d'une heure, retourner le foie de canard, et napper de nouveau de marinade. Replacer une heure au réfrigérateur. Placer le foie de canard sur un film alimentaire supportant la cuisson. Serrer le foie dans le film alimentaire, et chasser au maximum l'air se trouvant à l'intérieur. Serrer au maximum les extrémités de votre boudin, le faire rouler sur la table et faire un nœud sur les extrémités. Recommencer cette opération en l'emballant à nouveau dans une seconde couche de film alimentaire. Bien serrer, puis faire un nœud sur chaque extremité. (j'ai mis des élastiques pour être certaine que le foie est emballé bien hermétiquement. Pour finir emballer le boudin dans du papier aluminium et placer le tout au réfrigérateur. Pendant ce temps, dans le bol du thermomix, verser 1 litre d'eau. Placer votre varoma vide sur le bol. Programmer 10 minutes, varoma, mijotage. A l'arrêt de la minuterie, placer votre boudin dans le varoma. Programmer 9 minutes, varoma, mijotage. A l'arrêt de la minuterie, à l'aide d'un torchon pour ne pas vous brûler, retourner le boudin avec précaution. Programmer de nouveau 9 minutes, varoma, mijotage. Pendant ce temps, dans un grand saladier, verser de l'eau froide. Juste avant la fin de la minuterie, verser dans le saladier des glaçons. A l'arrêt de la minuterie, sans vous bruler, placer le boudin dans le saladier remplit d'eau et de glaçons pour stopper la cuisson. Laisser le entre 30 à 40 minutes. Il doit commencer à durcir. Puis placer votre foie gras au réfrigérateur tel quel en conservant son emballage et le papier aluminium. Laisser le reposer trois jours minimum, 1 semaine maximum. Il est tout à fait possible de congeler le foie gras. Il suffira juste de le placer au réfrigérateur 12 à 24 heures avant de l'utiliser. Vous aimerez aussi: Commenter cet article. Alex64 19/12/2017 18:27. Bonjour, Je vais tester votre recette pour noël! Petite question: est-ce film alimentaire, c est celui qui va au micro onde? Merci et bonnes fêtes. weis 21/02/2015 06:28. Bonjour tout d abords je vous remercie pour ce partage je vais essayer ce foie gras pour les fêtes de pâque. j avais l habitude de le cuire au froid car ça me sembler un peu contraignant surtout au niveau de la temperature pour la cuisson et aussi sur la diminution du foie. pour la cuisson au froid je prends le foie gras dénervé sel poivre 4 epices bien roulé et enroulé dans du film alimentaire et conservé au congélateur un bon mois ensuite il n y a plus qu a le sortir qqs heures avant,le mettre au frigo et ensuite découper et déguster. Thermovivie 04/03/2015 19:31. Bonjour, effectivement finalement le foie gras c'est très rapide, et tellement meilleur! Moi aussi je prends un foie gras déjà dénervé de chez picard, je n'ai pour le moment jamais été déçue. N'hésitez pas à me dire ce que vous en aurez pensé, à bientôt. Wagner 28/12/2014 22:17. Absolument géniale cette recette. Wagner 28/12/2014 22:17. Absolument extra cette recette. Thermovivie 28/12/2014 22:17. Merci bcp.. C'est très gentils:-) marjory 27/12/2014 20:37. ta recette est une merveille. très simple et exquis, perso je fais toujours une marinade au porto donc j’étais septique. mais le gout est splendide avec cette marinade au miel. encore merci pour cette recette que j'ai refais pour nouvel an. Thermovivie 27/12/2014 22:31. Hi hi merci Marjory.. Tant mieux je suis ravie.. Moi aussi j'aime bcp au porto alors j'alterne..;-) virginie 26/12/2014 14:14. Bonjour, juste merci pour cette recette. j'ai juste ajouté à la marinade un peu de cognac( c'était trop pâteux à mon goût) et remplacé la cannelle (car pas fan du tout) par du 4 épices. cuisson 10 min de chaque coté. J'ai utilisé le foie pour garnir mes macarons foie gras/ confit de figue et je n'ai eu que des compliments. Tout le monde se serait volontiers resservi!! Thermovivie 26/12/2014 20:50. Bonsoir Virginie.. Merci bcp ça me fait très plaisir.. Chez nous on adore la cannelle.. (Ça a du se ressentir d'ailleurs dans toutes nos recettes de décembre..) Des macarons figues foie gras hummm ça devait être excellent!! Merci bcp pour votre retour, je suis vraiment contente que la recette ai fait sensation!;-) a bientôt. Marithe 24/12/2014 12:52. Bonjour, j'ai une petite question a vous poser pour le foie gras! Je n'arrive pas a trouver le film alimentaire adequat! Lequel faut il prendre pour la cuisson vapeur? Je sais qu'on ne donne pas de marques mais un conseil? Merci et bonnes fête de Noël. Thermovivie 24/12/2014 14:03. Bonjour Marithe, Je vais avoir beaucoup de mal a vous aider dans la mesure ou j'utilise un film professionnel trouvé chez un grossiste.. C'est easy pro de la marque ecopla.. Par contre mon rouleau fait 300 mètres.. Lol Vous n'en avez pas trouvé en grande surface supportant la chaleur? Il faut minimum 120 degrés pour être certaine qu'il n'y ai pas de complications par la suite.. Passez de bonnes fêtes également à bientôt. Magali 20/12/2014 15:52. Le mien est en cuisson. je croise le doigts. -) Thermovivie 20/12/2014 22:56. Oki;-) la recette est vraiment adapté a un foie de 400 g. magali 20/12/2014 18:29. Un chouia trop rose je poursuis la cuisson de qq minutes. Thermovivie 20/12/2014 18:26. Ah oui.. Moi mon foie était de 400 g.. Vous pouvez toujours essayer de le couper, mais Il faut bien attendre 3 jours avant d'avoir le résultat final au niveau du goût.. J'espère qu'il ne sera pas trop rosé.. magali 20/12/2014 18:00. Il a l air pas mal du tout..sauf que je l ai fait cuire 9 mn de chaque côté mais il fait 500g..j ai peur qu'il ne soit pas assez cuit. qu en pensez vous? J ai peur de le couper maintenant pour vérifier. Thermovivie 20/12/2014 17:40. Merci!! Du coup je croise les miens aussi;-) Pascale 20/12/2014 13:38. merci pour les réponses, c'est gentil comme tout je vais donc le laisser au frais jusqu'à mercredi et demain je coupe une tranche en espérant qu'il est cuit sinon je le garderai pour en faire des petites escalopes poëlées et sans doute une sauce pour la viande du 25 heureusement que j'ai encore un autre foie cru, au cas où.. merci encore et passez de très belles fêtes. Pascale 20/12/2014 09:30. oupssss j'ai oublié un bout de ma question s'il n'est pas assez cuit, peux t-on le recuire sans que cela dénature ensuite le goût ou l'apparence? encore merci. Thermovivie 20/12/2014 10:24. Je ne voudrai pas vous dire de bêtises mais je ne pense pas.. Par contre si il est mi cuit vous pouvez toujours le servir légèrement poêlé.. Ou le rattraper en faisant une sauce au foie gras.. Il y a une recette sur le blog..

maigrir coupe faim maison du

4 soins contour des yeux anti cernes et anti poches. Le contour des yeux est la partie la plus fragile du visage. Les cernes et les poches sous les yeux sont causés par le dérèglement des tissus lymphatiques. Cette zone est très riche en muscles (27 au total) dont quatorze pour le clignement des paupières. C’est donc une zone très importante qui est le reflet de votre santé. Les rides y creusent leur nid, et selon les cas, les cernes ou les poches s’y installent aussi. Soin contre les rides: Ces petits plis traduisent le travail répété et la contraction des muscles du contour des yeux. Avec le temps, elles creusent leur sillons et finissent par marquer le visage. Pour les traiter, il faut s’en occuper avant qu’elles s’installent car une fois élu domicile, elles sont difficiles à déloger à part utiliser les grands moyens (Laser, peeling, injection de botox). La solution est donc de faire des soins spéciaux contour des yeux, dont les formules sur mesure permettent d’hydrater la zone afin de renforcer la tonicité et l’élasticité de la peau. Les actifs qu’ils contiennent sont souvent les mêmes que ceux utilisés dans les soins de visage mais dans des concentrations différentes et allégées en corps gras. Traitement contre les cernes: L’apparition des cernes n’est pas directement liée au vieillissement mais à une mauvaise circulation veineuse et lymphatique. Leur couleur noire, bleutée ou jaunâtre dépend du type de peau. Souvent héréditaires, elles peuvent s'accentuer par une mauvaise hygiène de vie, notamment liée à la fatigue, tabac, alimentation riche en gras etc. La solution: Appliquer le matin et le soir, un soin contour des yeux riche en actifs drainant (vitamine K, ruscus, marron d’Inde). Ces soins freinent l’évolution des cernes. Pour cela, il existe des pommades comme l'hylexin de brenmenn ou Soin apaisant Avène. En plus de ce traitement, il faut penser à boire beaucoup pour revivifier et drainer votre foie et relancer les tissus lymphatiques. Fini les poches sous les yeux Souvent héréditaires, les poches sous les yeux s’accentuent avec l’âge. La principale cause de ces poches est la rétention d’eau ou le dépôt d’une graisse sous la peau de la paupière inférieure, associé à un relâchement cutané. La solution pour décongestionner les poches est de favoriser la circulation lymphatique par une hygiène alimentaire saine. La chirurgie des paupières inférieures peut être envisagée si la situation s’accentue. En pratique, le praticien fait une incision à l’intérieur de la paupière pour dégonfler la poche. C'est une opération simple qui dure une demi-heure. Pour ceux qui ne veulent pas faire une incision, favorisez l’hydratation et l’élasticité de la peau avec l’aide de crème enrichie en actifs tenseurs et raffermissant. Trucs et astuces contre les cernes et poches: Remède de grand-mère contre les yeux gonflés: Appliquez sur les poches des sachets de camomille infusés puis refroidis. Passez ensuite un glaçon sur la paupière en ayant pris soin de le placer dans un linge propre Autre recette de grand-mère: Appliquez tous les matins de la purée de café sur le contour des yeux pour dégonfler les cernes et les poches Drainage en eau florale contour des yeux toniques: S'inspirant des techniques de shiatsu et de drainage du visage, on tapote sur le contour de l'oeil avec le bout de l'index en partant du coin interne vers le coin externe. Puis on lisse le contour intérieur en appuyant très légèrement point par point. Appliquez ensuite quelques secondes un coton inhibé d'une eau florale conservée au réfrigérateur.

perdre 10 kilos en deux semaines à

Malaises d'estomac. Une mauvaise digestion peut entraîner trois genres de malaises d'estomac: les brûlures, qui apparaissent lorsque des sucs gastriques remontent de l' estomac jusqu'à l'oesophage (reflux gastro-oesophagien), les crampes qui surviennent lorsque l' estomac se contracte et les rots (ou éructations) qui sont l'expulsion, parfois bruyante, de l'air avalé. Les malaises peuvent être accompagnés des symptômes suivants: Brûlures d'estomac. peuvent être associées à une digestion lente; peuvent s'accompagner de maux de ventre, de nausées, de douleurs dans la poitrine et, dans certains cas, d'une perte de poids; peuvent donner un goût acide dans la bouche en cas de régurgitation, un changement de la voix ou de la toux et une difficulté (dysphagie) ou une douleur à la déglutition (odynophagie). Crampes d'estomac se manifestent habituellement par un inconfort à la partie supérieure de l'abdomen; peuvent être accompagnées par une diarrhée, de la constipation ou des ballonnements; peuvent se manifester de manière intermittente ou constante (p. ex. ulcère). Rots (ou éructations) phénomène banal et sans gravité, mais pouvant devenir inconfortable; peuvent être associés aux brûlures d'estomac. Brûlures d'estomac. Reflux gastro-oesophagien. Il est dû à un mauvais fonctionnement de la valve qui sépare l'estomac de l'oesophage et qui entraîne une irritation de l'oesophage par l'acidité gastrique. La valve se fermant mal, les sucs gastriques remontent et viennent irriter les muqueuses de l'oesophage. Acidité. En même temps que des brûlures, l'acidité contenue dans l' estomac peut créer une plaie dans la paroi de l' estomac causant un ulcère. Elle peut également entraîner certains types d'asthme et des troubles dentaires ou une oesophagite dans les cas de régurgitation. Certains médicaments. Les inhibiteurs calciques (contre l'hypertension artérielle et les maladies cardiaques), les nitrates (prescrits contre l'insuffisance cardiaque), la progestérone (hormone contenue dans les contraceptifs oraux), la plupart des anti-inflammatoires et les aspirines risquent de causer des brûlures. Mauvaises habitudes de vie. Les excès de table, une alimentation riche en gras ou en épices, des repas pris à n'importe quelle heure et le tabagisme. Hernie hiatale. Elle est due à la pression abdominale qui fait remonter l' estomac dans le diaphragme. Ce phénomène empêche la valve (sphincter) qui sépare l' estomac de l'oesophage de se refermer correctement et entraîne des reflux gastro-oesophagiens. Stress. En augmentant la production de sécrétion d'acide dans l' estomac, le stress peut entraîner des brûlures. Crampes d'estomac Comportements alimentaires. Ingurgitation trop rapide de nourriture, de mets épicés ou d'aliments acides sont les principales causes des crampes d'estomac. Ulcères d' estomac (maladie acidopeptique). Si les inconforts ou les crampes disparaissent pour une courte période après avoir mangé, il peut s'agir d'un problème relié à l'acidité laissant suggérer une maladie ulcéreuse. Les ulcères peuvent être la conséquence d'une consommation d'anti-inflammatoires ou d'aspirine, mais aussi de la présence de la bactérie Helicobacter pylori. Intoxication alimentaire. Elle entraîne une contraction involontaire de l'estomac qui réagit contre le virus, la bactérie ou la toxine. Troubles de motilité de l' estomac. Il s'agit d'une perturbation des mouvements de l' estomac pour évacuer les aliments. Cela se manifeste après les repas, par une sensation d'inconfort, accompagnée d'une impression de digestion lente, de satiété précoce, de nausées et de ballonnement abdominal. Maladies de l'appareil digestif. La colite ulcéreuse, la maladie de Crohn, l'appendicite, la diverticulite et certains cancers peuvent se manifester entre autres par des crampes d'estomac. Rots (ou éructations) Aérophagie. Mauvaise habitude ou tic qui consiste à avaler trop d'air en mangeant et en buvant. Une trop grande quantité d'air dans l'intestin entraînera une sensation de ballonnement, des gaz et des rots. Il faut savoir que la gomme à mâcher active la salivation et favorise l'absorption d'air. Consommation de bière et de boissons gazeuses. Ces boissons et la majorité des liquides pétillants peuvent causer des rots, parce qu'ils contiennent d'infimes bulles d'air. Et les bulles qui entrent dans l'estomac doivent inévitablement en ressortir. Diabète et maladies systémiques. En empêchant une bonne contraction de l' estomac, ces maladies entraînent causent une mauvaise évacuation des gaz. Brûlures d'estomac. Modifier son alimentation. Il est important de faire plusieurs petits repas par jour pour éviter de surcharger l' estomac. Portez attention à ce que vous mangez et tentez de découvrir quels sont les aliments qui peuvent provoquer des brûlures d'estomac. Ils peuvent varier d'une personne à l'autre mais, règle générale, ceux-ci en sont particulièrement responsables: fritures et autres aliments gras, chocolat, menthe, café, thé, boissons gazeuses, lait, bière, vin, tomates et aliments épicés. Consommez-les avec modération. Éviter les repas tardifs. Comme la position allongée fait inévitablement remonter les sucs gastriques dans l' estomac ou dans l'oesophage, veillez à manger au moins trois heures avant de vous coucher. Et abstenez-vous de repas trop copieux: plus on surcharge l' estomac, plus les sucs gastriques remontent dans l'oesophage. Utiliser des antiacides. Si le besoin se fait sentir, n'hésitez pas à recourir aux antiacides et à des médicaments appelés anti-H2, qui sont en vente libre. Ils ont pour but de neutraliser ou de diminuer les sécrétions de sucs gastriques. Les antiacides ne remplacent pas le traitement médical. Si les brûlures ne cessent pas, il faut consulter le médecin. Surélever la tête du lit. En élevant votre tête de lit d'une douzaine de centimètres, vous contribuez à faire diminuer le reflux. Pour que l'élévation soit égale et efficace, il faut placer des morceaux de bois ou de briques sous les pieds de la tête du lit (odrmir avec des oreillers supplémentaires ne suffit pas, car les oreillers bougent, finissent par s'aplatir et risquent de tomber par terre). Perdre du poids. Comme l'embonpoint crée une pression abdominale qui favorise les brûlures d'estomac, le problème pourrait aisément disparaître si vous perdez quelques kilos. Prendre quelques petites habitudes. Desserrer votre pantalon pendant que vous mangez vous aidera à prévenir ou soulager les symptômes. Attention à l'aspirine et aux anti-inflammatoires. Des recherches ont démontré que des doses importantes d'aspirine peuvent faire saigner l' estomac et entraîner des brûlures d'estomac. Par exemple, si vous prenez deux aspirines par semaine pour soulager un mal de tête, vous risquez peu, mais si vous prenez de l'aspirine tous les jours, demandez à votre médecin qu'il vous propose une solution de rechange ou prenez de l'acétaminophène. Cesser de fumer. La nicotine et tous les produits chimiques contenus dans la cigarette peuvent augmenter la sécrétion d'acidité de l' estomac et provoquer ou aggraver le reflux. Demandez l'aide de votre médecin si vous éprouvez des difficultés à cesser de fumer. Apprendre à maîtriser le stress. Il y a différentes façons de limiter l'impact négatif du stress sur notre vie: faire de l'exercice, avoir une alimentation équilibrée, s'accorder de bonnes nuits de sommeil, réduire ou éliminer l'alcool et le tabac, s'attribuer un horaire réaliste de travail, prendre du temps pour soi, accomplir ses activités préférées, etc. Surtout, prendre un jour à la fois. Crampes d'estomac Porter une attention particulière à l'alimentation et au stress. Suivez les conseils d'usage touchant une alimentation saine et équilibrée; par exemple, café, cola, chocolat, alcool et matières grasses peuvent favoriser des troubles de motilité de l' estomac en augmentant l'irritation. Vous devez également réduire votre consommation d'aliments épicés. Être à l'écoute de son corps. Avant de consulter un médecin, tentez de découvrir ce qui peut provoquer vos crampes. Notez l'intensité, la fréquence, la durée des crampes, le moment où elles arrivent, si elles sont localisées ou si elles irradient ailleurs dans votre corps ainsi que les facteurs qui les soulagent. Ces renseignements aideront votre médecin à poser son diagnostic. Boire beaucoup d'eau dans le cas d'une intoxication alimentaire. Il est important de boire de petites quantités de liquide à intervalles réguliers en augmentant les quantités de manière progressive. Rots (ou éructations) Éviter certaines boissons. La bière, les boissons gazeuses et tous les autres liquides pétillants produisent des bulles dans l'estomac. Préférez l'eau ou les jus. Ne pas utiliser de paille pour boire: cela augmente la quantité d'air absorbée avec le liquide. Bannir la gomme à mâcher. Mâcher de la gomme augmente la quantité de salive dans la bouche. Quand vous avalez cette salive, vous avalez aussi de l'air. Mâcher lentement et la bouche fermée. Vous éviterez ainsi d'avaler de l'air et vous favoriserez une bonne digestion. Buvez après les repas. Chassez la nervosité. Certaines personnes font des rots sans arrêt lorsqu'elles sont nerveuses. Si c'est votre cas, efforcez-vous de retrouver votre calme. Vos brûlures d'estomac persistent malgré la modification de vos habitudes. Les antiacides ne sont d'aucune utilité. Vous avez perdu du poids. Vous avez de la difficulté à avaler. Les crampes persistent, elles nuisent à votre qualité de vie et vous inquiètent.

perdre du poids rapidement et naturellement belle

US Search Mobile Web. Welcome to the Yahoo Search forum! We’d love to hear your ideas on how to improve Yahoo Search. The Yahoo product feedback forum now requires a valid Yahoo ID and password to participate. You are now required to sign-in using your Yahoo email account in order to provide us with feedback and to submit votes and comments to existing ideas. If you do not have a Yahoo ID or the password to your Yahoo ID, please sign-up for a new account. If you have a valid Yahoo ID and password, follow these steps if you would like to remove your posts, comments, votes, and/or profile from the Yahoo product feedback forum. Vote for an existing idea ( ) or Post a new idea… Hot ideas Top ideas New ideas Category Status My feedback. Improve your services. Your search engine does not find any satisfactory results for searches. It is too weak. Also, the server of bing is often off. I created a yahoo/email account long ago but I lost access to it; can y'all delete all my yahoo/yahoo account except for my newest YaAccount. I want all my lost access yahoo account 'delete'; Requesting supporter for these old account deletion; 'except' my Newest yahoo account this Account don't delete! Because I don't want it interfering my online 'gamble' /games/business/data/ Activity, because the computer/security program might 'scure' my Information and detect theres other account; then secure online activities/ business securing from my suspicion because of my other account existing will make the security program be 'Suspicious' until I'm 'secure'; and if I'm gambling online 'Depositing' then I need those account 'delete' because the insecurity 'Suspicioun' will program the casino game 'Programs' securities' to be 'secure' then it'll be 'unfair' gaming and I'll lose because of the insecurity can be a 'Excuse'. Hope y'all understand my explanation! I want all my lost access yahoo account 'delete'; Requesting supporter for these old account deletion; 'except' my Newest yahoo account this Account don't delete! Because I don't want it interfering my online 'gamble' /games/business/data/ Activity, because the computer/security program might 'scure' my Information and detect theres other account; then secure online activities/ business securing from my suspicion because of my other account existing will make the security program be 'Suspicious' until I'm 'secure'; and if I'm gambling online 'Depositing' then I need those account 'delete' because the insecurity 'Suspicioun' will program the casino game 'Programs' securities' to be… more.

remede de grand mere pour maigrir vite et gratuitement en

Sujets de bac: le roman. Sujet ecrit roman es et ssujet d’ecrit pour l’epreuve anticipee de francais. series es-s. objet d’etude: le roman et ses personnages: visions de l’homme et du monde. textes: 2010. Objet d’étude: Le roman et ses personnages: visions de l’homme et du monde. Texte A: Honoré de Balzac, Illusions perdues, 1843. Texte B: Emile Zola, L’Œuvre, 1886. Texte C: Marguerite Duras, Un barrage contre le Pacifique, 1950. Texte D: Isabelle Jarry, Le Jardin Yamata, 1999. Texte A: Honoré de Balzac, Illusions perdues, « Un grand homme de province à Paris », 1843. [Lucien de Rubempré. un jeune poète, a quitté Angoulême, sa ville natale, pour tenter sa chance à Paris. Il y rencontre un journaliste, Etienne Lousteau, qui lui fait découvrir la vie nocturne parisienne. Dans cet extrait, ils sont au « Panorama Dramatique », une salle de spectacle de médiocre qualité.] Etienne et Lucien perdirent un certain temps à errer dans les corridors et à parlementer avec les ouvreuses 1. – Allons dans la salle, nous parlerons au directeur qui nous prendra dans sa loge. D’ailleurs je vous présenterai à l’héroïne de la soirée, à Florine. Sur un signe de Lousteau, le portier de l’Orchestre prit une petite clef et ouvrit une porte perdue dans un gros mur. Lucien suivit son ami, et passa soudain du corridor illuminé au trou noir qui, dans presque tous les théâtres, sert de communication entre la salle et les coulisses. Puis, en montant quelques marches humides, le poète de province aborda la coulisse, où l’attendait le spectacle le plus étrange. L’étroitesse des portants 2, la hauteur du théâtre, les échelles à quinquets 3, les décorations si horribles vues de près, les acteurs plâtrés 4, leurs costumes si bizarres et faits d’étoffes si grossières, les garçons à vestes huileuses, les cordes qui pendent, le régisseur qui se promène son chapeau sur la tête, les comparses 5 assises, les toiles de fond suspendues, les pompiers, cet ensemble de choses bouffonnes, tristes, sales, affreuses, éclatantes ressemblait si peu à ce que Lucien avait vu de sa place au théâtre que son étonnement fut sans bornes. On achevait un bon gros mélodrame 6 intitulé Bertram, pièce imitée d’une tragédie de Maturin qu’estimaient infiniment Nodier, lord Byron et Walter Scott 7, mais qui n’obtint aucun succès à Paris. – Ne quittez pas mon bras si vous ne voulez pas tomber dans une trappe, recevoir une forêt sur la tête, renverser un palais ou accrocher une chaumière, dit Etienne à Lucien. Florine est-elle dans sa loge, mon bijou? dit-il à une actrice qui se préparait à son entrée en scène en écoutant les acteurs. – Oui, mon amour. Je te remercie de ce que tu as dit de moi. Tu es d’autant plus gentil que Florine entrait ici. – Allons, ne manque pas ton effet, ma petite, lui dit Lousteau. Précipite-toi haut la patte! dis-moi bien: Arrête, malheureux! car il y a deux mille francs de recette. Lucien stupéfait vit l’actrice se composant en s’écriant: Arrête, malheureux! de manière à le glacer d’effroi. Ce n’était plus la même femme. – Voilà donc le théâtre, dit-il à Lousteau. – C’est comme la boutique de la Galerie de Bois 8 et comme un journal pour la littérature, une vraie cuisine 9, lui répondit son nouvel ami. 1. ouvreuses: femmes dont le rôle est de placer les spectateurs dans une salle de spectacle. 2. portants: montants qui soutiennent un élément du décor, un appareil d’éclairage au théâtre. 3. échelles à quinquets: échelles munies de lampes formant des rampes d’éclairage. 4. acteurs plâtrés: acteurs dont le visage est excessivement maquillé. 5. comparses: acteurs qui remplissent un rôle muet, personnages dont le rôle est insignifiant. 6. mélodrame: œuvre dramatique accompagnée de musique. 7. Maturin (1782-1824): romancier irlandais; Nodier (1780-1844): écrivain français; Lord Byron (1788-1824): artiste, écrivain, poète anglais; Walter Scott (1771-1832): poète et écrivain écossais. 8. la Galerie de Bois: est dépeinte ensuite par Balzac comme « un bazar ignoble »; « la boutique » est une librairie à côté d’autres commerces plus ou moins recommandables. 9. une vraie cuisine: un mélange de genres invraisemblable. Texte B: Emile Zola, L’Œuvre, 1886. [Claude Lantier est un peintre sans succès qui cherche à imposer une nouvelle forme d’art pictural. Il évolue dans le milieu des artistes parisiens, qui tous connaissent des fortunes diverses. Il rencontre Christine avec qui il s’installe à la campagne pour un bonheur de courte durée Elle lui donne un fils, Jacques, et le couple retrouve Paris.] Après le refus de son troisième tableau, l’été fut si miraculeux, cette année-là, que Claude sembla y puiser une nouvelle force. Pas un nuage, des journées limpides sur l’activité géante de Paris. Il s’était remis à courir la ville, avec la volonté de chercher un coup, comme il disait: quelque chose d’énorme, de décisif, il ne savait pas au juste. Et, jusqu’à septembre, il ne trouva rien, se passionnant pendant une semaine pour un sujet, puis déclarant que ce n’était pas encore ça. Il vivait dans un continuel frémissement, aux aguets, toujours à la minute de mettre la main sur cette réalisation de son rêve, qui fuyait toujours. Au fond, son intransigeance de réaliste cachait des superstitions de femme nerveuse, il croyait à des influences compliquées et secrètes: tout allait dépendre de l’horizon choisi, néfaste ou heureux. Une après-midi, par un des derniers beaux jours de la saison, Claude avait emmené Christine, laissant le petit Jacques à la garde de la concierge, une vieille brave femme, comme ils faisaient d’ordinaire, quand ils sortaient ensemble. C’était une envie soudaine de promenade, un besoin de revoir avec elle des coins chéris autrefois, derrière lequel se cachait le vague espoir qu’elle lui porterait chance. Et ils descendirent ainsi jusqu’au pont Louis-Philippe, restèrent un quart d’heure sur le quai aux Ormes, silencieux, debout contre le parapet 1, à regarder en face, de l’autre côté de la Seine, le vieil hôtel du Martoy, où ils s’étaient aimés. Puis, toujours sans une parole, ils refirent leur ancienne course, faite tant de fois; ils filèrent le long des quais, sous les platanes, voyant à chaque pas se lever le passé; et tout se déroulait, les ponts avec la découpure de leurs arches sur le satin de l’eau, la Cité 2 dans l’ombre que dominaient les tours jaunissantes de Notre-Dame, la courbe immense de la rive droite, noyée de soleil, terminée par la silhouette perdue du pavillon de Flore, et les larges avenues, les monuments des deux rives, et la vie de la rivière, les lavoirs, les bains, les péniches. Comme jadis, l’astre à son déclin les suivait, roulant sur les toits des maisons lointaines, s’écornant 3 derrière la coupole de l’Institut: un coucher éblouissant, tel qu’ils n’en avaient pas eu de plus beau, une lente descente au milieu de petits nuages, qui se changèrent en un treillis de pourpre 4, dont toutes les mailles lâchaient des flots d’or. Mais, de ce passé qui s’évoquait, rien ne venait qu’une mélancolie invincible, la sensation de l’éternelle fuite, l’impossibilité de remonter et de revivre. Ces antiques pierres demeuraient froides, ce continuel courant sous les ponts, cette eau qui avait coulé, leur semblait avoir emporté un peu d’eux-mêmes, le charme du premier désir, la joie de l’espoir. Maintenant qu’ils s’appartenaient, ils ne goûtaient plus ce simple bonheur de sentir la pression tiède de leurs bras, pendant qu’ils marchaient doucement, comme enveloppés dans la vie énorme de Paris. 1. parapet: balustrade, rambarde à hauteur de poitrine qui borde les ponts. 2. la Cité: île de la Cité, sur laquelle est implantée la cathédrale Notre-Dame. 3. s’écornant: ici, diminuant. 4. le treillis de pourpre: les nuages se présentent de façon enchevêtrée, comme un maillage qui se défait en jouant avec la lumière du couchant. Texte C: Marguerite Duras, Un barrage contre le Pacifique, 1950. [Dans Un barrage contre le Pacifique, roman inspiré de son enfance, Marguerite Duras raconte l’histoire d’une famille. Une mère, son fils (Joseph) et sa fille (Suzanne), colons en Indochine française, sont confrontés à la misère; en cause, les terres impropres à la culture qui leur ont été attribuées par l’administration française L’extrait qui suit ouvre la seconde partie de l’œuvre. Il s’agit de montrer la grande ville coloniale, ses rues, son quartier blanc, ses trafics, ses lieux de loisirs.] Les quartiers blancs de toutes les villes coloniales du monde étaient toujours, dans ces années-là, d’une impeccable propreté. Il n’y avait pas que les villes. Les blancs aussi étaient très propres. Dès qu’ils arrivaient, ils apprenaient à se baigner tous les jours, comme on fait des petits enfants, et à s’habiller de l’uniforme colonial, du costume blanc, couleur d’immunité 1 et d’innocence. Dès lors, le premier pas était fait. La distance augmentait d’autant, la différence première était multipliée, blanc sur blanc, entre eux et les autres, qui se nettoyaient avec la pluie du ciel et les eaux limoneuses 1 des fleuves et des rivières. Le blanc est en effet extrêmement salissant. Aussi les blancs se découvraient-ils du jour au lendemain plus blancs que jamais, baignés, neufs, siestant à l’ombre de leurs villas, grands fauves à la robe fragile. Dans le haut quartier n’habitaient que les blancs qui avaient fait fortune. Pour marquer la mesure surhumaine de la démarche blanche, les rues et les trottoirs du haut du quartier étaient immenses. Un espace orgiaque 3, inutile était offert aux pas négligents des puissants au repos. Et dans les avenues glissaient leurs autos caoutchoutées 4, suspendues, dans un demi-silence impressionnant. Tout cela était asphalté 5, large, bordé de trottoirs plantés d’arbres rares et séparés en deux par des gazons et des parterres de fleurs le long desquels stationnaient les files rutilantes des taxis torpédos 6. Arrosées plusieurs fois par jour, vertes, fleuries, ces rues étaient aussi bien entretenues que les allées d’un immense jardin zoologique où les espèces rares des blancs veillaient sur elles-mêmes. Le centre du haut quartier était leur vrai sanctuaire. C’était au centre seulement qu’à l’ombre des tamariniers 7 s’étalaient les immenses terrasses de leurs cafés. Là, le soir, ils se retrouvaient entre eux. Seuls les garçons de café étaient encore indigènes, mais déguisés en blancs, ils avaient été mis dans des smokings, de même qu’auprès d’eux les palmiers des terrasses étaient en pots. Jusque tard dans la nuit, installés dans des fauteuils en rotin derrière les palmiers et les garçons en pots et en smokings 8, on pouvait voir les blancs, suçant pernod 9, whisky-soda, ou martel-perrier 10, se faire, en harmonie avec le reste, un foie bien colonial. 1. immunité: privilège dont bénéficient les diplomates étrangers, leur famille, le personnel étranger des ambassades et certains membres d’organismes internationaux, les soustrayant à la législation du pays où ils résident. 2. limoneuses: boueuses. 3. orgiaque: l’adjectif est à prendre ici dans le sens de « excessif ». 4. caoutchoutées: garnies de caoutchouc. On fait ici référence aux pneus des voitures qui leur permettent de se déplacer silencieusement et confortablement. 5. asphalté: recouvert de bitume. 6. torpédos: automobiles anciennes décapotables. 7. tamariniers: grands arbres pouvant atteindre vingt mètres de hauteur, poussant dans les régions tropicales. 8. « les palmiers et les garçons en pots et en smokings »: la phrase précédente éclaire le sens. Les indigènes ont été « déguisés » et « mis dans des smokings » comme les palmiers avaient « été mis en pots ». 9. pernod: boisson alcoolisée à base d’anis. 10. martel-perrier: cocktail à base de cognac et d’eau minérale gazeuse. Texte D: Isabelle Jarry, Le Jardin Yamata, 1999. [Agathe, la narratrice, va au Japon pour tenter d’éclaircir le mystère de ses origines familiales. Dans les années 1930-1940, son grand-père a vécu à Kyoto et aurait participé à la création d’un jardin japonais, le jardin Yamata.] J’arrivai à la ville en milieu de matinée. La journée était si radieuse que l’air même paraissait s’être allégé, je respirai à fond et cela me faisait à chaque inspiration l’effet d’une légère ivresse. La dame de la billetterie refusa d’un geste mes pièces de cent yens et me fit signe d’entrer. Elle continuait de parler comme si je la comprenais, je ne saisis dans ses paroles que le nom de Miyazawa, j’entrai dans le jardin et le cherchai des yeux. La vive clarté du jour donnait à l’ensemble du jardin une beauté particulière, un relief que seules soulignent les lumières de demi-saison, quand quelque changement se prépare et que brusquement entrent en résonance les qualités concentrées de ces périodes de l’année où le climat bascule. Je parcourais une fois encore l’allée que j’avais suivie des dizaines de fois déjà, et la vision que j’avais de ce que je connaissais pourtant si bien se trouvait comme renouvelée, rehaussée par l’éclat flatteur du soleil printanier. Je clignais des yeux devant l’étang aux facettes brillantes, sous la surface glissaient les carpes aux couleurs mélangées, orange, jaune d’or, noir mat, blanc nacré, bleu ardoise, jaune pâle vermillon. Leurs corps fuselés se croisaient dans l’eau, parfois un dos rouge affleurait, frôlant un flanc d’un blanc rosé, les couleurs de pigmentation se brouillaient dans le miroitement de l’onde et l’on finissait par oublier les poissons, pour ne plus distinguer qu’un ballet de couleurs furtives, langues de pinceaux agités par quelque main invisible. Je fis le tour complet du jardin et ce n’est qu’en revenant vers la maison que je vis le jardinier, assis sur les tatamis 1 de la grande pièce, face au paysage qu’il contemplait, les yeux perdus vers les hauteurs des collines. Je m’approchai en silence, ôtai mes chaussures sur la pierre plate du seuil et m’assis sur le bord de la galerie. Alors seulement je remarquai que le vieil homme ne portait pas ses vêtements de travail. Je ne distinguais pas bien le bas du corps – il était agenouillé sur ses talons -, mais en haut il portait une veste de kimono d’un ocre foncé, dont le grain de tissu laissait apparaître une trame plus sombre. Sous l’encolure de sa veste, la bordure de son kimono de dessous dépassait, d’un bleu soutenu à fines rayures noires. Il me fit signe de le rejoindre sur le tatami et je vins m’asseoir à côté de lui. – En ce moment, dit-il, c’est à cette place qu’on a la plus belle vue du jardin. C’était sans doute celle qui offrait le rapport le plus harmonieux entre le jardin lui-même et l’arrière-plan. La forêt était alors constellée d’érables dont les jeunes feuilles venaient émailler le vert profond des camphriers 2 de leurs pousses vert tendre. Ce fond contrasté faisait ressortir l’agencement parfait du jardin. De cette place, on aurait pu croire que l’eau qui alimentait la cascade venait du sous-bois voisin, partie plus en amont encore d’une source de montagne. L’œil se perdait et à sa suite entraînait l’esprit qui se prenait à divaguer par-delà l’infinité. On ne pensait plus, on abandonnait tout raisonnement pour se laisser aller à la sensation pure. 1. tatamis: tapis de sol. 2. camphriers: arbustes d’Extrême Orient (lauriers du Japon). I- Après avoir lu tous les textes du corpus, vous répondrez â la question suivante (4 points): Les textes du corpus, à travers la description des lieux, mettent-ils en lumière la même vision du monde? Votre réponse n’excédera pas une vingtaine de lignes. II. Vous traiterez ensuite, au choix, l’un des sujets suivants (16 points): Vous commenterez le texte d’Honoré de Balzac, extrait des Illusions perdues (texte A). Balzac, dans son roman Le père Goriot, alors qu’il décrit le personnage de Madame Vauquer et la pension qu’elle dirige, écrit: « Toute sa personne explique la pension, comme la pension implique sa personne. » En vous appuyant sur les textes du corpus et sur vos lectures personnelles, vous direz comment la description contribue à la construction des personnages et de l’univers romanesque. « Toute sa personne explique la pension, comme la pension implique sa personne. » Vous rédigerez une page de roman dans laquelle les lieux laissent deviner la psychologie d’un personnage. 2010. Objet d’étude: Le roman et ses personnages: visions de l’homme et du monde. Texte A: François Mauriac, Le Baiser au lépreux (1922). Texte B: Marguerite Duras, Le Ravissement de Lol V. Stein (1964). Texte C: Olivier Adam, Falaises (2005). Texte A: François Mauriac, Le Baiser au lépreux (1922). [Il s’agit du début du roman. Le décor est celui d’un petit village des Landes écrasé par la chaleur estivale. Jean Péloueyre souffre de sa laideur, qui l’isole des autres et dont il est douloureusement complexé, jusqu’à l’obsession torturante.] Jean Péloueyre, étendu sur son lit, ouvrit les yeux. Les cigales autour de la maison crépitaient. Comme un liquide métal, la lumière coulait à travers les persiennes. Jean Péloueyre, la bouche amère, se leva. Il était si petit que la glace du trumeau 1 refléta sa pauvre mine, ses joues creuses, un nez long, au bout pointu, rouge et comme usé, pareil à ces sucres d’orge qu’amincissent, en les suçant, de patients petits garçons. Les cheveux ras s’avançaient en angle aigu sur son front déjà ridé: une grimace découvrit ses gencives, des dents mauvaises. Bien que jamais il ne se fût tant haï, il s’adressa à lui-même de pitoyables paroles: « Sors, promène-toi, pauvre Jean Péloueyre! » et il caressait de la main une mâchoire mal rasée. Mais comment sortir sans éveiller son père? Entre une heure et quatre heures, M. Jérôme Péloueyre exigeait un silence solennel: ce temps sacré de son repos l’aidait à ne pas mourir de nocturnes insomnies. Sa sieste engourdissait la maison: pas une porte ne devait se fermer ni s’ouvrir, pas une parole ni un éternuement troubler le prodigieux silence à quoi, après dix ans de supplications et de plaintes, il avait dressé Jean, les domestiques, les passants eux-mêmes accoutumés, sous ses fenêtres, à baisser la voix. Les carrioles évitaient, par un détour, de rouler devant sa porte. En dépit de cette complicité autour de son sommeil, à peine éveillé, M, Jérôme en accusait un choc d’assiettes, un aboi, une toux. Etait-il persuadé qu’un absolu silence lui eût assuré un repos sans fin relié à la mort comme à l’Océan un fleuve? Toujours mal réveillé et grelottant même durant la canicule, il s’asseyait avec un livre près du feu de la cuisine. Son crâne chauve reflétait la flamme. Cadette vaquait à ses sauces sans prêter au maître plus d’attention qu’aux jambons des solives 2. Lui, au contraire, observait la vieille paysanne, admirant que, née sous Louis-Philippe, des révolutions, des guerres, de tant d’histoire, elle n’eût rien connu, hors le cochon qu’elle nourrissait et dont la mort, à chaque Noël, humectait de chiches 3 larmes ses yeux chassieux 4. En dépit de la sieste paternelle, la fournaise extérieure attira Jean Péloueyre; d’abord elle l’assurait d’une solitude: au long de la mince ligne d’ombre des maisons, il glisserait sans qu’aucun rire fusât des seuils où les filles cousent. Sa fuite misérable suscitait la moquerie des femmes; mais elles dorment encore environ la deuxième heure après midi, suantes et geignantes à cause des mouches. Il ouvrit, sans qu’elle grinçât, la porte huilée, traversa le vestibule où les placards déversent leur odeur de confitures et de moisissure, la cuisine ses relents de graisse. Ses espadrilles, on eût dit qu’elles ajoutaient au silence. Il décrocha sous une tête de sanglier son calibre connu de toutes les pies 5 du canton: Jean Péloueyre était un ennemi juré des pies. 1. trumeau: miroir encadré et surmonté d’un panneau décoratif. 2. solives: poutres. 3. chiche: peu abondant. 4. chassieux: humide d’une matière gluante. 5. pie: oiseau voleur, à plumage noir et blanc. Texte B: Marguerite Duras, Le Ravissement de Lol V. Stein (1964). [Nous sommes ici à l’ouverture du roman.] Lol V. Stein est née ici, à S.Tahla, et elle y a vécu une grande partie de sa jeunesse. Son père était professeur à l’Université. Elle a un frère plus âgé qu’elle de neuf ans – je ne l’ai jamais vu – on dit qu’il vit à Paris. Ses parents sont morts. Je n’ai rien entendu dire sur l’enfance de Lol V.Stein qui m’ait frappé, même par Tatiana Karl, sa meilleure amie durant leurs années de collège. Elles dansaient toutes les deux, le jeudi, dans le préau vide. Elles ne voulaient pas sortir en rang avec les autres, elles préféraient rester au collège. Elles, on les laissait faire, dit Tatiana, elles étaient charmantes, elles savaient mieux que les autres demander cette faveur, on la leur accordait. On danse, Tatiana? Une radio dans un immeuble voisin jouait des danses démodées, une émission-souvenir, dont elles se contentaient. Les surveillantes envolées, seules dans le grand préau où ce jour-là, entre les danses, on entendait le bruit des rues, allez Tatiana, allez viens, on danse Tatiana, viens. C’est ce que je sais. Cela aussi: Lol a rencontré Michael Richardson à dix-neuf ans pendant des vacances scolaires, un matin, au tennis. Il avait vingt-cinq ans. Il était le fils unique de grands propriétaires terriens des environs de T. Beach. I! ne faisait rien. Les parents consentirent au mariage. Lol devait être fiancée depuis six mots,!e mariage devait avoir lieu à l’automne, Lol venait de quitter définitivement le collège, elle était en vacances à T. Beach lorsque le grand bal de la saison eut lieu au Casino municipal. Tatiana ne croit pas au rôle prépondérant de ce fameux bal de T. Beach dans!a maladie de Lol V. Stein. Tatiana Karl, elle, fait remonter plus avant, plus avant même leur amitié, les origines de cette maladie. Elles étaient là, en Lol V. Stein, couvées, mais retenues d’éclore par la grande affection qui l’avait toujours entourée dans sa famille et puis au collège ensuite. Au collège, dit-elle, et elle n’était pas la seule à le penser, il manquait déjà quelque chose à Lol pour être – elle dit: là. Elle donnait l’impression d’endurer dans un ennui tranquille une personne qu’elle se devait de paraître mais dont elle perdait la mémoire à la moindre occasion. Gloire de douceur mais aussi d’indifférence, découvrait-on très vite, jamais elle n’avait paru souffrir ou être peinée, jamais on ne lui avait vu une larme de jeune fille. Tatiana dit encore que Lol V. Stein était jolie, qu’au collège on se la disputait bien qu’elle fût dans les mains comme l’eau parce que le peu que vous reteniez d’elle valait la peine de l’effort. Lol était drôle, moqueuse, impénitente 1 et très fine bien qu’une part d’elle- même eût été toujours en allée loin de vous et de l’instant. Où? Dans le rêve adolescent? Non, répond Tatiana, non, on aurait dit dans rien encore, justement, rien. Etait-ce le cœur qui n’était pas là? Tatiana aurait tendance à croire que c’était peut-être en effet le cœur de Lol V, Stein qui n’était pas – elle dit: là – il allait venir sans doute, mais elle, elle ne l’avait pas connu. Oui, il semblait que c’était cette région du sentiment qui, chez Lol, n’était pas pareille. Lorsque le bruit avait couru des fiançailles de Lol V. Stein, Tatiana, elle, n’avait cru qu’à moitié à cette nouvelle: qui Lol aurait-elle bien pu découvrir, qui aurait retenu son attention entière? Quand elle connut Michael Richardson et qu’elle fut témoin de la folle passion que Lol lui portait, elle en fut ébranlée mais il lui resta néanmoins encore un doute: Lol ne faisait-elle pas une fin de son cœur inachevé? Je lui ai demandé si la crise de Lol, plus tard, ne lui avait pas apporté la preuve qu’elle se trompait. Elle m’a répété que non, qu’elle croyait que cette crise et Lol ne faisaient qu’un depuis toujours. Je ne crois plus rien de ce que dit Tatiana, je ne suis convaincu de rien. 1. impénitente: incorrigible. Texte C: Olivier Adam, Falaises (2005). [Dans ce roman autobiographique, Olivier Adam présente un personnage qui revient sur son passé traumatisant: la disparition d’êtres chers et en particulier la mort prématurée de sa mère qui s’est jetée du haut d’une falaise. Il s’agit du début du roman.] Ici la nuit est profonde et noire comme le monde. De l’autre côté des baies vitrées, séparée du dehors et des falaises, protégée du bruit de la mer et de la compagnie des oiseaux, Claire dort et qui sait où nous allons. Chloé est dans ses bras, paisible et légère contre sa poitrine. J’allume des bougies dans la nuit. Ma main plonge dans le plastique transparent, j’en sors de petits ronds d’aluminium remplis de cire blanche. Je craque une allumette. Il y a vingt ans que ma mère est morte. Vingt ans jour pour jour. Les falaises se découpent dans le tissu du ciel. Je contemple des fantômes, des corps chutant dans la lumière. Je me retourne et sur la vitre se reflètent mon visage usé, mes traits tirés prématurément vieillis. Claire ouvre un instant les yeux, Chloé fourre son pouce dans sa bouche, et se colle à son dos. J’allume une cigarette et le bout incandescent fait un rond, un point lumineux au milieu du noir et du blanc. Sur le balcon où je veille en surplomb de la plage, deux transats se font face. Je m’allonge sur l’un d’eux. Une couverture me protège du froid qui descend et s’amplifie. Mon regard se perd à l’ouest. J’ai trente et un ans et ma vie commence. Je n’ai pas d’enfance et, désormais, n’importe laquelle me conviendra. Ma mère est morte et tous les miens s’en sont allés. La vie m’a fait une table rase où Claire et moi nous nous asseyons, où Chloé s’est invitée, un sourire très doux au coin des lèvres. J’ai trente et un ans et ma vie commence ainsi, perdue dans la nuit maritime. Derrière moi, à peine plus concrètes que des ombres, moins denses qu’un peu de fumée, Claire et Chloé me regardent, la plus petite au creux de la plus grande, toutes deux figées dans le silence de!a chambre d’hôtel. Claire me sourit puis se rendort, et leurs respirations se confondent. Ici la nuit est profonde et noire de monde. Ma mère marche sur la lande, comme une fée somnambule. Antoine et Nicolas, Lorette et les autres dansent autour des flammes, les yeux clos et le visage tendu vers le ciel. Léa se tient tout au bord, sur la pointe des pieds comme sur un fil, à deux doigts du vide, funambule, équilibriste. I- Après avoir lu tous les textes du corpus, vous répondrez â la question suivante (4 points): Dans ces débuts de romans, comment le lecteur découvre-t-il le personnage principal? Vous justifierez votre réponse en étudiant certains procédés mis en œuvre par les auteurs. II. Vous traiterez ensuite, au choix, l’un des sujets suivants (16 points): Vous commenterez le texte d’Olivier Adam (texte C). Le roman peut-i! intéresser son lecteur à des personnages ordinaires et malheureux? Vous fonderez: votre réflexion sur les textes du corpus, sur les œuvres que vous avez étudiées et sur votre culture personnelle. A son réveil, Monsieur Jérôme, le père de Jean Péloueyre, se rend dans la chambre de son fils et découvre le journal que Jean tient depuis son enfance. Un passage retient son attention: Jean, être exclu par sa laideur, raconte et analyse un épisode douloureux de sa vie. Vous rédigerez cet extrait de journal et ferez part des réactions du père à cette lecture (minimum 70 lignes). N.B.: vous ne signerez pas votre lettre. 2011. Objet d’étude: Le roman et ses personnages: visions de l’homme et du monde. TEXTE A: Stendhal (1783-1842), La Charlreuse de Parme, livre l, chapitre 1 (1839). TEXTE B: Honoré de Balzac (1799-1850), Une Ténébreuse Affaire, troisième partie, chapitre XXI « Le bivouac de l’Ernpereur » (1843). TEXTE C: Victor Hugo (1802-1885), Les Misérables, deuxième partie, chapitre XIII « La catastrophe » (1862). TEXTE D: Patrick Rambaud (1946-), La Bataille (1997). Annexe: tableau de Jacques-Louis David (1748-1825), « Le Premier consul franchissant les Alpes au col du Grand Saint-Bernard » (1800). Texte A – Stendhal (1783-1842), La Chartreuse de Parme, livre l, chapitre 1 (1839). [L’extrait suivant se situe au début du roman. Celui-ci évoque l’entrée de Napoléon Bonaparte à Milan en mai 1796, mettant fin à la domination de l’Autriche sur l’Italie. Des officiers français sont logés chez de riches Milanais, et notamment chez le marquis deI Dongo, partisan des Autrichiens. Les Français ne seront chassés qu’en 1799.] Nous avouerons que, suivant l’exemple de beaucoup de graves auteurs, nous avons commencé l’histoire de notre héros une année avant sa naissance. Ce personnage essentiel n’est autre, en effet, que Fabrice Valserra, marchesino 1 Del Dongo, comme on dit à Milan. Il venait justement de se donner la peine de naître lorsque les Français furent chassés, et se trouvait, par le hasard de la naissance, le second fils de ce marquis Del Dongo si grand seigneur, et dont vous connaissez déjà le gros visage blême, le sourire faux et la haine sans bornes pour les idées nouvelles. Toute la fortune de la maison était substituée au fils aîné Ascagnio Del Dongo, le digne portrait de son père. Il avait huit ans, et Fabrice deux, lorsque, tout à coup, ce général Bonaparte, que tous les gens bien nés croyaient pendu depuis longtemps, descendit du mont Saint-Bernard. Il entra dans Milan: ce moment est encore unique dans l’histoire; figurez-vous tout un peuple amoureux fou. Peu de jours après, Napoléon gagna la bataille de Marengo. Le reste est inutile à dire. [ … ] Peu de jours après la victoire, le général français, chargé de maintenir la tranquillité dans la Lombardie, s’aperçut que tous les fermiers des nobles, que toutes les vieilles femmes de la campagne, bien loin de songer encore à cette étonnante victoire de Marengo qui avait changé les destinées de l’Italie et reconquis treize places fortes en un jour, n’avaient l’âme occupée que d’une prophétie de saint Giovita, le premier patron de Brescia. Suivant cette parole sacrée, les prospérités des Français et de Napoléon devaient cesser treize semaines juste après Marengo. Ce qui excuse un peu le marquis Del Dongo et tous les nobles boudeurs des campagnes, c’est que réellement et sans comédie, ils croyaient à la prophétie. Tous ces gens-là n’avaient pas lu quatre volumes en leur vie; ils faisaient ouvertement leurs préparatifs pour rentrer à Milan au bout des treize semaines; mais le temps, en s’écoulant, marquait de nouveaux succès pour la cause de la France. De retour à Paris, Napoléon, par de sages décrets, sauvait la révolution à l’intérieur comme il l’avait sauvée à Marengo contre les étrangers. Alors les nobles lombards, réfugiés dans leurs châteaux, découvrirent que d’abord ils avaient mal compris la prédiction du saint patron de Brescia: il ne s’agissait pas de treize semaines mais bien de treize mois. Les treize mois s’écoulèrent, et la prospérité de la France semblait s’augmenter tous les jours. 1. Marchesino: titre donné, en Italie, à tous les fils de marquis. Texte B – Honoré de Balzac (1799-1850), Une Ténébreuse Affaire, troisième partie, chapitre XXI « Le bivouac de l’Empereur » (1843). [Le roman s’inspire de faits historiques. Riche en péripéties, il débute avec l’évocation d’un complot de monarchistes contre Bonaparte, alors Premier consul (1799-1804), qui aboutit à un procès suivi de condamnations. Laurence de Saint­Cygne, une royaliste impliquée dans la conspiration, vient avec un de ses proches, le marquis de Chargeboeuf, demander la grâce de ses cousins sur le champ de bataille où se trouve Napoléon, devenu entre temps empereur (1804). On est à la veille de la bataille de Iéna (1806).] L’Empereur descendit. Au premier mouvement qu’il fit, Roustan son fameux rnameluck 1 s’empressa de venir tenir le cheval. Laurence était stupide d’étonnement: elle ne croyait pas à tant de simplicité. – Je passerai la nuit sur ce plateau, dit l’Empereur. En ce moment le grand-maréchal Duroc, que le gendarme avait enfin trouvé, vint au marquis de Chargeboeuf et lui demanda la raison de son arrivée; le marquis lui répondit qu’une lettre écrite paf son ministre des affaires extérieures lui dirait combien il était urgent qu’ils obtinssent, mademoiselle de Saint-Cygne et lui, une audience de l’Empereur. – Sa majesté va dîner sans doute à son bivouac, dit Duroc en prenant la lettre, et quand j’aurai vu ce dont il s’agit, je vous ferai savoir si cela se peut. – Brigadier, dit-il au gendarme, accompagnez cette voiture et menez-la près de la cabane en arrière. Monsieur de Chargeboeuf suivit le gendarme, et arrêta sa voiture derrière une misérable chaudière bâtie en bois et en terre, entourée de quelques arbres fruitiers, et gardée par des piquets d’infanterie et de cavalerie. On peut dire que la majesté de la guerre éclatait là dans toute sa splendeur. De ce sommet, les lignes des deux armées se voyaient éclairées par la lune. Après une heure d’attente, remplie par le mouvement perpétuel d’aides de camp partant et revenant, Duroc, qui vint chercher mademoiselle de Saint-Cygne et le marquis de Chargeboeuf, les fit entrer dans la chaumière, dont le plancher était en terre battue comme celui de nos aires de grange. Devant une table desservie et devant un feu de bois vert qui fumait, Napoléon était assis sur une chaise grossière. Ses bottes, pleines de boue, attestaient ses courses à travers champs. Il avait ôté sa fameuse redingote, et alors son célèbre uniforme vert, traversé par son grand cordon rouge, rehaussé par le dessous blanc de sa culotte de casimir 2 et de son gilet, faisait admirablement bien valoir sa pâle et terrible figure césarienne. Il avait la main sur une carte dépliée, placée sur ses genoux. Berthier se tenait debout dans son brillant costume de vice-connétable de l’Empire. Constant, le valet de chambre, présentait à l’Empereur son café sur un plateau. – Que voulez-vous? dit-il avec une feinte brusquerie en traversant par le rayon de son regard la tête de Laurence. Vous ne craignez donc plus de me parler avant la bataille? De quoi s’agit-il? – Sire, dit-elle en le regardant d’un œil non moins fixe, je suis mademoiselle de Saint-Cygne. – Eh bien? répondit-il d’une voix colère en se croyant bravé par ce regard. – Ne comprenez-vous donc pas? Je suis la comtesse de Saint-Cygne, et je vous demande grâce, dit-elle en tombant à genoux et en lui tendant le placet 3 rédigé par Talleyrand, apostlllé 4 par l’Impératrice, par Cambacérès et par Malin. L’Empereur releva gracieusement la suppliante en lui jetant un regard fin et lui dit: – Serez-vous sage enfin? Comprenez-vous ce que doit être l’Empire français? – Ah! je ne comprends en ce moment que l’Empereur, dit-elle vaincue par la bonhomie avec laquelle l’homme du destin avait dit ces paroles qui faisaient pressentir la grâce. – Sont-ils innocents? demanda l’Empereur. – Tous, dit-elle avec enthousiasme. 1. Mameluck: soldat d’origine orientale formant la garde personnelle de l’Empereur. 2. Le casimir est un tissu léger. 3. Placet: lettre sollicitant une grâce. 4. Apostillé: annoté. Texte C – Victor Hugo (1802-1885), Les Misérables, deuxième partie, chapitre XIII « La catastrophe » (1862). [Le narrateur évoque longuement, au début de la seconde parlie du roman, un événement historique: la bataille de Waterloo du 18 juin 1815. L’armée française emmenée par Napoléon fut vaincue par l’armée alliée commandée par Wellington – composée principalement de Britanniques et de Hollandais – et par l’armée prussienne dirigée par le général Blücher.] La victoire s’acheva par l’assassinat des vaincus. Punissons, puisque nous sommes l’histoire: le vieux Blücher se déshonora. Cette férocité mit le comble au désastre. La déroute désespérée traversa Genappe, traversa les Quatre-Bras, traversa Gosselies, traversa Fresnes, traversa Charleroi, traversa Thuin, et ne s’arrêta qu’à la frontière. Hélas! et qui donc fuyait de la sorte la grande armée? Ce vertige, cette terreur, cette chute en ruine de la plus haute bravoure qui ait jamais étonné l’histoire, est-ce que cela est sans cause? Non, l’ombre d’une droite 1 énorme se projette sur Waterloo. C’est la journée du destin. La force au dessus de [‘homme a donné ce jour-là. De là le pli épouvanté des têtes; de là toutes ces grandes âmes rendant leur épée. Ceux qui avaient vaincu l’Europe sont tombés terrassés, n’ayant plus rien à dire ni à faire, sentant dans l’ombre une présence terrible. Hoc erat in fatis 2, Ce jour-là, la perspective du genre humain a changé. Waterloo, c’est le gond du dix-neuvième siècle. La disparition du grand homme était nécessaire à l’avènement du grand siècle. Quelqu’un à qui on ne réplique pas s’en est chargé. La panique des héros s’explique. Dans la bataille de Waterloo, il y a plus que du nuage, il y a du météore. Dieu a passé. A la nuit tombante, dans un champ près de Genappe, Bernard et Bertrand saisirent par un pan de sa redingote et arrêtèrent un homme hagard, pensif, sinistre, qui, entraîné jusque là par le courant de la déroute, venait de mettre pied à terre, avait passé sous son bras la bride de son cheval, et, l’œil égaré, s’en retournait seul vers Waterloo. C’était Napoléon essayant encore d’aller en avant, immense somnambule de ce rêve éveillé. 1. Droite: main divine. 2.Hoc erat in fatis: locution latine signifiant « cela était formulé par les Dieux », « c’était fatal ». Texte D – Patrick Rambaud (1946-), La Bataille (1997). [Ce texte constitue t’ouverture du roman, lequel évoque la campagne d’Allemagne et d’Autriche, marquée par la défaite d’Essling, en mai 1809.] Le mardi 6 mai 1809, dans la matinée, une berline entourée de cavaliers sortit de Schönbrunn pour longer à petit train la rive droite du Danube. C’était une voiture ordinaire, de couleur olive, sans écussons. A son passage des paysans autrichiens ôtaient leur chapeaux noirs à large bord, par prudence mais sans respect, car ils connaissaient les officiers, qui trottaient sur leurs chevaux arabes à crinière longue, une peau de panthère sous les fesses, avec des uniformes à la hongroise, blancs, écarlates, chargés d’or, une plume de héron au shako 1: ces jeunes messieurs accompagnaient partout Berthier, le major général de l’armée d’occupation. Par la vitre abaissée, une main s’agita au bout d’une manche. Aussitôt, le grand écuyer Caulaincourt, qui maintenait son cheval contre la portière, serra sa monture des genoux, enleva son bicorne et ses gants avec des gestes d’acrobate, puis il détacha d’un bouton de sa veste une carte pliée des environs de Vienne qu’il tendit en saluant. La voiture s’arrêta peu après devant le fleuve jaune et rapide. Un mameluk en turban sauta du siège des laquais, déplia le marchepied, ouvrit la porte et exagéra des courbettes. L’Empereur descendit de la voiture en mettant son chapeau de castor au poil roussi par les repassages. Il avait Jeté comme une cape, sur son habit de grenadier, sa redingote en drap gris de Louviers. Sa culotte était tachée d’encre parce qu’il avait la manie d’y essuyer ses plumes: avant la parade quotidienne il avait dû signer une brassée de décrets, puisqu’il voulait tout décider, depuis la distribution de souliers neufs à la Garde jusqu’à l’approvisionnement des fontaines parisiennes, mille détails qui souvent ne relevaient pas de cette guerre qu’il menait en Autriche. Napoléon commençait à s’empâter. Son gilet de casimir serrait un ventre déjà rond, il n’avait plus de cou, presque pas d’épaules. Son regard détaché ne s’enflammait que sous la colère. Ce jour-là il était maussade, la bouche pincée. Quand il avait eu la certitude que l’Autriche s’armait contre lui, il était rentré en cinq jours de Valladolid à Saint-Cloud, crevant au galop on ne sait combien de chevaux. Lui qui dormait alors dix heures par nuit et deux heures dans son bain, grâce à ses revers en Espagne et à cette nouvelle équipée, il retrouvait d’un coup son endurance et sa force. 1. Shako: couvre-chef militaire. Annexe: tableau de Jacques-Louis David (1748-1825), Le Premier consul franchissant les Alpes au col du Grand Saint-Bernard (1800). I- Après avoir lu tous les textes du corpus, vous répondrez d’abord â la question suivante (4 points): Confrontez les images de Napoléon qui se dégagent de ces quatre textes. II. Vous traiterez ensuite, au choix, l’un des sujets suivants (16 points): Vous ferez le commentaire du texte de Victor Hugo (texte C). De nombreux romans sont nourris d’événements et de personnages historiques. En tant que lecteur, trouvez-vous que ces matériaux donnent de l’intérêt au roman? Vous répondrez dans un développement organisé, en vous appuyant sur les textes du corpus, les œuvres étudiées en classe et vos lectures personnelles. Un jeune milanais, « amoureux fou » de Napoléon Bonaparte, a assisté à son entrée dans Milan. Le soir même, il évoque l’événement dans son journal intime. Vous rédigerez un passage de ce journal où il exprime son enthousiasme et son émotion. Vous pouvez vous aider du tableau de David reproduit en annexe. 2011. Objet d’étude: Le roman et ses personnages: visions de l’homme et du monde. Texte A: Victor Hugo, Les Misérables, 4ème partie, livre 12 (1862). Texte B: Gustave Flaubert, L’Education sentimentale, 3ème partie, I (1869). Texte C: Emile Zola, La Fortune des Rougon, I, (1871). Texte A: Victor Hugo, Les Misérables, 4ème partie, livre 12 (1862). [Gavroche, un gamin de Paris, aide les insurgés qui construisent une barricade, au cours de l’émeute parisienne de juin 1832. ] Gavroche, complètement envolé et radieux, s’était chargé de la mise en train. Il allait, venait, montait, descendait, remontait, bruissait, étincelait. Il semblait être là pour l’encouragement de tous. Avait-il un aiguillon? oui certes, sa misère; avait-il des ailes? oui certes, sa joie. Gavroche était un tourbillonnement. On le voyait sans cesse, on l’entendait toujours. Il remplissait l’air, étant partout à la fois. C’était une espèce d’ubiquité 1 presque irritante; pas d’arrêt possible avec lui. L’énorme barricade le sentait sur sa croupe. Il gênait les flâneurs, il excitait les paresseux, il ranimait les fatigués, il impatientait les pensifs, mettait les uns en gaieté, les autres en haleine, les autres en colère, tous en mouvement, piquait un étudiant, mordait un ouvrier; se posait, s’arrêtait, repartait, volait au-dessus du tumulte et de l’effort, sautait de ceux-ci à ceux-là, murmurait, bourdonnait, et harcelait tout l’attelage; mouche de l’immense Coche révolutionnaire. Le mouvement perpétuel était dans ses petits bras et la clameur perpétuelle dans ses petits poumons: – Hardi! encore des pavés! encore des tonneaux! encore des machins! où y en a-t-il? Une hottée 2 de plâtras pour me boucher ce trou-là. C’est tout petit votre barricade. Il faut que ça monte. Mettez-y tout, flanquez-y tout, fichez-y tout. Cassez la maison. Une barricade, c’est le thé de la mère Gibou 3. Tenez, voilà une porte vitrée. Ceci fit exclamer les travailleurs. – Une porte vitrée! Qu’est-ce que tu veux qu’on fasse d’une porte vitrée, tubercule 4? – Hercules vous-mêmes! riposta Gavroche. Une porte vitrée dans une barricade, c’est excellent. Ça n’empêche pas de l’attaquer, mais ça gêne pour la prendre. Vous n’avez donc jamais chipé des pommes par-dessus un mur où il y avait des culs de bouteilles? Une porte vitrée, ça coupe les cors aux pieds de la garde nationale 5 quand elle veut monter sur une barricade. Pardi! le verre est traître. Ah ça, vous n’avez pas une imagination effrénée, mes camarades! 1. Capacité d’être dans plusieurs lieux à la fois. 2. Contenu d’une hotte pleine. 3. Boisson faite de beaucoup de mélanges. 4. Racine qui est une réserve nutritive pour une plante; ici, allusion à la petite taille de Gavroche. 5. Soldats envoyés pour mater la révolte. Texte B: Gustave Flaubert, L’Education sentimentale, 3ème partie, I (1869). [Frédéric, le héros de l’Education sentimentale, assiste avec son ami Hussonnet au saccage du Palais des Tuileries, au cours de la Révolution de 1848.] Tout à coup la Marseillaise retentit. Hussonnet et Frédéric se penchèrent sur la rampe. C’était le peuple. Il se précipita dans l’escalier, en secouant à flots vertigineux des têtes nues, des casques, des bonnets rouges, des baïonnettes et des épaules, si impétueusement, que des gens disparaissaient dans cette masse grouillante qui montait toujours, comme un fleuve refoulé par une marée d’équinoxe, avec un long mugissement, sous une impulsion irrésistible. En haut, elle se répandit, et le chant tomba. On n’entendait plus que les piétinements de tous les souliers, avec le clapotement des voix. La foule inoffensive se contentait de regarder. Mais, de temps à autre, un coude trop à l’étroit enfonçait une vitre; ou bien un vase, une statuette déroulait d’une console, par terre. Les boiseries pressées craquaient. Tous les visages étaient rouges; la sueur en coulait à larges gouttes; Hussonnet fit cette remarque: – « Les héros ne sentent pas bon! » – « Ah! vous êtes agaçant », reprit Frédéric. Et poussés malgré eux, ils entrèrent dans un appartement où s’étendait, au plafond, un dais de velours rouge. Sur le trône, en dessous, était assis un prolétaire à barbe noire, la chemise entr’ouverte, l’air hilare et stupide comme un magot 1. D’autres gravissaient l’estrade pour s’asseoir à sa place. – « Quel mythe! » dit Hussonnet. « Voilà le peuple souverain! » Le fauteuil fut enlevé à bout de bras, et traversa toute la salle en se balançant. – « Saprelotte! comme il chaloupe! Le vaisseau de l’Etat est ballotté sur une mer orageuse! Cancane-t-il 2! Cancane-t-il! » On l’avait approché d’une fenêtre, et, au milieu des sifflets, on le lança. – « Pauvre vieux! » dit Hussonnet en le voyant tomber dans le jardin, où il fut repris vivement pour être promené ensuite jusqu’à la Bastille, et brûlé. Alors, une joie frénétique éclata, comme si, à la place du trône, un avenir de bonheur illimité avait paru; et le peuple, moins par vengeance que pour affirmer sa possession, brisa, lacéra les glaces et les rideaux, les lustres, les flambeaux, les tables, les chaises, les tabourets, tous les meubles, jusqu’à des albums de dessins, jusqu’à des corbeilles de tapisserie. Puisqu’on était victorieux, ne fallait-il pas s’amuser! La canaille s’affubla ironiquement de dentelles et de cachemires. Des crépines 3 d’or s’enroulèrent aux manches des blouses, des chapeaux à plumes d’autruche ornaient la tête des forgerons, des rubans de la Légion d’honneur firent des ceintures aux prostituées. Chacun satisfaisait son caprice; les uns dansaient, d’autres buvaient. Dans la chambre de la reine, une femme lustrait ses bandeaux avec de la pommade; derrière un paravent, deux amateurs jouaient aux cartes; Hussonnet montra à Frédéric un individu qui fumait son brûle-gueule 4 accoudé sur un balcon; et le délire redoublait au tintamarre continu des porcelaines brisées et des morceaux de cristal qui sonnaient, en rebondissant, comme des lames d’harmonica. 1. Singe; figurine chinoise grotesque en porcelaine. Au sens figuré: homme très laid. 2. Danse le cancan, une danse excentrique. 3. Franges de tissu à fonction décorative. 4. Pipe à tuyau très court. Texte C: Emile Zola, La Fortune des Rougon, I, (1871). [Le coup d’Etat du 2 décembre 1851, organisé par Louis-Napoléon Bonaparte, a suscité en Provence des insurrections républicaines, notamment dans le département du Var. C’est cette révolte que décrit Zola au début de La Fortune des Rougon.] La bande descendait avec un élan superbe, irrésistible. Rien de plus terriblement grandiose que l’irruption de ces quelques milliers d’hommes dans la paix morte et glacée de l’horizon. La route, devenue torrent, roulait des flots vivants qui semblaient ne pas devoir s’épuiser; toujours, au coude du chemin, se montraient de nouvelles masses noires, dont les chants enflaient de plus en plus la grande voix de cette tempête humaine. Quand les derniers bataillons apparurent, il y eut un éclat assourdissant. La Marseillaise emplit le ciel, comme soufflée par des bouches géantes dans de monstrueuses trompettes qui la jetaient, vibrante, avec des sécheresses de cuivre, à tous les coins de la vallée. Et la campagne endormie s’éveilla en sursaut; elle frissonna tout entière, ainsi qu’un tambour que frappent les baguettes; elle retentit jusqu’aux entrailles, répétant par tous ses échos les notes ardentes du chant national. Alors ce ne fut plus seulement la bande qui chanta; des bouts de l’horizon, des rochers lointains, des pièces de terre labourées, des prairies, des bouquets d’arbres, des moindres broussailles, semblèrent sortir des voix humaines; le large amphithéâtre qui monte de la rivière à Plassans, la cascade gigantesque sur laquelle coulaient les bleuâtres clartés de la lune, étaient comme couverts par un peuple invisible et innombrable acclamant les insurgés; et, au fond des creux de la Viorne 1, le long des eaux rayées de mystérieux reflets d’étain fondu, il n’y avait pas un trou de ténèbres où des hommes cachés ne parussent reprendre chaque refrain avec une colère plus haute. La campagne, dans l’ébranlement de l’air et du sol, criait vengeance et liberté. Tant que la petite armée descendit la côte, le rugissement populaire roula ainsi par ondes sonores traversées de brusques éclats, secouant jusqu’aux pierres du chemin. 1. Rivière qui coule près de la ville de Plassans. I- Après avoir lu tous les textes du corpus, vous répondrez â la question suivante (4 points): Quelles visions du peuple les trois extraits du corpus donnent-ils? II. Vous traiterez ensuite, au choix, l’un des sujets suivants (16 points): Vous commenterez le texte C: La Fortune des Rougon d’Emile Zola. Un philosophe a déclaré qu’il avait beaucoup plus appris sur l’économie et la politique dans les romans de Balzac qu’en lisant les économistes et les historiens. Dans quelle mesure la lecture des romans permet-elle de connaître une période historique et une société? Vous rédigerez un développement structuré, qui s’appuiera sur les textes du corpus, les romans que vous avez étudiés en classe et vos lectures personnelles. Rentrée chez elle, la femme aux bandeaux (texte B, dernier paragraphe) raconte à sa famille la prise des Tuileries à laquelle elle a participé. Vous exprimerez ses émotions et ses sentiments. Vous veillerez à mêler description et narration. 2012 SERIE L. Objet d’étude: Le personnage de roman du XVlII ème siècle à nos jours. Texte A: Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1857. Texte B: Guy de Maupassant, Bel Ami, 1885. Texte C: Alain Robbe-Grillet, La Jalousie, 1957. Texte D: Georges Perec, Les Choses, Une histoire des années soixante, 1965. Texte A: Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1857. [Emma, jeune fille romanesque a épousé un médiocre officier de santé et elle s’ennuie. Un événement vient rompre la monotonie de son existence: les deux époux sont invités à un bal, chez le marquis d’Andervilliers.] Emma se sentit, en entrant, enveloppée par un air chaud, mélange du parfum des fleurs et du beau linge, du fumet des viandes et de l’odeur des truffes. Les bougies des candélabres allongeaient des flammes sur les cloches d’argent; les cristaux à facettes, couverts d’une buée mate, se renvoyaient des rayons pâles; des bouquets étaient en ligne sur toute la longueur de la table, et dans les assiettes à larges bordures, les serviettes, arrangées en manière de bonnet d’évêque, tenaient entre le bâillement de leurs deux plis chacune un petit pain de forme ovale. [ … ] Madame Savary remarqua que plusieurs dames n’avaient pas mis leurs gants dans leurs verres. Cependant, au bout de la table, seul parmi toutes ces femmes, courbé sur son assiette remplie et la serviette nouée dans le dos comme un enfant, un vieillard mangeait, laissant tomber de sa bouche des gouttes de sauce. Il avait les yeux éraillés et portait une petite queue enroulée d’un ruban noir. C’était le beau-père du marquis, le vieux duc de Laverdiére, l’ancien favori du comte d’Artois, dans le temps des parties de chasse au Vaudreuil, chez le marquis de Conflans, et qui avait été disait-on, l’amant de la reine Marie-Antoinette entre MM. De Coigny et de Lauzun. Il avait mené une vie bruyante de débauches, plei ne de duels, de paris, de femmes enlevées, avait dévoré sa fortune et effrayé toute sa famille. Un domestique derrière sa chaise, lui nommait tout haut, dans l’oreille, les plats qu’il désignait du doigt en bégayant; et sans cesse les yeux d’Emma revenaient d’eux-mêmes sur ce vieil homme à lèvres pendantes, comme sur quelque chose d’extraordinaire et d’auguste. Il avait vécu à la cour et couché dans le lit des reines! On versa du vin de Champagne à la glace. Emma frissonna de toute sa peau en sentant ce froid dans sa bouche. Elle n’avait jamais vu de grenades ni mangé d’ananas. Le sucre en poudre lui parut plus blanc et plus fin qu’ailleurs. Les dames, ensuite, montèrent dans leurs chambres s’apprêter pour le bal. Texte B: Guy de Maupassant, Bel Ami, livre 1. [Georges Duroy, jeune officier désargenté de retour d’Algéne, à la recherche d’un emploi, a rencontré à Paris son ami Forestier, journaliste à La Vie Française. Ce dernier, lors d’un repas à son domicile, lui permet de rencontrer M. Walter, directeur du journal: il compte lui présenter Georges et le faire embaucher en tant que journaliste.] Le dîner était fort bon; chacun s’extasiait. M. Walter mangeait comme un ogre, ne parlait presque pas, et considérait d’un regard oblique, glissé sous ses lunettes, les mets qu’on lui présentait. Norbert de Varenne lui tenait tête et laissait tomber pariais des gouttes de sauce sur son plastron de chemise. Forestier, souriant et sérieux, surveillait, échangeait avec sa femme des regards d’intelligence, à la façon de compères accomplissant ensemble une besogne difficile et qui marche à souhait. Les visages devenaient rouges, les voix s’enflaient. De moment en moment, le domestique murmurait à l’oreille des convives: « Corton-Château-Laroze? » Duroy avait trouvé le corton de son goût et il laissait chaque fois emplir son verre. Une gaieté délicieuse entrait en lui, une gaieté chaude, qui lui montait du ventre à la tête, lui courait dans les membres, le pénétrait tout entier. Il se sentait envahi par un bien-être complet, un bien-être de vie et de pensée, de corps et d’âme. Et une envie de parler lui venait, de se faire remarquer, d’être écouté, apprécié comme ces hommes dont on savourait les moindres expressions. Mais la causerie qui allait sans cesse, accrochant les idées les unes aux autres, sautant d’un sujet à l’autre sur un mot, un rien, après avoir fait le tour des événements du jour et avoir effleuré, en passant, mille questions, revint à la grande interpellation de Monsieur Morel sur la colonisation de l’Algérie. M. Walter, entre deux services, fit quelques plaisanteries car il avait l’esprit sceptique et gras. Forestier raconta son article du lendemain. Jacques Rival réclama un gouvernement militaire avec des concessions de terres accordées à tous les officiers après trente années de service colonial. [… ] Un léger silence suivit, on souriait. Georges Duroy ouvrit la bouche et prononça, surpris par le son de sa propre voix, comme s’il ne s’était jamais entendu parler: « Ce qui manque le plus là-bas, c’est la bonne terre. Les propriétés vraiment fertiles coûtent aussi cher qu’en France et sont achetées, comme placements de fonds, par des Parisiens très riches. Les vrais colons, les pauvres, ceux qui s’exilent faute de pain, sont rejetés dans le désert, où il ne pousse rien, par manque d’eau. » Tout le monde le regardait. Il se sentit rougir, M. Walter demanda: « Vous connaissez l’Algérie, Monsieur? » Texte C: Alain Robbe-Grillet, La Jalousie 1, 1957. [Dans une plantation, quelque part en Afrique, deux couples se retrouvent chaque soir sur une terrasse: A… et son mari que l’on ne voit jamais, y reçoivent Franck et son épouse Christiane.] Pour le dîner, Franck est encore là, souriant, loquace, affable. Christiane, cette fois ne l’a pas accompagné; elle est restée chez eux avec l’enfant, qui avait un peu de fièvre. Il n’est pas rare, à présent, que son mari vienne sans elle: à cause de l’enfant, à cause aussi des propres troubles de Christiane, dont la santé s’accommode mal de ce climat humide et chaud, à cause des ennuis domestiques qu’elle doit à ses serviteurs trop nombreux et mal dirigés. Ce soir, pourtant, A… paraissait l’attendre. Du moins avait-elle fait mettre quatre couverts. Elle donne l’ordre d’enlever tout de suite celui qui ne doit pas servir. Sur la terrasse, Franck se laisse tomber dans un des fauteuils bas et prononce son exclamation – désormais coutumière -au sujet de leur confort. Ce sont des fauteuils très simples, en bois et sangles de cuir, exécutés sur les indications de A… par un artisan indigène. Elle se penche vers Franck pour lui tendre son verre. Bien qu’il fasse tout à fait nuit maintenant, elle a demandé de ne pas emporter les lampes, qui -dit-elle -attirent les moustiques. Les verres sont emplis, presque jusqu’au bord, d’un mélange de cognac et d’eau gazeuse où flotte un petit cube de glace. Pour ne pas risquer d’en renverser le contenu par un faux mouvement, dans l’obscurité complète, elle s’est approchée le plus possible du fauteuil où est assis Franck, tenant avec précaution dans la main droite le verre qu’elle lui destine. Elle s’appuie de l’autre main au bras du fauteuil et se penche vers lui, si près que leurs têtes sont l’une contre l’autre. Il murmure quelques mots: un remerciement sans doute. Elle se redresse d’un mouvement souple, s’empare du troisième verre – qu’elle ne craint pas de renverser, car il est beaucoup moins plein – et va s’asseoir à côté de Franck, tandis que celui-ci continue l’histoire du camion en panne commencée dès son arrivée. C’est elle-même qui a disposé les fauteuils ce soir, quand elle les a fait apporter sur la terrasse. Celui qu’elle a désigné à Franck et le sien se trouvent côte à côte, contre le mur,de la maison -le dos au mur évidemment -sous la fenêtre du bureau. Elle a ainsi le fauteuil de Franck à sa gauche, et sur sa droite -mais plus en avant -la petite table où sont les bouteilles. 1. Le titre La Jalousie, évoque dans le roman les fenêtres à lames de la maison coloniale, mais aussi la jalousie du mari, le narrateur. Texte D: Georges Perec, Les Choses, Une histoire des années soixante, 1965. [Georges Perec décrit la vie quotidienne d’un jeune couple du 20e siècle, issu des classes moyennes, l’idée que ces jeunes gens se font du bonheur, les raisons pour lesquelles ce bonheur leur reste inaccessible… Dans le texte suivant, l’écrivain évoque leurs soirées entre amis.] Leur plus grand plaisir était d’oublier ensemble, c’est-à-dire de se distraire. Ils adoraient boire, d’abord, et ils buvaient beaucoup, souvent, ensemble. Ils fréquentaient le Harry’s New York Bar, rue Daunou, les cafés du Palais-Royal, le Balzar, Lipp, et quelques autres. Ils aimaient la bière de Munich, la Guiness, le gin, les punch bouillants ou glacés, les alcools de fruits. Ils consacraient parfois des soirées entières à boire, resserrés autour de deux tables rapprochées pour la circonstance, et ils parlaient interminablement, de la vie qu’ils auraient aimé mener, des livres qu’ils écriraient un jour, des travaux qu’ils aimeraient entreprendre, des films qu’ils avaient vus ou qu’ils allaient voir, de l’humanité, de la situation politique, de leurs vacances prochaines, de leurs vacances passées, d’une sortie à la campagne, d’un petit voyage à Bruges, à Anvers ou à Bâle. Et parfois se plongeant de plus en plus dans ces rêves collectifs, sans chercher à s’en éveiller, mais les relançant sans cesse avec une complicité tacite, ils finissaient par perdre tout contact avec la réalité. Alors, de temps en temps, une main simplement émergeait du groupe: le garçon arrivait, emportait les grès vides et en rapportait d’autres et bientôt la conversation, s’épaississant de plus en plus, ne roulait plus que sur ce qu’ils venaient de boire, sur leur ivresse, sur leur soif, sur leur bonheur. Ils étaient épris de liberté! Il leur semblait que le monde entier était à leur mesure; ils vivaient au rythme exact de leur soif, et leur exubérance était inextinguible; leur enthousiasme ne connaissait plus de bornes. Ils auraient pu marcher, courir, danser, chanter toute la nuit. Le lendemain, ils ne se voyaient pas. Les couples restaient enfermés chez eux, à la diète, écœurés, abusant de cafés noirs et de cachets effervescents. Ils ne sortaient qu’à la nuit tombée, allaient manger dans un snack-bar cher un steak nature. Ils prenaient des décisions draconiennes: ils ne fumeraient plus, ne boiraient plus, ne gaspilleraient plus leur argent. I- Après avoir lu tous les textes du corpus, vous répondrez â la question suivante (4 points): Ces quatre extraits mettent en scène des personnages au cours de repas ou de soirées. Montrez comment ces textes proposent différents modes de représentation des personnages principaux. II. Vous traiterez ensuite, au choix, l’un des sujets suivants (16 points): Vous commenterez le texte d’Alain Robbe-Grillet, extrait de La Jalousie (texte C). Dissertation. Attendez-vous d’un personnage de roman qu’il soit proche de vous? Vous répondrez à cette question en vous appuyant sur les romans que vous avez lus et étudiés ainsi que sur les textes du corpus. Invention. L’extrait de Madame Bovary (texte A) se clôt sur cette phrase: « Les dames, ensuite, montèrent dans leurs chambres s’apprêter pour le bal ». Imaginez le récit de l’épisode du bal vu à travers le regard émerveillé d’Emma. Question. B– Guy de Maupassant, Pierre et Jean, 1888. C– Albert Camus, L’Étranger, 1942. Comme Mlle de Chartres avait le cœur très noble et très bien fait, elle fut véritablement touchée de reconnaissance du procédé du prince de Clèves. Cette reconnaissance donna à ses réponses et à ses paroles un certain air de douceur qui suffisait pour donner de l’espérance à un homme aussi éperdument amoureux que l’était ce prince; de sorte qu’il se flatta d’une partie de ce qu’il souhaitait. Elle rendit compte à sa mère de cette conversation, et Mme de Chartres lui dit qu’il y avait tant de grandeur et de bonnes qualités dans M. de Clèves et qu’il faisait paraître tant de sagesse pour son âge que, si elle sentait son inclination portée à l’épouser, elle y consentirait avec joie. Mlle de Chartres répondit qu’elle lui remarquait les mêmes bonnes qualités; qu’elle l’épouserait même avec moins de répugnance qu’un autre, mais qu’elle n’avait aucune inclination particulière pour sa personne. Dès le lendemain, ce prince fit parler à Mme de Chartres; elle reçut la proposition qu’on lui faisait et elle ne craignit point de donner à sa fille un mari qu’elle ne pût aimer en lui donnant le prince de Clèves. Les articles4 furent conclus; on parla au roi, et ce mariage fut su de tout le monde. 1. Inclination: penchant, désir 2. De Guise est tombé amoureux de Mlle de Chartres peu après son ami de Clèves, dont il est ainsi devenu un rival 3. Il s’agit de la femme du roi (Catherine de Médicis), de la favorite du roi (Diane de Poitiers), de la sœur du roi et de l’épouse du fils du roi 4. Articles: écrits officiels faisant office de contrat. Puis, comme leurs deux visages se reflétaient, l’un contre l’autre, dans l’eau si claire dont les plantes noires du fond faisaient une glace limpide, Jean souriait à cette tête voisine qui le regardait d’en bas, et parfois, du bout des doigts, lui jetait un baiser qui semblait tomber dessus. – Ah! que vous êtes ennuyeux, disait la jeune femme; mon cher, il ne faut jamais faire deux choses à la fois. – Je n’en fais qu’une. Je vous aime. Elle se redressa, et d’un ton sérieux: – Voyons, qu’est-ce qui vous prend depuis dix minutes, avez-vous perdu la tête? – Non je n’ai pas perdu la tête. Je vous aime, et j’ose, enfin, vous le dire. Ils étaient debout maintenant dans la mare salée qui les mouillait jusqu’aux mollets, et les mains ruisselantes appuyées sur leurs filets, ils se regardaient au fond des yeux. Elle reprit, d’un ton plaisant et contrarié: – Que vous êtes malavisé de me parler de ça en ce moment! Ne pouviez-vous attendre un autre jour et ne pas me gâter ma pêche? – Pardon, mais je ne pouvais plus me taire. Je vous aime depuis longtemps. Aujourd’hui, vous m’avez grisé à me faire perdre la raison. Alors, tout à coup, elle sembla en prendre son parti, se résigner à parler d’affaires et à renoncer aux plaisirs. – Asseyons-nous sur ce rocher, dit-elle, nous pourrons causer tranquillement. Ils grimpèrent sur un roc un peu haut, et lorsqu’ils y furent installés côte à côte, les pieds pendants, en plein soleil, elle reprit: – Mon cher ami, vous n’êtes plus un enfant et je ne suis pas une jeune fille. Nous savons fort bien l’un et l’autre de quoi il s’agit, et nous pouvons peser toutes les conséquences de nos actes. Si vous vous décidez aujourd’hui à me déclarer votre amour, je suppose naturellement que vous désirez m’épouser. ll ne s’attendait guère à cet exposé net de la situation, et il répondit niaisement: – En avez-vous parlé à votre père et à votre mère? – Non, je voulais savoir si vous m’accepteriez. Elle lui tendit sa main encore mouillée, et comme il y mettait la sienne avec élan: – Moi, je veux bien, dit-elle. Je vous crois bon et loyal. Mais n’oubliez point que je ne voudrais pas déplaire à vos parents. – Oh! pensez-vous que ma mère n’a rien prévu et qu’elle vous aimerait comme elle vous aime si elle ne désirait pas un mariage entre nous? – C’est vrai, je suis un peu troublée. Ils se turent. Et il s’étonnait, lui, au contraire, qu’elle fût si peu troublée, si raisonnable. Il s’attendait à des gentillesses galantes, à des refus qui disent oui, à toute une coquette comédie d’amour mêlée à la pêche, dans le clapotement de l’eau! Et c’était fini, il se sentait lié, marié, en vingt paroles. Ils n’avaient plus rien à se dire puisqu’ils étaient d’accord et ils demeuraient maintenant un peu embarrassés tous deux de ce qui s’était passé, si vite, entre eux, un peu confus même, n’osant plus parler, n’osant plus pêcher, ne sachant que faire. Puis nous avons marché et traversé la ville par ses grandes rues. Les femmes étaient belles et j’ai demandé à Marie si elle le remarquait. Elle m’a dit que oui et qu’elle me comprenait. Pendant un moment, nous n’avons plus parlé. Je voulais cependant qu’elle reste avec moi et je lui ai dit que nous pouvions dîner ensemble chez Céleste430. Elle en avait bien envie, mais elle avait à faire. Nous étions près de chez moi et je lui ai dit au revoir. Elle m’a regardé: « Tu ne veux pas savoir ce que j’ai à faire? » Je voulais bien le savoir, mais je n’y avais pas pensé et c’est ce qu’elle avait l’air de me reprocher. Alors, devant mon air empêtré, elle a encore ri et elle a eu vers moi un mouvement de tout le corps pour me tendre sa bouche. 1. Marie est venue chercher Meursault sur son lieu de travail 2. Elle lui a posé la même question le samedi précédent, après une journée à la plage 3. Son patron lui a proposé le matin même un poste à Paris 430. Il s’agit d’un restaurant où se rend souvent Meursault. Introduction. Le cœur et le corps. Jean est un jeune homme sans expérience amoureuse, qui semble sincèrement épris de la jeune veuve. Il se dit « grisé » par elle et prend plaisir à la « frôl[er] », à lui envoyer des baisers du bout des doigts: sa manière de déclarer son amour est passablement maladroite. Il n’a pas compris qu’il a devant lui une femme de tête qui n’a plus le cœur au marivaudage, mais sait reconnaître en lui les qualités pour faire, à cette époque, un bon mari: il est « bon et loyal ». Meursault est encore jeune. Manifestement, il n’est pas dépourvu de séduction et Marie éprouve une attirance physique pour lui (« un mouvement de tout le corps pour [lui] tendre sa bouche »). Lui-même n’est pas indifférent à la beauté des femmes et il veut que Marie reste auprès de lui. Par sa froideur, son indifférence, il pourrait passer pour un goujat. Mais Marie, qui le connaît bien et l’aime, ne se choque pas de ses réponses déconcertantes (elle en « ri[t] »). Trois jeunes femmes très différentes. Mme Rosémilly rappelle qu’elle n’est plus une « jeune fille », sous-entendant qu’elle n’attend plus du mariage la révélation du plaisir des sens (la pêche aux crustacés lui apporte ses « plaisirs »). Pour cette femme de tête, le mariage s’apparente à un contrat avec ses arrangements plus qu’à l’union de deux cœurs. Marie est sensuelle, gaie, libre, sans préjugés. C’est l’impossibilité de communiquer avec Meursault qui détermine son attitude. Elle le prend tel qu’il est, même si elle ne le comprend pas. Comme Mme Rosémilly, c’est elle qui prend l’initiative de la demande en mariage parce qu’elle aime Meursault. Lucide, elle reconnaît qu’il pourrait un jour « la dégoûter ». Le respect des conventions? Mme Rosémilly dispose de sa main mais elle sait qu’une union réussie ne doit pas « déplaire » aux parents. Marie, elle, est affranchie de ces conventions et dispose librement de son cœur et de son corps. Elle garde son libre arbitre. Conclusion. Commentaire. Introduction. I. Le récit inhabituel d’une demande en mariage. 1. Une scène un peu ridicule. Un marivaudage un peu mièvre:Maupassant décrit avec ironie cette mise en abyme amoureuse. Jean se comporte comme un adolescent timide quand, devant leur reflet dans l’eau, « du bout des doigts, [il] lui [jette] un baiser », alors qu’il a en face de lui une femme, jeune mais déjà veuve et qui, par son expérience, ne doit plus être sensible à ces gamineries. La scène est rendue presque ridicule par les attentions naïves de Jean et sa comédie « du grand désespoir », triviale quand Maupassant décrit le couple « debout […] dans la mare salée qui les mouill[e] jusqu’aux mollets » alors qu’« ils se regard[ent] au fond des yeux ». Maupassant, en faisant remonter son regard sur le couple de leurs « mollets » jusqu’à leur visage, évoqué seulement par un cliché banal (« au fond des yeux »), souligne le vide affectif de cet échange muet. Paradoxalement, cette jeune pêcheuse est la proie espérée de Jean qui la « sui[t] pas à pas ». Mais cette proie est plus expérimentée que lui. 2. Une déclaration et une demande inhabituelles. Contrairement aux clichés de l’époque, selon lesquels dans ce genre de situation l’homme agit avec raison et la femme avec frivolité, ici, les rôles sontégalement inversés. C’est elle qui est « si peu troublée, si raisonnable » alors que Jean a d’abord minaudé, puis regrette qu’on ne joue pas à la « coquette comédie d’amour » qu’il escomptait. II. Deux personnages opposés aux motivations bien différentes. 1. Mme Rosémilly, une maîtresse femme. Mais elle sait s’adapter avec rapidité (« alors, tout à coup, elle sembla en prendre son parti »), et, la tête froide, elle interrompt les effusions de Jean par le rappel lucide de leur âge et de leur situation (« vous n’êtes plus un enfant », « je ne suis plus une jeune fille »). C’est elle qui pose les questions, dirige les réponses, parle pour elle et pour Jean, en alternant les « vous » et le « je » ou en les réunissant par « l’un et l’autre » ou « nous ». On ne sent pas vraiment d’enthousiasme dans sa décision: l’amour ne semble pas être sa motivation mais plutôt une estime raisonnable pour les qualités de Jean qu’elle croit « bon et loyal ». Ce n’est qu’après son exposé ferme et décidé qu’elle reconnaît qu’elle est « un peu troublée »… 2. Jean, un amoureux maladroit et naïf. Maupassant commente d’abord cette attitude en narrateur externe, ironiquement: « il répondit niaisement ». À la fin du passage, il franchit le pas et restitue en narrateur omniscient, au style indirect libre, les réflexions médiocres de son personnage sur l’accueil de sa déclaration et la tournure des événements, et sa déception de ne pouvoir déguster un peu plus longtemps ce mélange mièvre de « clapotement de l’eau » et de « coquette comédie d’amour ». Maupassant, amateur de femmes, n’a manifestement guère de sympathie pour cet apprenti séducteur sans envergure. Mais peut-être est-il un peu trop sévère envers son personnage? Après tout, ce dernier a de l’enthousiasme et il répond « avec élan » à la main offerte de Mme Rosémilly. Il est manifestement amoureux d’elle et ne sait pas dissimuler ses sentiments. Sa déclaration est sans doute maladroite, mais elle est directe et sincère quand il affirme à trois reprises « je vous aime ». Il y a chez lui un côté juvénile et naïf– c’est un jeune homme encore très lié à sa mère, comme le montre sa remarque « Oh! pensez-vous […] entre nous? » – et il est déçu de la rapidité et de la facilité avec laquelle Mme Rosémilly lui accorde sa main, comme le souligne l’intrusion que se permet Maupassant, au style indirect libre, dans l’intimité de ses réflexions. III. Une vision pessimiste et satirique. 1. Le mariage comme un contrat. Le temps des effusions où l’on se regarde « au fond des yeux » est réduit au minimum et le face-à-face amoureux devient un « côte à côte » où chacun doit garder la tête froide et les idées claires, comme le rappelle la jeune veuve qui se livre à « un exposé net » de la situation, avec un vocabulaire très rationnel: « Nous savons […] peser les conséquences de nos actes », « si vous vous décidez aujourd’hui ». Le contrat est validé par une poignée de main, comme pour un marché (« Elle lui tendit sa main […] il y mettait la sienne »). Il nécessite le consentement des « parents » (sur lequel portent la plupart des répliques de la fin du texte), même si, pour Jean, l’accord de sa mère suffit. Il n’y a pas d’enthousiasme dans ce projet matrimonial. Mme Rosémilly répond d’abord à Jean sur un « ton plaisant et contrarié » puis se « résign[e] à parler affaires ». Les modalisateurs« un peu » etle champ lexical de la gêne montrent cette tiédeur (« moi, je veux bien », « un peu troublée », « un peu embarrassés », « un peu confus »). La demande en mariage débouche sur le silence (« ils se turent », « n’osant plus parler », « ils n’avaient plus rien à se dire »), sur le vide (« c’était fini »), encore souligné par la multiplication des négations (« n’osant plus parler, n’osant plus pêcher, ne sachant que faire »). 2. Un piège dans lequel les plaisirs et l’amour n’ont pas de place. Après un instant d’effusion, les personnages sont de nouveau très distants, presque étrangers l’un pour l’autre (« côte à côte, les pieds pendants »), dans une attitude peu affectueuse. « Mon cher ami » est le seul terme affectif dont se sert Mme Rosémilly. Son jugement sur Jean (« bon et loyal ») implique qu’il fera un bon mari mais révèle une conception très conventionnelle et peu tendre du mariage et de l’amour. Jean a l’impression d’être pris dans les filets de cette pêcheuse à la tête froide. Ce mariagen’est pas le début d’une aventure, c’est une impasse. Il marque aussi la perte de la liberté pour Jean qui « se sen[t] lié ». Quelle autre échappatoire à ce genre de mariage que l’adultère? Conclusion. Dissertation. Introduction. I. Créer des ressemblances et des connivences pour proposer une vision du monde. 1. Des individus en phase qui révèlent une même vision du monde. C’est parfois par leurs paroles que les personnages romanesques se ressemblent et véhiculent une même conception du monde. Dans Le Père Goriot, Vautrin et Mme de Beauséant sont certes bien différents, aux deux extrêmes de la hiérarchie sociale (l’aristocrate et le forçat), mais leur discours sur la société parisienne se ressemble fort: ils partagent et exposent à Rastignac la même vision de ce monde où, pour « parvenir », il faut abdiquer toute morale, tout scrupule et accepter d’utiliser, de piétiner autrui. 2. Initiateur et disciple. Dans un cas de figure plus complexe, le héros reçoit l’enseignement – parfois divergent – de plusieurs initiateurs, qui multiplient alors les perspectives sur le monde. Ainsi, Julien Sorel dans Le Rouge et le Noir reçoit les conseils de l’abbé Chélan, de l’abbé Pirard, du marquis de La Mole, mais aussi des femmes: Mme de Rênal et Mathilde; tous lui offrent une vision du monde qu’il adopte un temps dans son parcours (voir aussi Rastignac, Vautrin, Goriot, Mme de Beauséant; Bel-Ami de Maupassant). Dans l’optique du schéma actantiel, ces personnages se situent généralement du côté des « adjuvants ». 3. Un personnage en phase avec un groupe qu’il représente. Le personnage, d’abord vecteur et porte-parole d’une vision du monde collective, devient le symbole d’une cause qu’il faut défendre par l’action mais aussi par la parole. Dans Germinal, Étienne Lantier, meneur et théoricien actif de la grève dans les mines du Nord, fait un discours pour dénoncer les abus et les injustices de la bourgeoisie capitaliste propriétaire des mines: tous les mineurs l’écoutent, subjugués, et son ascendant sur eux leur fait partager cette image d’un monde injuste et, par conséquent, la nécessité de se révolter pour rendre ce monde meilleur. II. Créer des antagonismes pour multiplier les perspectives. 1. Personnage contre personnage: le jeu des contrastes. Les relations entre deux individus établissent parfois des contrastes très violents qui se matérialisent souvent par des conflits et marquent encore plus évidemment l’opposition entre deux conceptions du monde, dont le narrateur, explicitement ou implicitement, privilégie l’une au détriment de l’autre (Jean Valjean et Javert ou Jean Valjean et les Thénardier dans les Misérables de Hugo) [ou exemple personnel ]. Dans ce cas de figure, le personnage de victime est éclairant: en mettant en valeur la puissance, l’ascendant néfaste ou la cruauté de son « ennemi », il indique clairement laquelle, entre deux conceptions du monde, a la faveur du narrateur et, au-delà, de l’auteur (Cosette, victime des Thénardier dans Les Misérables de Hugo) [ou exemple personnel ]. 2. L’individu contre un groupe ou contre la société. Le conflit peut ne pas être violemment déclaré, rester latent, mais il n’en est pas moins révélateur: ainsi, Meursault, l’Étranger de Camus, oppose à la société son indifférence et son absence de réaction et, par là même, rend manifestes l’injustice de la justice, le poids absurde des conventions. Mais le conflit peut aussi être plus dur et cruel. Les menées de Vautrin pour « parvenir » révèlent l’immoralité, la cruauté, la corruption et l’égoïsme de la société mondaine parisienne: tous sont prêts à vendre leur âme, à s’avilir pour de l’argent. Dans ce contexte, le combat – d’un tout autre ordre – du père Goriot pour garder l’amour de ses filles dévoile la même vision de ce monde décadent. Les relations complexes et conflictuelles que chaque personnage entretient avec cette société où tous luttent férocement, nouent des liens factices ou excluent sans pitié, permettent au lecteur de déchiffrer ce monde d’apparence et mettent en lumière la « comédie humaine ». 3. Des groupes en conflit. Les Liaisons dangereuses, de Laclos, opposent deux ensembles de personnages: les libertins, qui ne voient le monde qu’à travers la satisfaction de leur propre plaisir et de leur liberté, quitte à mener une vraie guerre morale; et ceux qui respectent la vertu et les principes religieux. Valmont, au fil du roman, passe d’un ensemble à l’autre, changeant de vision du monde. La fin du roman consacre certes la punition des « méchants » (lettre 173) et le rejet de leur conception de la vie, mais le dénouement n’offre « aucune consolation pour les malheureuses victimes ». Au total, Laclos, à travers cette guerre sans merci entre deux visions du monde, donne une image pessimiste de la vie. III. Des scènes clés qui construisent une vision du monde. 1. Scènes capitales de la vie. Mariage (exemples du corpus). Mort (mort de M. de Clèves; mort et enterrement du Père Goriot; mort de l’enfant vue par différents personnages dans La Peste ). 2. Scènes de rencontre, d’initiation et de rupture. Scènes d’initiation (à l’amour, à une activité…): Rastignac avec Mme de Beauséant puis avec Vautrin. Scènes de rupture [ exemple personnel ]. 3. Scènes d’action, scènes de délibération. Scènes de choix précédées d’une discussion: le révolutionnaire Tchen qui vient consulter son mentor Gisors dans La Condition humaine de Malraux [ + exemple personnel ]. Scènes de crise (sentimentale, existentielle…) [ exemple personnel ]. Conclusion. Écriture d’invention. Cette semaine, c’est moi qui suis allée le chercher: j’étais en avance. J’appréhendais de le revoir, j’étais tendue… J’ai relu hier ce que j’ai écrit samedi dernier sur notre promenade, et je me suis demandé ce qui m’avait pris de lui demander de m’épouser. Mais cela ne m’a pas empêchée de le faire à nouveau aujourd’hui… Il me déroute profondément: je ne sais pas pourquoi, avec lui, je fais toujours ce que par la suite j’estime être des sottises. Mais ce qui est plus déroutant encore, c’est qu’en sa présence j’oscille toujours entre le rire et l’inquiétude. Même après plusieurs heures de réflexion, je ne comprends pas pourquoi je me comporte de façon aussi étrange, presque lunatique, avec lui. Enfin bref: revenons à aujourd’hui. J’étais si confuse et troublée que la première chose que j’ai faite a été de lui redemander s’il voulait se marier avec moi. Je me suis immédiatement maudite intérieurement, mais je n’y pouvais rien, c’était fait. Et le pire, c’est qu’il m’a répondu « qu’il le voulait bien, si je le voulais »… « Si je le voulais »? Et lui, alors? Je n’ai pas pu me retenir de lui demander s’il m’aimait, lui: il m’a répliqué, sans ciller, que « cela ne signifiait rien, mais que sans doute, il ne m’aimait pas »… Au moins, je ne pouvais pas l’accuser d’hypocrisie! Mais pourquoi acceptait-il de m’épouser, alors? J’ai à peine écouté sa réponse: c’était moi qui décidais, quelque chose dans ce goût-là… Cela me blesse un peu, maintenant que j’y réfléchis. Je tiens à lui, je le lui dis, et qu’est-ce que j’obtiens en échange?… Mais le plus étrange, c’est que, sur le coup, je n’arrivais même pas à lui en vouloir. J’étais juste complètement décontenancée, à tel point que j’ai répété ce que ma mère m’a dit et redit pendant des années: « Le mariage est une chose grave ». Quel cliché! Et dire que je m’étais juré de ne jamais le dire moi-même… Enfin, passons… Là encore, il m’a surprise: il m’a tout simplement répondu non. Je ne sais pas combien de temps nous sommes restés muets. Il avait l’air distant: j’aurais tout aussi bien pu être une inconnue. Je me suis donc prise à penser: si j’avais été une autre femme, cela aurait-il changé quelque chose? Je lui ai posé brutalement la question: forcément, il m’a dit non. Comment puis-je l’aimer, après tant de vérités si difficiles à entendre? Il est si compliqué à cerner… Bien sûr, cela le rend assez fascinant. Mais est-ce de l’amour? Je n’en suis pas plus sûre maintenant que je ne l’étais alors. Cette fascination peut se transformer par la suite en aversion. On ne supporte pas forcément longtemps ce genre d’attitude, cette indifférence… Cela ne me dégoûterait-il pas, au bout d’un moment? Peut-être ai-je parlé tout haut à ce moment-là. Je ne sais plus vraiment ce que j’ai dit ou non. Toujours est-il qu’il n’a rien dit: nous nous sommes regardés quelques instants en chiens de faïence. Je ne savais toujours pas quoi penser, mais, quoi qu’il arrivât par la suite, je me disais que je voulais vraiment l’épouser. Il me subjuguait. Je le lui ai dit, il n’a fait qu’acquiescer. Mais il est vite passé à autre chose, comme si cela ne le concernait pas. Étrangement, cela ne me dérangeait pas: je commençais à m’habituer à sa façon de passer du coq-à-l’âne. Il me parlait d’un changement de poste: on lui proposait d’aller à Paris. L’idée de quitter Alger ne me rebutait pas, et cela faisait longtemps que je voulais aller voir la capitale… J’ai ri quand il m’a dit que Paris était sale, à cause des pigeons, et que les gens y avaient la peau blanche … C’est sûr qu’à Alger, les gens ont meilleure mine! Nous avons continué à arpenter les rues au hasard. J’aime beaucoup ce quartier d’Alger, très plaisant. Tout d’un coup, il m’a demandé si j’avais remarqué que les femmes que nous croisions étaient belles. La question m’a prise de court, j’ai dit oui sans réfléchir. J’ai ajouté que je comprenais, sans trop le penser, en fait. Comprendre quoi? Pourquoi me disait-il cela? Surtout, pourquoi me le disait-il après avoir accepté de m’épouser? Pourquoi me parlait-il d’autres femmes, alors que nous étions si bien ensemble? Là encore, nous nous sommes tus pendant je ne sais combien de temps. Je crois que j’ai ressenti un peu de jalousie, confusément. Mais je crois qu’il n’avait en fait aucune malice… Je pensais qu’il ne pouvait pas me surprendre davantage quand il m’a demandé de dîner avec lui chez Céleste. Toujours le coq-à-l’âne! Cela m’a fait sourire. J’étais sur le point d’accepter lorsque je me suis rappelé le dossier que je devais finir. Pour une fois que je n’avais pas terminé un travail dans la journée, il fallait que cela tombe le jour où j’aurais aimé passer la soirée dehors! Je lui ai donc dit à contrecœur que j’avais quelque chose à faire. Je m’attendais à ce qu’il me demande quoi, mais bien sûr, il ne l’a pas fait. Je me suis demandé si je m’habituerais jamais à la façon qu’il avait de toujours me surprendre. Furieuse contre moi, j’ai voulu détourner son attention et le faire culpabiliser: ne voulait-il pas savoir ce que j’avais à faire? Mais j’ai ri juste après: mon attitude était vraiment puérile! Quant à lui, il avait l’air d’un enfant pris en faute… Pour me faire pardonner, je l’ai embrassé. Puis je suis partie… Je ne sais toujours pas quoi penser de lui. Pas plus que la semaine dernière. Cela ne me dérange pas pour le moment. Peut-être que plus tard, cela m’ennuiera… Peut-être. Nous verrons bien.

US Search Mobile Web. Welcome to the Yahoo Search forum! We’d love to hear your ideas on how to improve Yahoo Search. The Yahoo product feedback forum now requires a valid Yahoo ID and password to participate. You are now required to sign-in using your Yahoo email account in order to provide us with feedback and to submit votes and comments to existing ideas. If you do not have a Yahoo ID or the password to your Yahoo ID, please sign-up for a new account. If you have a valid Yahoo ID and password, follow these steps if you would like to remove your posts, comments, votes, and/or profile from the Yahoo product feedback forum. Vote for an existing idea ( ) or Post a new idea… Hot ideas Top ideas New ideas Category Status My feedback. Improve your services. Your search engine does not find any satisfactory results for searches. It is too weak. Also, the server of bing is often off. I created a yahoo/email account long ago but I lost access to it; can y'all delete all my yahoo/yahoo account except for my newest YaAccount. I want all my lost access yahoo account 'delete'; Requesting supporter for these old account deletion; 'except' my Newest yahoo account this Account don't delete! Because I don't want it interfering my online 'gamble' /games/business/data/ Activity, because the computer/security program might 'scure' my Information and detect theres other account; then secure online activities/ business securing from my suspicion because of my other account existing will make the security program be 'Suspicious' until I'm 'secure'; and if I'm gambling online 'Depositing' then I need those account 'delete' because the insecurity 'Suspicioun' will program the casino game 'Programs' securities' to be 'secure' then it'll be 'unfair' gaming and I'll lose because of the insecurity can be a 'Excuse'. Hope y'all understand my explanation! I want all my lost access yahoo account 'delete'; Requesting supporter for these old account deletion; 'except' my Newest yahoo account this Account don't delete! Because I don't want it interfering my online 'gamble' /games/business/data/ Activity, because the computer/security program might 'scure' my Information and detect theres other account; then secure online activities/ business securing from my suspicion because of my other account existing will make the security program be 'Suspicious' until I'm 'secure'; and if I'm gambling online 'Depositing' then I need those account 'delete' because the insecurity 'Suspicioun' will program the casino game 'Programs' securities' to be… more.